Initialisation
This commit is contained in:
5
data/pages/journal_personnel/2012/01/14.txt
Normal file
5
data/pages/journal_personnel/2012/01/14.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,5 @@
|
||||
====== Sortie luge de neige ======
|
||||
|
||||
{{ youtube>VOLCmpuAqFE }}
|
||||
|
||||
Le 14 janvier 2012 à La Féclaz (73) dans le Massif des Bauges. Descente en luge.
|
||||
26
data/pages/journal_personnel/2012/07/10.txt
Normal file
26
data/pages/journal_personnel/2012/07/10.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,26 @@
|
||||
====== forteresse de Salses ======
|
||||
|
||||
===== Un verrou entre l'Espagne et le France =====
|
||||
|
||||
{{youtube>JCLt0m1jtdI?large |Point de vue de la Forteresse de Salses}}
|
||||
|
||||
En 1496, l'armée française met à sac et incendie le village et le château de Salses qui limitent au nord le territoire espagnol. Pour barrer plus efficacement l'accès du Roussillon à la France, le roi Ferdinand le Catholique décide alors la reconstruction du Salses pour en faire à la fois un fort d'arrêt défensif et une base d'opérations offensives.
|
||||
En 1503 les Espagnols résistent à un **premier siège** alors que la forteresse n'est pas achevée. \\
|
||||
En 1544 **la paix** signée entre Charles Quint et François Ier amène un siècle de tranquillité et la forteresse perd peu à peu la supériorité militaire que son architecture novatrice lui donnait à l'origine. \\
|
||||
Au cours de la **guerre de trente ans**, Salses est assiégée trois fois en trois ans avant d'être définitivement conquise par les Français en 1642.\\
|
||||
Le **traité des Pyrénées**, en 1659, entérine l'appartenance du Roussillon à la France. La frontière est alors reportée sur la crête des Pyrénées; la forteresse perd toute importance stratégique et ne doit sa survie qu'au coût prohibitif de sa destruction.\\
|
||||
Partiellement restaurée par Vauban, devenue poste de surveillance puis prison d'Etat, elle est utilisée comme poudrière pendant tout le XIXe siècle avant d'être classée monument historique en 1886.
|
||||
|
||||
===== Un chef-d'oeuvre d'architecture militaire =====
|
||||
|
||||
La forteresse occupe un emplacement stratégique sur la voie principale reliant la France à l'Espagne sur une étroite bande de terre entre les massifs des Corbières et l'étang de Leucate. Construite en un minimum de temps entre 1497 et 1504, elle possède une architecture d'une grande majesté. La forteresse de Salses est un véritable spécimen de transition entre le château médiéval -dont elle conserve le donjon et les tours d'angle encadrant de longues courtines- et le fort moderne, géométrique et enfoncé dans le sol. Ses principaux caractères novateurs sont dus à la nécessité de s'adapter au développement de l'artillerie à boulet métallique. Les murailles ont de 6 à 10 mètres d'épaisseur et sont enterrées jusqu'à mi-hauteur dans un vaste fossé inondable.\\
|
||||
En élévation, l'ouvrage comprend de trois à sept niveaux desservis par un labyrinthe de communications internes. Précédé de postes de défense avancée sous forme de trois tours à bec reliées au corps central par des caponnières, la place se présente sous la forme d'un vaste rectangle apparemment constitué d'un seul bloc particulièrement trapu.\\
|
||||
Le dispositif de défense, en réalité beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, est fractionné en trois parties autonomes disposées d'est en ouest : la partie commune organisée autour d'une cour carrée, le réduit regroupant tous les organes vitaux de la forteresse, le donjon commandant l'ensemble et abritant le logis du gouverneur.
|
||||
|
||||
===== L'évolution de l'artillerie =====
|
||||
|
||||
L'évolution des techniques de la guerre à la fin du Moyen Age permet de comprendre l'architecture de Salses. L'artillerie naît au XIVème siècle mais les énormes boulets de pierre, tirés à faible distance, se brisent sur les remparts des châteaux forts sans véritablement les mettre à mal. A partir du milieu du XVème siècle, le boulet métallique qui ne se brise plus parvient à disloquer les hautes courtines médiévales. Le boulet de fer de plus petite dimension est tiré par des canons de taille réduite, plus faciles à déplacer et plus précis. C'est une véritable révolution dans l'art de l'attaque. La reconstruction de la forteresse en 1497 relève le défi en enterrant les murailles dans le sol et en les épaississant. Cela est efficace contre les projectiles ennemis mais réduit considérablement le champ de tir des meurtriè,res. Par compensation, leur nombre est multiplié : 400 meurtrières dirigées (bien sûr) contre l'extérieur mais aussi en grand nombre à l'intérieur afin de flanquer chaque couloir, porte, escalier, etc. De nombreuses chambres de tirs à canon sont en outre aménagées sur les plateformes des tours et des cavaliers ainsi que dans les tours d'angle.\\
|
||||
Enfin, face au perfectionnement des techniques de mines et à l'apparition des charges de poudre, des galeries de contremine sont creusées sous les fossés. Malgré cela, les tours à plan circulaire présentent un caractère archaique avec des angles morts faciles à miner; cet inconvénient ne disparaîtra qu'avec la mise au point, au milieu du XVIème siècle, du front bastionné.
|
||||
|
||||
|
||||
{{gallery> 10? }}
|
||||
19
data/pages/journal_personnel/2012/07/11.txt
Normal file
19
data/pages/journal_personnel/2012/07/11.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,19 @@
|
||||
====== Les orgues d'Ille-sur-Têt ======
|
||||
|
||||
Les orgues d'Ille-sur-Têt sont des cheminées de fée situées sur un site géologique et touristique de la commune d'Ille-sur-Têt. Elles résultent de l'érosion de roches sédimentaires vieilles de quatre millions d'années.
|
||||
|
||||
===== Commune =====
|
||||
|
||||
|
||||
{{journal_personnel:2012:07:11:ile-sur-tet_carte.jpg?direct&300 |Plan}}
|
||||
|
||||
La commune d'Ille-sur-Têt est dans le département français des Pyrénées-Orientales. En catalan, le nom de la commune est Illa ou Illa de Tet.
|
||||
|
||||
Commune située en Ribéral sur la route nationale 116 et est traversée par la Tet (au nord), ainsi que par son affluent le Boulès (au sud). C'est un des points d’accès à la région du Fenouillèdes (vers Montalba-le-Château ou Bélesta).
|
||||
|
||||
Ses habitants sont appelés les Illois.
|
||||
===== Les Orgues =====
|
||||
|
||||
Dents ou dentelles ? C'est selon les goûts. Mais impossible de rater les crêtes pointues de terre ocre qui se découpent avec élégance dans le ciel d'Ille-sur-Têt. Entrelacs de roche, canyons miniatures, cheminées géantes, ici, la nature a encore droit de cité. Surprenant paysage. Appelées également "cheminées de fée", en raison de leur forme élancée, sont un site vieux de plus de deux millions d'années. Ici, entre ciel et terre, les roches sédimentaires ont subi des érosions naturelles qui les ont façonnées en un paysage qui oscille entre pittoresque et fantastique.
|
||||
|
||||
{{gallery> 11?crop&lightbox }}
|
||||
7
data/pages/journal_personnel/2012/07/12/aliyah/index.txt
Normal file
7
data/pages/journal_personnel/2012/07/12/aliyah/index.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,7 @@
|
||||
====== Aliyah - 1968 ======
|
||||
|
||||
{{ journal_personnel:2012:07:12:aliyah:dscf4374.jpg?300|}}In 1968, Dali published 25 colored lithographs. These were to commemorate the 20th anniversary of the founding of the State of Israel.
|
||||
|
||||
En 1968, Dali a publié 25 lithographies en couleurs. Il s'agissait de commémorer le 20e anniversaire de la fondation de l'Etat d'Israël.
|
||||
|
||||
{{gallery> . }}
|
||||
23
data/pages/journal_personnel/2012/07/12/dali_joies/index.txt
Normal file
23
data/pages/journal_personnel/2012/07/12/dali_joies/index.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,23 @@
|
||||
====== Dalì Bijoux ======
|
||||
|
||||
{{ journal_personnel:2012:07:12:dali_joies:fr_tit_joies.gif?|Dalì Joies}}La Fondation Gala-Salvador Dalí présente au Théâtre-musée Dalí de Figueres la nouvelle exposition permanente DALÍ·JOIES, pour laquelle l’architecte Òscar Tusquets a réaménagé entièrement un bâtiment annexe du musée. Les deux étages qui accueillent la collection de bijoux ont désormais une entrée indépendante du musée : on peut donc les visiter séparément. L’exposition, qui est à caractère permanent, comprend les trente-sept bijoux en or et pierres précieuses de la collection Owen Cheatham, deux pièces qui leur sont postérieures, ainsi que les vingt-sept dessins et peintures sur papier que Salvador Dalí réalisa pour les faire fabriquer. L’ensemble compose une vaste collection de travaux effectués par l’artiste entre les années 1941 et 1970, qui illustre parfaitement les différentes étapes de son évolution artistique.
|
||||
|
||||
Sous les conseils et le contrôle de l’Association espagnole de gemmologie, la Fondation Gala-Salvador Dalí a acquis la collection auprès d’un établissement japonais en 1999, pour la somme de 900 millions de pesetas. Depuis, les experts de cette association ont catalogué les pièces en collaboration avec les techniciens du Département de conservation et du Centre d’études daliniennes de la Fondation, tandis que, parallèlement, on entreprenait d’en concevoir l’exposition permanente.
|
||||
|
||||
===== Chronologie =====
|
||||
|
||||
|
||||
L’histoire de ces bijoux commence en 1941. Les 22 premiers sont acquis par le millionnaire américain Cummins Catherwood. Salvador Dalí dessinait les pièces sur papier, avec tout un luxe de détails et une extrême précision des formes, matériaux et couleurs, puis la fabrication avait lieu à New York, sous son contrôle minutieux, dans les ateliers de l’orfèvre argentin Carlos Alemany. En 1958, le lot est acheté par The Owen Cheatham Foundation, une prestigieuse fondation américaine créée en 1934 qui s’emploie un temps à le prêter pour des expositions dont le bénéfice est reversé à différents organismes caritatifs, éducatifs et culturels, puis le dépose au Virginia Museum of Fine Arts de Richmond. La collection de bijoux a déjà fait l’objet d’une exposition temporaire au Théâtre-musée Dalí de Figueres en août et septembre 1973, un an avant l’inauguration du musée, et du vivant du Maître. En 1981, elle a été achetée par un milliardaire saoudien puis, successivement, par trois sociétés japonaises, dont la dernière l’a cédée à la Fondation Gala-Salvador Dalí.
|
||||
|
||||
Toutes les pièces de la collection sont des exemplaires uniques et l’alliance de matériaux, dimensions et formes auxquels Dalí a eu recours en font un ensemble sans égal, où l’artiste a su exprimer avec une maîtrise exceptionnelle la richesse de sa singulière iconographie. Or, platine, pierres précieuses (diamants, rubis, émeraudes, saphirs, aigues-marines, topazes, etc.), perles, coraux et diverses matières nobles se conjuguent pour former autant de cœurs, lèvres, yeux, motifs végétaux et animaux, symboles religieux, mythologiques et formes anthropomorphes.
|
||||
|
||||
==== La raison d'être ====
|
||||
|
||||
|
||||
Suivant le modèle de ses maîtres tant admirés de la Renaissance italienne (Léonard, Michel-Ange, Raphaël, Cellini, etc.), Salvador Dalí a fait feu de tous les langages de la culture moderne pour développer son discours artistique : peinture, dessin, gravure, sculpture, architecture, photographie, théâtre, cinéma, littérature et également orfèvrerie. Par ce travail, mené parallèlement à sa facette plus connue de peintre, Salvador Dalí a approfondi une fois de plus sa conception globale de l’art, comprenant celui-ci comme un langage qui ne connaît nulle limite et dont peu importent le support et la technique d’expression.
|
||||
|
||||
Outre la conception des formes des bijoux, Salvador Dalí s’est également chargé personnellement de la sélection des matériaux, non seulement en fonction de leur couleur ou de leur valeur, mais aussi de la signification et des connotations symboliques attachées aux pierres précieuses et métaux nobles. Plusieurs joyaux de la collection, notamment L’œil du temps (1949), Le cœur royal (1953) ou L’éléphant de l’espace (1961), ont aujourd’hui valeur emblématique et sont tenus pour aussi exceptionnels que certains de ses tableaux.
|
||||
|
||||
À leur propos, Salvador Dalí a écrit : ''Sans public, sans la présence de spectateurs, ces bijoux ne rempliraient la fonction pour laquelle ils ont été créés. Le spectateur est donc l’artiste final. Sa vue, son cœur, son esprit —avec plus ou moins d’aptitude à capter l’intention du créateur —donnent vie à ces bijoux.''
|
||||
|
||||
{{gallery> . }}
|
||||
55
data/pages/journal_personnel/2012/07/12/index.txt
Normal file
55
data/pages/journal_personnel/2012/07/12/index.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,55 @@
|
||||
====== Figueres Teatre-Museu Dalì ======
|
||||
|
||||
===== Le plus grand objet surréaliste du monde =====
|
||||
|
||||
Inauguré en 1974, le Théâtre-musée Dalí a été construit sur les vestiges de l'ancien théâtre de Figueres et renferme le plus large éventail d'œuvres décrivant la trajectoire artistique de Salvador Dalí (1904-1989) que l'on puisse rêver, de ses premières expériences de peintre à celles de la fin de sa vie, en passant par ses créations surréalistes.
|
||||
|
||||
Voici quelques-unes des œuvres les plus remarquables qui y sont exposées: Port Alguer (1924), Jeune fille de Figueres (1926), Le spectre du sex-appeal (1932), Autoportrait mou avec lard grillé (1941), Poésie d'Amérique – Les athlètes cosmiques (1943), Galarina (1944-45), Corbeille de pain (1945), Nez de Napoléon transformé en femme enceinte promenant son ombre mélancolie parmi les ruines originales (1945), Leda atomique (1949), Apothéose du dollar (1965), Galatée aux sphères (1952) ou Aurore, midi, après-midi et crépuscule (1979).
|
||||
|
||||
Mérite également une mention spéciale l'ensemble de pièces réalisées spécialement par l'artiste à l'intention du Théâtre-musée, et notamment la Salle Mae West, la Salle Palais du Vent, le monument à Francesc Pujols et la Cadillac pluvieuse. Une place y est également faite à d'autres artistes que le maître avait souhaité accueillir: Greco, Marià Fortuny, Modest Urgell, Ernest Meissonier, Marcel Duchamp, Wolf Vostell, Antoni Pitxot et Evarist Vallès, entre autres.
|
||||
|
||||
Le Théâtre-musée Dalí doit être saisi comme un tout, comme la grande œuvre de Salvador Dalí; en effet, tout y a été conçu et pensé par l'artiste, dont le souci était d'offrir au visiteur une véritable expérience : une immersion dans son monde fascinant et unique.
|
||||
|
||||
===== Origines et création =====
|
||||
|
||||
Le Théâtre-Musée Dalí de Figueres représente une expérience unique permettant d'observer, vivre et jouir de l'œuvre et de la pensée d'un génie. Comme Dalí lui-même l'a expliqué : "Il est évident qu'il existe d'autres mondes, c'est certain, mais je l'ai dit à maintes reprises, ces autres mondes se trouvent dans le nôtre, ils résident sur la terre et plus précisément au centre de la coupole du Musée Dalí, où se trouve tout le nouveau monde insoupçonné et hallucinant du surréalisme".
|
||||
|
||||
Salvador Dalí a décidé au début des années 60 de construire son musée dans les ruines de l'ancien Théâtre de Figueres. Actuellement, l'un de ses amis et collaborateurs, également peintre, Antonio Pitxot, membre du Conseil et 2ème Vice-président de la Fondation, en est le Directeur.
|
||||
|
||||
L'édifice du théâtre de la ville de Figueres, œuvre de l'architecte Roca i Bros, a été construit entre 1849 et 1850, mais a été détruit par un incendie à la fin de la guerre civile espagnole, en 1939.
|
||||
|
||||
A partir de ce moment-là, cet édifice avait été réduit à sa structure de soutien périphérique. Le plafond de l'orchestre s'était écroulé, il ne restait des loges que les couloirs d'entrée et, de la scène, l'arc de l'ouverture de la scène et les magasins latéraux. Le vestibule et le salon des entractes étaient les seules parties restées plus ou moins intactes. Cependant, la structure essentielle du théâtre avait été épargnée et avait laissé dans la ville de Figueres une ruine d'aspect fantasmagorique.
|
||||
|
||||
En 1961, Ramon Guardiola, alors maire de Figueres, proposa à Salvador Dalí d'en faire un musée consacré à son œuvre. Le peintre fut séduit par le charme spectral du théâtre et, prévoyant de conserver la structure de l'édifice, il le choisit comme siège du futur Théâtre-Musée Dalí :
|
||||
|
||||
**"Où donc, sinon dans ma propre ville, doit se conserver ce qui est le plus extravagant et le plus solide de mon œuvre, ou sinon ? Le Théâtre Municipal, ce qui en restait, m'a semblé très approprié et pour trois raisons : la première, parce que je suis un peintre éminemment théâtral, la seconde, parce que le théâtre se trouve juste devant l'église où j'ai été baptisé et la troisième, parce que c'est précisément dans la salle du vestibule du théâtre que j'ai fait ma première exposition de peinture."**
|
||||
|
||||
L'idée de réunir son œuvre dans l'ancien théâtre de Figueres enthousiasma Dalí et il se mit au travail pendant plus d'une décennie, y intervenant et dessinant les moindres détails jusqu'en à faire une réalité lors de l'inauguration officielle du Théâtre-Musée Dalí le 28 septembre 1974. L'une des éléments les plus visibles du musée est la structure réticulaire transparente en forme de coupole géodésique qui couronne l'édifice, une idée de Salvador Dalí que réalisa l'architecte murcien Emilio Pérez Piñero (1935-1972). La coupole est devenue non seulement le symbole du Théâtre-Musée mais aussi tout un symbole pour la ville de Figueres.
|
||||
|
||||
===== Le musée dans l'actualité =====
|
||||
|
||||
Les différentes collections administrées par la Fondation Gala-Salvador Dalí comprennent toutes sortes d'œuvres d'art : peintures, dessins, sculptures, gravures, installations, hologrammes, stéréoscopies, photographies, etc., environ 4.000 pièces au total. Sur celles-ci, environ 1.500 sont exposées au Théâtre-Musée Dalí de Figueres.
|
||||
|
||||
Sous le nom de Théâtre-Musée Dalí, on peut trouver deux espaces muséales différenciés, qui proposent un parcours libre et personnel à travers leurs salles :
|
||||
|
||||
1) Le Théâtre-Musée proprement dit, constitué par l'ancien théâtre incendié converti en Théâtre-Musée à partir des critères et de la conception de Salvador Dalí même. Cet ensemble de salles constitue un objet artistique unique où chaque élément est une partie inséparable du tout.
|
||||
|
||||
2) L'ensemble de salles résultant des agrandissements progressifs du Théâtre-Musée où l'intervention personnelle de Dalí est superficielle ou inexistante. Ces salles font physiquement partie de la Torre Galatea, avec l’exposition des œuvres du legs du peintre et les nouvelles acquisitions de la Fondation.
|
||||
|
||||
3) La salle d’expositions Dalí · Bijoux, inaugurée en 2001, avec les trente-sept bijoux en or et pierres précieuses de l’ancienne Collection Owen Cheatham, deux bijoux créés à une date postérieure, et les vingt-sept dessins et peintures sur papier que Salvador Dalí avait réalisés pour concevoir les bijoux.
|
||||
|
||||
Le Théâtre-Musée Dalí dispose d'un ample éventail d'œuvres qui décrivent la trajectoire artistique du peintre de l’Ampourdan depuis ses premières expériences artistiques -impressionnisme, futurisme, cubisme, etc.- et ses créations surréalistes, jusqu'aux œuvres des dernières années de sa vie. Parmi les œuvres les plus remarquables qui y sont exposées, on peut voir Autoportrait avec l'Humanité (1923), Port Alguer (1924), Le spectre du sex-appeal (1932), Portrait de Gala avec deux côtes de mouton en équilibre sur son dos (1933), Autoportrait mou et bacon frit (1941), Poésie d'Amérique - Les athlètes cosmiques (1943), Galarina (1944-45), La corbeille à pain (1945), Léda atomique (1949) et Galathée aux sphères (1952), parmi bien d'autres.
|
||||
|
||||
Il faut également souligner l'ensemble des œuvres réalisées par l'artiste expressément afin qu'elles soient exposées de manière permanente dans le musée, œuvres qui vont de peintures et de sculptures à des installations monumentales complexes. Soulignons à l'intérieur de ce groupe la salle Mae West, la salle Palais du Vent, le Monument à Francesc Pujols et la Cadillac pluvieuse. (faire la Visite virtuelle)
|
||||
|
||||
Bien que les œuvres exposées soient surtout de Dalí, on peut également trouver des pièces d'autres artistes qu'il a voulu y inclure: Antonio Pitxot, Evarist Vallès, la collection privée de Salvador Dalí comprenant des œuvres du Greco, de Marià Fortuny, Modest Urgell, Ernest Meissonier, Marcel Duchamp, Gérard Dou, etc. On peut également trouver dans différentes salles du Théâtre-Musée, entre autres, des œuvres de Bouguereau, John de Andrea, Wolf Vostell, Meifrén et Ernst Fuchs. Depuis la mort de Salvador Dalí, en 1989, on peut également visiter la crypte et sa tombe, située au centre du musée, espace qui a été réaménagé en 1997 afin d'y exposer une collection de bijoux d'or dessinés par l'artiste.
|
||||
|
||||
A voir aussi :
|
||||
* [[.:aliyah:start|Exposition Aliyah (1968)]]
|
||||
* [[.:dali_joies:start|Dalì Bijoux]]
|
||||
* [[.:quelques_oeuvres:start|Quelques oeuvres]]
|
||||
|
||||
A visiter :
|
||||
* [[http://www.salvador-dali.org|Théatre-Musée Dalí]]
|
||||
|
||||
{{gallery> . ?norecursive}}
|
||||
@@ -0,0 +1,2 @@
|
||||
|
||||
{{gallery> . ?norecursive}}
|
||||
66
data/pages/journal_personnel/2012/07/14/index.txt
Normal file
66
data/pages/journal_personnel/2012/07/14/index.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,66 @@
|
||||
====== Palais des Rois de Majorque ======
|
||||
|
||||
===== La renaissance du fleuron de l'architecture gothique en Roussillon =====
|
||||
|
||||
Premier palais édifié par le premier souverain de la dynastie, le palais des rois de Mallorca de Perpignan s'inscrit dans la lignée des grands palais-forteresses de la fin du Moyen Age qu'il précède de plusieurs décennies tels le Palais des Papes d'Avignon ou les châteaux de Karlstejn (Tchéquie) et de Vincennes. Restauré à partir de la fin des années 1940, ouvert au public en 1958, son parti architectural est encore source de discussions passionnées et passionnantes. L'étude archéologique du bâti commandée par le Conseil Général des Pyrénées Orientales et réalisée en 2004 par Agnès Marin pour HADES a permis de mieux connaître la chronologie de sa construction. En 2009, le Pôle Archéologique Départemental dirigé par Olivier Passarius a mené les fouilles induites par la restauration du pavement de la grande cour.
|
||||
|
||||
Elles ont mis au jour plusieurs silos à grain et un réseau de canalisations destinées à approvisionner la citerne du palais en eau de pluie.
|
||||
{{ .:dscf4480.jpg?400}} {{.:dscf4481.jpg?400 }}
|
||||
<WRAP clear></WRAP>
|
||||
|
||||
Plus inattendu, un site datant du néolithique a été découvert à l'entrée du monument. Le premier colloque international consacré au palais s'est tenu dans ses murs en 2011, année du 700ème anniversaire de la disparition de son constructeur, le roi Jaume II de Mallorca.
|
||||
|
||||
===== Un royaume catalan =====
|
||||
|
||||
|
||||
Le 21 août 1262, Jaume Ier el Conqueridor, roi d'Aragon, lègue à Pere, son fils aîné, le royaume d'Aragon, la principauté de Catalogne et sa dernière conquête, le royaume de Valencia. Il donne à Jaume II, son cadet, le royaume de Mallorca (îles de Mallorca et Eiviça/Ibiza dans les Baléares), les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier.
|
||||
|
||||
Contesté par les rois d'Aragon qui confisquent momentanément les îles, le nouveau royaume connaît des débuts difficiles. La paix revenue, les îles lui sont restituées augmentées de l'île de Menorca, dernière étape de la Reconquête chrétienne des territoires musulmans en Méditerranée occidentale. Il se développe ensuite rapidement sous les rois Jaume II (1276-1311) et Sanç (1311-1324). Les villes, notamment Perpignan, connaissent un essor remarquable. Les grands chantiers se multiliplient : palais, églises, couvents. Les souverains favorisent l'industrie et le commerce. Dans les ports de Mallorca et Collioure transitent des dizaines de navires qui sillonnent toute la Méditerranée. Le royaume atteint son apogée pendant la régence de Felip (1324-1329) et sous Jaume III (1329-1349).
|
||||
|
||||
Le développement de la draperie roussillonnaise symbolise le dynamisme majorquin. A peine présents au XIIIème siècle à Prats de Mollo et Perpignan, ville de foire où circulent draps flamands et languedociens, les drapiers prospèrent au XIVème siècle. Par leur savoir-faire marchand et technique, pareurs et tisserands catalans s'imposent en moins de trois décennies à Valencia, à Mallorca, en Sicile.
|
||||
|
||||
Le 25 octobre 1349, chassé de son trône par Pere IV d'Aragon, Jaume III meurt sur le champ de bataille de Lluchmajor. Ses domaines catalans réintégrèrent l'Aragon tandis que la France acquiert Montpellier. Dès lors, l'ancien palais des rois de Mallorca héberge les souverains aragonais pendant leurs séjours perpignanais et le pape d'Avigon Benoît XIII y réside en 1408.
|
||||
|
||||
===== Un palais royal de la Méditerranée =====
|
||||
|
||||
|
||||
Le palais des rois de Mallorca est un palais-forteresse de style gothique. Construit dans le dernier quart du XIIIème siècle par le roi Jaume II qui s'installe à Perpignan en 1276, sa construction s'achève à l'orée du XIVème siècle.
|
||||
|
||||
Entouré de jardins, il s'élève sur une colline au sud de la ville, le "puig del rey". Dans le sillage du souverain, les premiers maîtres d'oeuvre sont Ramon Pau et surtout Pons Descoyl, très actif à Perpignan et dans les îles Baléares.
|
||||
Le plan du palais, très fonctionnel, forme pratiquement un carré de 60 mètres de côté. Il s'organise autour de trois cours dominées par la chapelle en position centrale qui marque la prépondérance du spirituel sur le temprel.
|
||||
|
||||
L'architecture de la chapelle la rapproche de la Sainte-Chapelle de Paris, de peu antérieure, avec ses deux sanctuaires superposés et son large porche. De part et d'autre, la résidence royale s'ouvre sur deux cours intérieures. On pénètre dans le palais par l'ouest dans la cour la plus vaste où se déroule la vie publique. Outre la chapelle, on retrouve ici la "grande salle", siège du pouvoir politique, la salle du trône et la chancellerie. L'élégance des portiques et des galeries qui allègent les façades principales s'oppose à l'austérité de l'enveloppe extérieure, percée d'archères et couronnée d'un crénelage en briques.
|
||||
|
||||
Les murs du palais, construits en galets et en briques liés au mortier, étaient enduits à la chaux et peints. Portes, fenêtres, galeries, escaliers, chaînes d'angle des murs, tours principales sont en pierres de taille : pierre ocre ou bleue, marbre rouge de Villefranche-de-Conflent, blanc et bleu de Céret, grès.
|
||||
|
||||
===== La visite du palais =====
|
||||
|
||||
|
||||
L'entrée du palais est protégée par un fossé (1) et une barbacane crénelée (2). La porte d'origine était percée du côté sud de laTour de l'Hommage (3) adossée à l'étage à la salle du trône (4). En 1337, Jaume III publie les "Lois Palatines". Ce texte novateur, rédigé en latin et illustré de miniatures, décrit minutieusement l'organisation des services de la cour et la vie au palais. Il est conservé à Bruxelles (Bibliothèque Albert Ier).
|
||||
|
||||
Dans l'aile sud, la Grande Salle ou Aula (7), de style gothique méridional, accueillait banquets, conseils royaux et parlements. Ses murs peints étaient tendus de tapisseries. Elle conserve sa cheminée près de laquelle un escalier communiquait avec les cuisines au rez-de-chaussée. L'art de la table est raffiné à la cour. Aux XIIIè s. et XIVè s., véritable âge d'or, on écrit en Catalogne le "Sent sovi", premier recueil culinaire. Sucré-salé, aigre-doux, épices orientales donnent à cette cuisine des saveurs étonnantes. Le décor est au diapason: sol jonché de plantes aromatiques, nappes de draps blancs brodées, céramiques de "Manises", vaisselle d'or et d'argent,
|
||||
|
||||
On accède à la chapelle haute dédiée à la Sainte-Croix (11) par une galerie. Sa façade en marbre accueille un portail en plein cintre. Ses colonnes portent des chapiteaux ornés de dragons et de griffons gothiques. Les vantaux de la porte reçoivent un décor de style mudéjar. A l'intérieur, les clefs-de-voûte et les culs-de-lampe sont ornés de saints et d'anges. Une frise inspirée de la calligraphie arabe court au desuus de fausses tapisseries peintes. De part et d'autres du choeur, des trompes d'angle soutiennent de fausses baies. Des meurtrières protègent les vraies fenêtres. Au-dessous se trouve la chapelle Sainte-Madeleine (12) prolongée par la sacristie. Ici, les saints et les anges sont remplacés par des fleurs, des feuilles et des fruits sculptés et peints. Le carrelage hispano-mauresque (style mudéjar) et la frise d'inspiration orientale (grecque) donnent au décor un caractère méditerranéen. Les vitraux des chapelles ont été restaurés. On suppose que la chapelle haute était réservée au roi et aux grandes célébrations tandis que la chapelle basse servait à la reine.
|
||||
|
||||
La tour des chapelles domine les logis royaux qui communiquent par un couloir (9). Le souverain logeait du côté nord (10) , son épouse du côté sud (8). La loggia de la cour de la reine conserve un superbe plafond peint. Jusqu'à la construction de la citadelle, au-delà du fossé nord un pré séparait la ville du palais. A l'est se trouvaient une figuerie et une oliveraie. Au midi, un verger de treilles, d'orangers et de citronniers s'étendait entre le bâtiment et le rempart sud de la cité.
|
||||
|
||||
{{gallery> . }}
|
||||
|
||||
===== La citadelle de Perpignan =====
|
||||
|
||||
En signant le traité de Bayonne le 9 mai 1462, le roi Joan II d'Aragon, confronté à l'hostilité des Catalans, obtient l'appui du roi de France Louis XI à qui il cède en échange les revenus du Roussillon et de la Cerdagne, aussitôt occupés. Pendant trente ans, complots et rébellions se succèdent, en particulier à Perpignan, assiégée en 1463, 1473 et 1474. Les Français transforment le palais en un gigantesque camp retranché. L'aile nord du palais souffre, la galerie gothique de la façade de la chapelle perd une partie de ses arcades remplacées par de simples piliers. Pour avoir les mains libres en Italie, le roi de France Charles VIII rend les deux comtés en 1493.
|
||||
Pendant trois siècles, les guerres franco-espagnoles placent le palais au coeur du dispositif défensif de Perpignan, verrou de la frontière. Entre 1538 et 1587, l'empereur Charles Quint et le roi Philippe II d'Espagne l'entourent de colossales murailles en briques rouges. Une vaste place d'armes bordée de casernes s'étend à l'est. Après l'annexion française au traité des Pyrénées en 1659, Vauban ajoute à la forteresse de Phillippe II quelques ouvrages fortifiés et de nouvelles casernes. Au XIXème siècle, deux casernes casematées mettent un point final à l'aménagement de la citadelle de Perpignan.
|
||||
|
||||
===== Le saviez-vous ? =====
|
||||
|
||||
(!) Pour l'essentiel, les remparts de la citadelle de Perpignan qui enferme le palais sont l'oeuvre des ingénieurs du roi d'Espagne Philippe II au XVIème siècle.
|
||||
|
||||
(!) Lorsque Vauban reconstruit l'intégralité des remparts de la ville à la fin du XVIIème siècle, il ne touche pratiquement pas à la citadelle ni au palais qu'on appelle communément "le donjon".
|
||||
|
||||
(!) Le palais des rois de Mallorca est inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1875 alors qu'il sert de caserne.
|
||||
|
||||
(!) La place de Perpignan est déclassée le 6 juillet 1901 à l'exception de la citadelle. Les remparts construits par Vauban sont démolis en deux temps de 1904 à 1906 (front nord) puis de 1929 à 1931 (front sud).
|
||||
|
||||
(!) Le palais est classé Monument Historique le 20 août 1913. Les parties adjacentes de la citadelle sont inscrites à l'Inventaire supplémentaire en 1935.
|
||||
|
||||
(!) Le palais des rois de Mallorca devient propriété départementale le 24 janvier 1958.
|
||||
8
data/pages/journal_personnel/2012/07/index.txt
Normal file
8
data/pages/journal_personnel/2012/07/index.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,8 @@
|
||||
====== Vacances d'été à Perpignan ======
|
||||
|
||||
* Visite de la [[.:10|forteresse de Salses]]
|
||||
* Visite des [[.:11|Les orgues d'Ille-sur-Têt]]
|
||||
* Visite du [[.:12:start|Théâtre-Musée Dalí - Figueres]]
|
||||
* Visite du [[.:14:start|Palais des Rois de Majorque]]
|
||||
|
||||
{{ .:carte_perpignan.jpg?direct&800 | périples à Perpignan}}
|
||||
208
data/pages/journal_personnel/2012/synthese_apnee_du_sommeil.txt
Normal file
208
data/pages/journal_personnel/2012/synthese_apnee_du_sommeil.txt
Normal file
@@ -0,0 +1,208 @@
|
||||
====== Syndrome d'apnée du sommeil et conduite automobile ======
|
||||
|
||||
===== Introduction =====
|
||||
|
||||
Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) est caractérisé par un arrêt du flux aérien d’une durée supérieure ou égale à 10 secondes, la reprise respiratoire coïncidant habituellement avec un éveil très bref ou l’allègement du sommeil. A côté de l’apnée, on définit une forme incomplète, l'hypopnée qui se traduit par une diminution du flux respiratoire d'au moins 50 %, associée à une désaturation de l'hémoglobine en oxygène, égale ou supérieure à 4%.
|
||||
|
||||
Le SAOS est défini par l'interruption du sommeil par, en moyenne, plus de 10 apnées ou 15 hypopnées par heure de sommeil.
|
||||
|
||||
Les sujets porteurs du syndrome d’apnée du sommeil présentent une fragmentation importante du sommeil caractérisée par des éveils plus ou moins nombreux au cours de la nuit, selon la gravité du syndrome. Il peut en résulter une somnolence diurne excessive à l’origine de nombreux accidents de la circulation. De plus, les arrêts respiratoires se traduisent aussi par une hypoxie (diminution de la saturation en O2) pouvant entraîner des dommages irréversibles sur les neurones. Il a ainsi été montré que dans des cas graves d’apnée du sommeil, il existait une perte importante de neurones dans les zones du cortex préfrontal, très impliqué dans la mémoire à court terme appelée aussi mémoire de travail.
|
||||
|
||||
L’hypothèse la plus souvent avancée consiste à penser que c’est la fragmentation du sommeil qui occasionne la somnolence diurne se répercutant négativement sur les performances cognitives en général et sur la conduite automobile en particulier, mais que le rétablissement d’un sommeil normal grâce à un traitement permet la réversibilité de l’ensemble des troubles. En revanche, il n’existe que très peu d’études s’intéressant aux effets cognitifs de l’hypoxie, ce qui pourtant se traduirait par des déficits en mémoire potentiellement irréversibles.
|
||||
|
||||
Parmi les traitements possibles du SAOS (chirurgie, pose de prothèse…), celui qui a démontré l’efficacité la plus incontestable est la ventilation par pression positive continue (PPC). Il consiste en une assistance respiratoire nocturne sous forme d’un masque posé sur le nez et la bouche et qui délivre en permanence de l’air, levant ainsi le blocage des voies aériennes supérieures qui est à l’origine de l’apnée. Ainsi, le rétablissement d’un sommeil normal grâce à un traitement par PPC devrait ramener le patient à un état normal en ce qui concerne sa vigilance et ses performances diurnes.
|
||||
|
||||
Pourtant, un certain nombre d’études semblent montrer que les relations qu'entretiennent la structure du sommeil, l’électroencéphalogramme (EEG), la somnolence subjectivement ressentie et les performances relèvent de
|
||||
mécanismes plus complexes. En effet, un certain nombre de patients tout en présentant des index d’apnée-hypopnée sévères, ne se plaignent pas de somnolence diurne ni de troubles cognitifs.
|
||||
|
||||
Il serait pourtant de première importance de mieux comprendre les mécanismes qui président au fonctionnement de ces différents systèmes, compte tenu des risques engendrés par une somnolence excessive chez des personnes
|
||||
impliquées dans des tâches complexes et potentiellement dangereuses comme la conduite automobile, et ce d’autant plus que la prévalence du SAOS est généralement sous-estimée et mal traitée.
|
||||
|
||||
En effet, le SAOS est la cause la plus fréquente de somnolence diurne d’origine organique, et surexpose les malades qui en sont victimes aux accidents routiers, domestiques et professionnels.
|
||||
|
||||
Les apnéiques sont en France entre 1,2 et 2,4 millions. Près d’un homme sur quatre et une femme sur dix arrêtent de respirer au moins toutes les douze minutes en moyenne au cours de leur sommeil, voire dans les cas les plus graves, plusieurs centaines de fois chaque nuit.
|
||||
|
||||
Un certain nombre d’études ont montré que les patients porteurs du SAOS ont un taux 2 et 7 fois plus élevé d’accidents de la circulation que des sujets sains ((Orth, M., Leidag, M., Kotterba, S., Widdig, W, de Zeeuw, J., Walther, J.W., Duchna, H.W., Schafer, D., Schlafke, M.E., Malin, J.P., Schultze-Werninghaus, G., Rasche, K. (2002). Estimation of accident risk in obstructive sleep apnea syndrome (SAOS) by driving simulation. Pneumologie, 56(1), 13-18.)).
|
||||
|
||||
Il semble donc clair que la prise en compte d’une telle pathologie par les compagnies d’assurance est absolument nécessaire dans la mesure où elle constitue un facteur de risque extrêmement important en matière de sécurité routière et domestique. De même, les pouvoirs publics devraient considérer ces chiffres pour mettre en place des règlementations susceptibles de limiter les risques accidentogènes, notamment en instaurant des contrôles réguliers de l’aptitude à la conduite automobile.
|
||||
|
||||
En effet, des études ont montré que la conduite en état de somnolence constitue un facteur de risque largement sous-estimé dans les statistiques officielles puisque 15 à 30 % des accidents de la route sont dus à cette cause, facteur de risque qui s’avère par conséquent bien plus dangereux que l’alcool.
|
||||
\\
|
||||
\\
|
||||
Nous avons réalisé deux expériences permettant de mesurer différentes variables psychophysiologiques impliquées dans cette pathologie. La première portait sur l’évaluation de la somnolence diurne en comparant des variables objectives et subjectives de la vigilance. La seconde portait sur l’altération des performances cognitives et en conduite automobile chez les patients porteurs d’un SAOS.
|
||||
|
||||
Dans les deux cas, nous nous sommes intéressés aux effets de l’introduction d’un traitement par PPC en mesurant l’évolution après 3 mois et après 6 mois d’introduction du traitement.
|
||||
|
||||
===== Objectifs de l’étude =====
|
||||
|
||||
Elle avait pour objectif à la fois de mieux connaître les signes avant-coureurs d’une baisse de la vigilance chez des patients apnéiques, mais aussi d’évaluer l’impact d’un traitement par PPC sur l’amélioration de la qualité du sommeil et de la vigilance diurne. Nous nous sommes intéressés à plusieurs variables susceptibles d’être dégradées dans un contexte de SAOS, ainsi qu’aux possibilités de réversibilité de ces dégradations avec l’introduction d’un traitement par PPC.
|
||||
- La première variable concernait l’évolution de l’EEG de veille chez ces patients avant et après traitement par PPC. En effet, environ 30 % des patients porteurs d’un SAOS n’ont aucune plainte subjective de somnolence. Il importait donc de pouvoir évaluer de façon objective l’état d’activation cérébrale quel que soit le ressenti subjectif.
|
||||
- Nous avons également mesuré l’évolution des performances en mémoire à court terme et en mémoire de travail avant et après l’introduction du traitement par PPC. Un sommeil de mauvaise qualité produit souvent des roubles de la concentration et de la mémoire à court terme se traduisant par des difficultés dans la vie quotidienne pour réaliser certaines tâches même basiques. Dans le cas d’un SAOS, le problème ne vient pas seulement de la fragmentation du sommeil liée aux nombreux micro-éveils, mais aussi des dommages peut-être irréversibles de l’hypoxie sur les cellules du cerveau.\\ Enfin, nous avons mesuré les performances des patients porteurs d’un
|
||||
SAOS avant et après traitement par PPC dans une tâche de conduite automobile répliquant au plus près une situation réelle pour optimiser la validité écologique de notre étude.
|
||||
|
||||
|
||||
==== Evolution de l’activation cérébrale durant une période prolongée de veille ====
|
||||
|
||||
=== Avant l’introduction du traitement par PPC ===
|
||||
|
||||
Pour mesurer l’évolution de l’activation cérébrale chez des patients porteurs du SAOS comme une mesure objective de leur somnolence, nous avons comparé l’EEG de veille de 15 patients apnéiques avec celui de 10 sujets contrôles appariés en âge, en sexe et en niveau académique. Cette mesure était effectuée toutes les heures pendant 24 heures en continu. Parallèlement, tous les sujets remplissaient un questionnaire subjectif pour évaluer le degré de somnolence subjectivement ressenti.
|
||||
|
||||
Les résultats montrent que la densité des ondes delta, theta et beta de l’EEG de veille sont plus élevées chez les patients que chez les sujets sains. Les ondes alpha ne montrent qu’une tendance, mais n’atteignent pas le seuil de significativité statistique. Les ondes delta, theta et alpha sont des ondes lentes. Elles témoignent d’un ralentissement de l’activité cérébrale que l’on nomme « synchronisation », car elles proviennent du fait que les neurones fonctionnant plus lentement, se synchronisent peu à peu les uns par rapport aux autres pour aboutir le cas échéant vers le sommeil. A l’opposé, les ondes beta sont des ondes rapides qui s’observent pendant la veille, lorsque le cerveau est très actif. L’augmentation de densité des ondes beta pendant la veille chez les patients apnéiques par rapport aux contrôles pourrait donc paraître contradictoire comparée à celle des ondes lentes, car elle signerait l’existence de deux tendances antagonistes au niveau de l’activation cérébrale : l’une s’acheminant vers le sommeil, l’autre vers la veille active.
|
||||
|
||||
L’examen du décours temporel des différentes ondes cérébrales montre que les ondes les plus lentes (delta et theta) augmentent progressivement tout au long de la période de 24h chez les patients, mais que la différence ne devient significative par rapport aux sujets sains que pendant les heures de la nuit et du petit matin.
|
||||
En revanche, la densité des ondes beta est plus élevée chez les patients dès le début de la période d’observation et va le rester jusqu’à la fin.
|
||||
|
||||
Les mesures de somnolence subjectives montrent en revanche une augmentation tout au long de la période qui est similaire dans les deux groupes de sujets, avec les scores les plus élevés durant la nuit.
|
||||
|
||||
=== Après l’introduction du traitement par PPC ===
|
||||
|
||||
Les différentes mesures ont été réalisées 3 et 6 mois après l’introduction du traitement par PPC et comparées aux valeurs témoin. Elles montrent que la densité des ondes lentes (delta, theta et à moindre degré alpha) est diminuée après 3 mois et en partie après 6 mois de traitement par PPC. Les patients
|
||||
rejoignent dans tous les cas, le niveau des sujets contrôles.
|
||||
|
||||
En revanche, l’augmentation de densité des ondes rapides (beta) demeure inchangée quelle que soit la durée du traitement. Même après 6 mois de traitement, les patients présentent une activation cérébrale supérieure durant la période de 24 heures en continu, par rapport aux sujets sains.
|
||||
|
||||
Sur le plan subjectif, il existe une forte corrélation entre les modifications de l’EEG de veille et les mesures subjectives chez les sujets sains, mais non chez les patients apnéiques.
|
||||
|
||||
=== Discussion ===
|
||||
|
||||
Les résultats de cette première expérience montrent clairement qu’il existe des signes objectifs de somnolence diurne chez les patients porteurs d’un SAOS. Leur cerveau fonctionne plus lentement que celui des sujets sains, et ce ralentissement est exacerbé durant les heures de la nuit. Le fait que les ondes
|
||||
rapides présentes normalement lors de la veille active soient également augmentées pourrait s’expliquer par le fait que ces patients doivent fournir un effort supplémentaire par rapport aux sujets sains pour se maintenir en éveil et éviter ainsi des poussées de micro-sommeil. Ceci se traduirait donc par une activité corticale rapide plus intense, mais représenterait aussi un coût plus élevé chez les patients apnéiques pour rester éveillés.
|
||||
|
||||
En ce qui concerne les valeurs subjectives de somnolence, le fait qu’elles augmentent de la même façon dans les deux groupes et qu’il n’y ait pas de corrélation entre la somnolence subjective et objective chez les patients
|
||||
contrairement aux contrôles signe clairement un déficit chez ces derniers pour évaluer correctement leur somnolence. Ce phénomène avait déjà été observé par d’autres auteurs. On sait en effet que la plupart des patients SAOS ont tendance à sous-estimer leur somnolence, soit parce qu’ils sont réfractaires à la
|
||||
reconnaître, soit plus vraisemblablement parce qu’ils la considèrent comme leur état normal dans la mesure où bien souvent, cette pathologie est ancienne chez eux et a été longtemps méconnue.
|
||||
|
||||
Comme nous le voyons, le traitement par PPC améliore grandement l’état d’activation cérébrale des patients dès 3 mois. Toutes les ondes lentes retrouvent un niveau normal, non distinct des sujets sains. Seule persiste malgré le traitement une augmentation des ondes rapides d’éveil, suggérant peut-être un
|
||||
surentraînement des patients dans l’effort fourni pour éviter les micro-éveils. Dans ce cas, il est probable qu’une durée de traitement plus longue soit nécessaire pour contrecarrer ce mécanisme d’inhibition du sommeil durant la journée.
|
||||
|
||||
=== Conséquences sociétales ===
|
||||
|
||||
Les résultats de cette étude, première du genre dans la littérature scientifique, apportent un éclairage particulier sur les risques potentiels en matière d’accident que représentent les patients porteurs d’un SAOS. En effet, la seule évaluation subjective de leur somnolence diurne n’est certainement pas suffisante puisqu’ils
|
||||
n’ont, la plupart du temps, même pas conscience réellement de l’être. En revanche, la synchronisation cérébrale signant une pression accrue de sommeil témoigne chez eux d’une capacité très réduite à se maintenir éveillée ou alors au prix d’un coût très important comme le suggère l’augmentation importante des
|
||||
ondes d’éveil.
|
||||
|
||||
Ces patients courent donc des risques importants dans leur vie de tous les jours, qu’ils soient au volant de leur voiture ou dans d’autres contextes potentiellement accidentogènes de la vie quotidienne : utilisation d’appareils dangereux au travail ou à la maison, nécessité de prises de décision rapides et adéquates dans des
|
||||
situations à risque (catastrophes naturelles, assistance à autrui, etc.).
|
||||
|
||||
Dans la mesure où la prévalence du SAOS est très probablement sous-estimée en raison du fait que bon nombre de personnes apnéiques ignorent leur pathologie, cela pose évidemment la question de savoir s’il serait pertinent de procéder de façon systématique à un dépistage de cette pathologie dans certaines conditions, notamment lors du recrutement à un poste où l’absence de vigilance même momentanée peut avoir des conséquences graves. S’il ne
|
||||
semble pas réaliste de procéder au titre du dépistage systématique à des enregistrements polysomnographiques en milieu hospitalier en raison de la lourdeur et du coût d’une telle opération, il serait en revanche bien plus
|
||||
envisageable d’utiliser la procédure que nous avons employée pour mesurer l’EEG de veille dans notre étude. Il suffit en effet de placer quelques électrodes sur le scalp du sujet et d’appliquer la méthode « yeux ouverts-yeux fermés » ((Akerstedt, T., Gillberg, M. (1990). Subjective and objective sleepiness in the active individual. Intern J Neuroscience, 52, 29-37.)) pendant 6 à 9 minutes, puis de mesurer par analyse spectrale à l’aide d’un logiciel adéquat, la densité de puissance spectrale dans les différentes bandes de
|
||||
fréquence des ondes cérébrales. Si celle-ci s’éloigne trop de la norme admise (cf valeurs des sujets contrôles), il conviendrait d’amener la personne à poursuivre des investigations plus poussées.
|
||||
|
||||
|
||||
==== Evolution des performances en mémoire à court terme et en conduite automobile avant et après introduction d’un traitement par PPC ====
|
||||
|
||||
=== Tâches de mémoire ===
|
||||
|
||||
Deux types de tâches de mémoire ont été utilisés pour mesurer la mémoire immédiate (restitution d’une série de chiffre dans l’ordre donné) et la mémoire de travail (restitution d’une série de chiffre dans l’ordre inverse de présentation et balayage en mémoire d’une matrice de consonnes dont la quantité augmente
|
||||
progressivement). La mémoire de travail se différencie de la mémoire immédiate dans la mesure où elle nécessite un traitement de l’information encodée et ne consiste pas juste à la restituer sans traitement intermédiaire. Mais dans les deux cas, il s’agit de mémoire à court terme puisque la conservation mnésique du matériel à traiter est de courte durée (quelques secondes).
|
||||
|
||||
=== Avant l’introduction du traitement par PPC ===
|
||||
|
||||
La restitution d’une série de chiffre en ordre inversé est significativement réduite chez les patients apnéiques par rapport aux sujets sains. Deux tâches de balayage en mémoire, l’une simple et l’autre complexe, montrent également un déficit accru chez les patients SAOS, mais seulement dans la version complexe. Néanmoins, même dans la tâche de balayage simple, une dégradation de la performance apparaît chez les patients apnéiques lorsque le nombre d’items à conserver en mémoire est maximal (6 items). Dans la tâche de balayage
|
||||
complexe, les patients présentent des difficultés accrues à mémoriser une matrice de consonnes même à partir de 4 éléments. C’est principalement le pourcentage de bonnes réponses qui est affecté chez les patients SAOS signant une difficulté dans la précision probablement liée à une diminution des capacités
|
||||
d’encodage mnésique.
|
||||
|
||||
La mesure de la saturation en oxygène montre également des valeurs diminuées chez les patients par rapport aux contrôles que ce soit avant ou après les tâches de mémoire.
|
||||
|
||||
=== Après l’introduction du traitement par PPC ===
|
||||
|
||||
Dans le test de rétention de chiffres, on observe une amélioration de l’empan mnésique chez les patients dès 3 mois pour la restitution simple et après 6 mois de traitement pour la restitution dans l’ordre inverse de présentation.
|
||||
|
||||
Dans la tâche de balayage en mémoire, si les résultats sont peu probants pour la tâche simple, pour la tâche complexe il apparaît que les performances des patients s’améliorent après 3 mois de traitement, mais cette amélioration disparaît après 6 mois. Cette dégradation est surtout visible en fin de nuit. Ce résultat ne s’observe que sur le pourcentage de réponses correctes mais non sur le temps
|
||||
de réponse qui est similaire dans les deux groupes. En ce qui concerne la taille de la matrice à conserver en mémoire, donc la charge quantitative de rétention, les performances s’améliorent chez les sujets sains entre la première session et les deux suivantes (à 3 mois et 6 mois). A l’opposé, cette amélioration ne
|
||||
s’observe pas chez les patients apnéiques qui maintiennent un déficit en mémoire, même après 6 mois de traitement. Là encore, le temps de réponse n’était pas différent entre les deux groupes.
|
||||
|
||||
=== Tâche de conduite automobile ===
|
||||
|
||||
Notre étude présente une particularité en regard de l’exploration des performances en conduite automobile simulée. En effet, le simulateur de conduite sur lequel a été réalisée l’étude, est un simulateur haute performance comme il n’en existe que quelques exemplaires au monde. Il s’agit d’un simulateur en
|
||||
mouvement permettant donc de reproduire le plus fidèlement possible, les sensations réelles ressenties lors d’une tâche de conduite. Les images de synthèse sur un écran de 180° d’envergure, permettent de simuler un trafic relativement dense ce qui est inexistant dans la majorité des simulateurs
|
||||
expérimentaux. Nous avons donc choisi de paramétrer le parcours effectué par nos sujets sur la base de ce qu’ils expérimentent le plus fréquemment dans leur vie quotidienne, à savoir un trajet court (50 km) avec un trafic semi-dense et un flot continu de véhicules (voitures et camions) roulant à 130 km/h, une distance
|
||||
inter-véhicule variable et deux zones de travaux annoncées par des panneaux. De nombreuses variables ont été enregistrées, telles que la vitesse moyenne, les variations de vitesse, l’ajustement de la position latérale, les variations de volant, la distance inter-véhicule, la distance de déboîtement avant et après
|
||||
dépassement, le pourcentage de temps passé sur la voie de droite ou illégalement sur la voie de gauche ainsi que le comportement à proximité des zones de travaux, etc.
|
||||
|
||||
=== Avant introduction du traitement par PPC ===
|
||||
|
||||
Les patients présentent une augmentation de l’amplitude de variation de vitesse par rapport aux sujets témoins. En revanche, ils respectent une distance intervéhicule ainsi qu’une distance de déboîtement avant et après dépassement qui est supérieure à celle des sujets sains. De même, les patients lâchent plus rapidement que les contrôles la pédale d’accélérateur dans les 400 m qui précèdent la zone de travaux. Toutes les autres variables sont similaires entre les deux groupes.
|
||||
|
||||
L’EEG mesuré pendant la tâche de conduite montre une augmentation significative des ondes lentes (theta) et des ondes rapides (beta) chez les patients apnéiques par rapport aux sujets contrôles.
|
||||
|
||||
La mesure des corrélations entre les variables de sommeil et les variables de conduite montre chez les patients que la vitesse moyenne et la fréquence d’ajustement de la position sont d’autant plus élevées que le sommeil préalable était de bonne qualité. Ce phénomène est moins net chez les sujets sains.
|
||||
|
||||
De plus, les conduites prudentes chez les patients sont également contemporaines d’ondes plus lentes au niveau cérébral.
|
||||
|
||||
=== Après l’introduction du traitement par PPC ===
|
||||
|
||||
L’amplitude de variation de vitesse reste supérieure chez les patients après 3 mois de traitement et l’absence de différence entre les deux groupes à 6 mois n’est due qu’à une augmentation de cette variable chez les contrôles.
|
||||
|
||||
Les distances inter-véhicules, la vitesse dans la zone de travaux lors des dépassements ne diffèrent plus entre les deux groupes dès la session de 3 mois probablement en raison d’une habituation aux conditions expérimentales sans que le traitement //per se// ne soit en cause.
|
||||
|
||||
A noter que dans les deux groupes, l’amplitude de variation de la position latérale augmente sur la période de 24h quelle que soit la session signant une instabilité croissante dans la conduite à mesure que la privation de sommeil augmente.
|
||||
|
||||
=== Discussion ===
|
||||
|
||||
Le SAOS étant associé à une altération du niveau de vigilance, il semble logique que les capacités cognitives des patients apnéiques soient également affectées.
|
||||
|
||||
Les capacités mnésiques dépendant des ressources attentionnelles qui sont diminuées lorsque la vigilance est basse. Notre étude montre en effet, une altération importante de la mémoire dans une tâche de balayage, chez les patients SAOS, mais une mémoire immédiate mesurée par la restitution simple d’une série de chiffre qui semble préservée. La mémoire à court terme n’est donc pas altérée de façon homogène. Plus la tâche est complexe, plus elle est sensible à la disponibilité attentionnelle et plus les déficits chez les patients seront visibles surtout lorsque la veille se prolonge. Il s’agit donc plutôt ici d’un déficit du contrôle attentionnel et des fonctions exécutives de haut niveau que d’un simple déficit de l’encodage mnésique. L’existence d’une diminution de la saturation en oxygène chez les patients comparés aux sujets sains, suggère que les déficits attentionnels et mnésiques observés pourraient être dus au moins partiellement, à une hypoxémie (manque d’oxygénation cérébrale). Ce résultat est corroboré par le fait que le traitement par PPC ne permet pas la normalisation des déficits mnésiques dans une tâche complexe, laissant supposer que ceux-ci résultent donc d’une altération irréversible liée à la mort neuronale due à l’hypoxémie nocturne. Mais cette capacité à récupérer ou non après traitement reste cependant associée à la sévérité du syndrome et bien entendu, à la nature de la tâche, la mémoire immédiate étant peu affectée dans le SAOS et plutôt sensible au traitement par PPC.
|
||||
|
||||
En ce qui concerne les performances en conduite automobile, cette étude révèle que même dans des cas d’apnée sévère, les performances sont moins effondrées que ne le laissaient supposer les nombreuses études faites sur des simulateurs de faible performance. En effet, ces dispositifs ne permettant pas de reproduire les conditions réelles de conduite, placent généralement les sujets dans des conditions de monotonie et de pauvreté des stimulations telles qu’elles exacerbent la baisse de vigilance de façon anormale. De plus, elles portent généralement sur des circuits très longs.
|
||||
|
||||
Lorsque les sujets apnéiques sont soumis à des conditions plus proches des conditions naturelles (trafic semi-dense, trajet court type maison-travail, zones de travaux), on observe des performances étonnamment préservées. Avant traitement, les patients présentent une augmentation de la variation de la vitesse et une tendance à une diminution de la fréquence d’ajustement de la vitesse suggérant des difficultés à maintenir une vitesse stable et régulière. En revanche, plusieurs indices sont en faveur d’une conduite plus circonspecte de leur part avec notamment une augmentation des distances inter-véhicule, de la distance de rabattement, une tendance à une augmentation de la distance de déboîtement et enfin, un lâcher de pédale plus précoce que les contrôles lorsqu’ils entrent dans la zone des 400 m avant les travaux. Ceci pourrait être le résultat d’années d’expérience d’une somnolence excessive diurne, qui les amène à conduire de façon plus prudente afin d’éviter les accidents. En effet, notre étude montre que les conduites prudentes chez les patients apnéiques sont positivement corrélées avec un sommeil de mauvaise qualité et vice-versa. De même, la conduite prudente est corrélée avec la présence d’ondes lentes au niveau cérébral, renforçant encore l’idée que plus ils sont somnolents, plus ils roulent prudemment. Cependant, la présence d’une densité augmentée d’ondes rapides chez les patients, prouve aussi que le coût pour se maintenir éveillé au volant est plus fort chez eux. Les mêmes conditions de trafic appliquées cette fois à un trajet de plus longue durée, pourraient rompre le fragile équilibre que ces patients tentent de maintenir au prix d’un effort soutenu. Par conséquent, nous ne saurions écarter l’hypothèse qu’un trajet plus long dans un trafic semi-dense pourrait se solder en définitive par un effondrement important des performances chez les patients SAOS au-delà d’un certain seuil de tolérance.
|
||||
|
||||
|
||||
Une fois de plus, les évaluations subjectives ne sont d’aucune aide pour évaluer le degré de somnolence des patients puisqu’ils ne diffèrent pas de ceux des contrôles alors que leur état physiologique est manifestement bien plus effondré.
|
||||
|
||||
En revanche, l’effet du traitement ne semble pas manifeste dans notre étude sur les performances en conduite automobile. Ceci s’inscrit à l’opposé de nombreuses études qui montraient au contraire un effet positif du traitement. Par exemple, les indices de prudence observés au départ, disparaissent laissant penser qu’un effet d’habituation ou d’entraînement aux conditions de simulation pourrait avoir contrecarré l’effet propre du traitement, ce qui ne nous permet donc pas de conclure en la matière. Mais il convient aussi de noter que dès la première session, la différence entre les deux groupes était faible de toute façon.
|
||||
|
||||
=== Conséquences sociétales ===
|
||||
|
||||
L’ensemble de ces données présentent un intérêt clinique indéniable dans la mesure où elles suggèrent que la qualité du sommeil préalable est l’un des facteurs essentiels pour déterminer les performances attentionnelles, de mémoire et de conduite automobile le lendemain. Ce travail montre également que cette pathologie respiratoire au cours du sommeil associée à une altération mécanique de la ventilation nocturne chez les patients souffrant depuis de longues années du SAOS peut entraîner une modification de la physiologie du cerveau, et ainsi avoir des conséquences sérieuses voire irréversibles sur le fonctionnement
|
||||
cérébral impliqué dans le niveau de vigilance et des processus cognitifs complexes au cours d’une veille prolongée.
|
||||
|
||||
Ces données doivent donc être impérativement prises en compte lorsqu’il s’agit d’autoriser ces patients à manipuler des dispositifs requérant une forte charge attentionnelle ou sollicitant de façon prépondérante les fonctions exécutives de haut niveau sur le plan cognitif. La sévérité du syndrome et son ancienneté sont
|
||||
donc des paramètres cruciaux. En effet, si certaines fonctions de haut niveau ne sont pas récupérées après introduction du traitement, cela pourrait rendre définitivement inapte les patients concernés à la réalisation de certaines tâches. Il en va autant de leur sécurité que de celle des personnes de l’entourage. On ne
|
||||
saurait toutefois interdire pur et simplement certaines activités à ces patients. En effet, il ne faut jamais perdre de vue qu’une étude, aussi minutieuse soit-elle, ne constitue qu’un instantané qui peut être réfuté ultérieurement si l’on applique une autre méthodologie. De plus, l’être humain est en apprentissage permanent. Il est donc difficile de tirer des conclusions définitives sur la base d’un résultat
|
||||
parcellaire. Comme l’indiquent les résultats concernant les sessions à 3 mois et 6 mois dans la tâche de simulation de conduite, l’effet d’apprentissage peut contrecarrer les effets délétères de la baisse de vigilance. En d’autres termes, plus la tâche est habituelle, moins les performances seront impactées par le
|
||||
déficit attentionnel puisque des processus d’automatisation se mettront en place.
|
||||
|
||||
|
||||
Il convient enfin de noter que la baisse de vigilance observée chez les patients porteurs d’un SAOS ne se traduit pas toujours par des effets délétères. En effet, les performances en conduite automobile montrent que ces patients ont tendance à être plus prudents que les autres, car même s’ils n’en ont pas une conscience
|
||||
claire comme en atteste l’absence de différence avec les contrôles sur le plan de la plainte subjective, ils adoptent spontanément des comportements plus circonspects ce qui pourrait neutraliser leur déficit. Ce résultat évoque bien entendu la diminution d’accidents observée sur les autoroutes après réduction
|
||||
des éclairages publics. Il faut toutefois se rappeler que ces patients fournissent vraisemblablement un effort supplémentaire pour rester performants, et qu’il s’agit d’un coût dont il est difficile pour l’heure, de mesurer les conséquences.
|
||||
|
||||
===== Communication et valorisation de l’étude =====
|
||||
|
||||
L’étude décrite ici a fait l’objet de la thèse de Monsieur Jérôme GRENECHE, soutenue le 7 juillet 2008 devant la commission d’examen suivante :
|
||||
* Patricia TASSI - Maître de ConférencesHDR, ULP, Strasbourg - Directrice de Thèse
|
||||
* Pierrick POISBEAU - Professeur, ULP, Strasbourg - Rapporteur Interne
|
||||
* Patrick LEVY - Professeur, CHU, Université de Grenoble - Rapporteur Externe
|
||||
* Isabelle ARNULF - Docteur Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris - Rapporteur Externe
|
||||
* Jean KRIEGER - Professeur, CHU, Strasbourg - Examinateur
|
||||
|
||||
Cinq articles sont parus à ce jour dans des revues internationales à comité de lecture
|
||||
* GRENECHE, J., SAREMI, M., EHRHARD, C., HOEFT, A., ESCHENLAUER, A., MUZET, A., TASSI, P. (2008). Severity of Obstructive Sleep ApneaHypopnea Syndrome and subsequent EEG spectral power. //European Respiratory Journal//, Vol. 32, 705-709. (FI((Facteur d'impact)): 5.076).
|
||||
* TASSI, P., GRENECHE, J., PEBAYLE, T., ESCHENLAUER, A., HOEFT, A., BONNEFOND, A., ROHMER, O., MUZET, A. (2008). Are OSA patients impaired in driving ability on a circuit with medium traffic density ? //Accident Analysis and Prevention//, Vol. 40(4), 1365-1370. (FI : 1.587).
|
||||
* GRENECHE, J., KRIEGER, F., ERHARDT, C., BONNEFOND, A., ESCHENLAUER, A., MUZET, A. et TASSI, P. (2008). EEG Spectral Power and sleepiness during 24 hours of sustained wakefulness in patients with Obstructive Sleep Apnea Syndrome. //Clin Neurophysiol//, Vol. 119(2), 418-428. (FI : 2,718).
|
||||
* GRENECHE, J., KRIEGER, J., BERTRAND, F., ERHARDT, C., MAUMY, M., TASSI, P. (2011). Short-term memory performances during sustained wakefulness in patients with Obstructive Sleep Apnea-Hypopnea Syndrome. //Brain and Cognition//, 75(1), 39-50. (FI : 2.547).
|
||||
* GRENÈCHE, J., KRIEGER, J., BERTRAND, F., ERHARDT, C., MUZET, A., TASSI, P. (2011). Effect of continuous positive airway pressure treatment on the subsequent EEG spectral power and sleepiness over sustained wakefulness in patients with obstructive sleep apnea-hypopnea syndrome. //Clinical Neurophysiology//, 122, 958-965. (FI : 3,122).
|
||||
|
||||
Un article est actuellement soumis à la revue Sleep Medicine (FI: 3,699)
|
||||
|
||||
* GRENÈCHE J., KRIEGER J, BERTRAND F., ERHARDT C., ESCHENLAUER A., MAUMY M., TASSI P. Effect of CPAP treatment on the short-term memory performances during 24 hours of sustained wakefulness in patients with
|
||||
Obstructive Sleep Apnea-Hypopnea Syndrome (OSAHS).
|
||||
|
||||
Une communication orale dans un congrès international est publiée dans des actes à comité de lecture
|
||||
|
||||
* GRENECHE, J., KRIEGER, J., BERTRAND,F., ERHARDT, C., ESCHENLAUER, A., MAUMY, M., TASSI, P. (2008). Working memory ability during a 24-hour sleep deprivation paradigm in obstructive sleep apnea patients. 19th Congress of the European Sleep Research Society, Glasgow, 9-13 September 2008, Journal of Sleep Research.
|
||||
|
||||
Deux communications affichées dans des congrès internationaux sont publiées dans des actes à comité de lecture
|
||||
|
||||
* TASSI, P., GRENECHE, J., PEBAYLE, T., BONNEFOND, A., ROHMER, O., MUZET, A. (2008). Driving simulation and Obstructive Sleep Apnea Syndrome: the effects of medium traffic density on performance. 19th Congress of the European Sleep Research Society, Glasgow, 9-13 September 2008, //Journal of Sleep Research//
|
||||
* GRENECHE, J., EHRARDT, C., KRIEGER, J., BONNEFOND, A., MUZET, A. et P. TASSI (2006). Circadian fluctuation of EEG spectral power during a 24-hour sleep deprivation paradigm in obstructive sleep apnea patients. 18th Congress of the European Sleep Research Society, Innsbruck, 5-12 September 2006, //Journal of Sleep Research//, Vol 15., Suppl. 1, p. 113.
|
||||
|
||||
Tous ces articles et communications mentionnent et remercient la Fondation MAIF pour son soutien financier.
|
||||
|
||||
Cette étude a enfin fait l’objet d’une intervention télévisuelle lors de la Journée Nationale de l’Apnée du Sommeil sur France 2, au Journal de 20h, le 7 octobre 2006.
|
||||
|
||||
|
||||
--- //Fondation MAIF, UdS - décembre 2008//
|
||||
Reference in New Issue
Block a user