# Tickets de Carte Bancaire ## Qu'est-ce qu'un ticket de carte bancaire ? Un ticket de carte bancaire est le reçu délivré lors d'une opération de paiement par carte. Émis en deux exemplaires — un pour le client, un pour le commerçant — il joue à la fois un rôle de preuve, de pièce comptable et, en cas de litige, d'élément de traçabilité. ## Combien de temps faut-il conserver son ticket ? **Côté client**, les tickets doivent être conservés **cinq ans** à compter du paiement. Vous disposez en revanche d'un **délai de 13 mois pour contester une opération** auprès de votre banque. **Côté commerçant**, les facturettes doivent être **conservées en lieu sûr pendant quinze mois**. Elles sont nettement plus détaillées que l'exemplaire client : le numéro de compte et la date de validité de la carte y figurent en entier, là où ils sont tronqués sur le ticket remis au client. Ces informations complètes servent au commerçant à trois titres : 1. assurer la **traçabilité comptable** de l'opération ; 2. retrouver, via leurs banques respectives, la **domiciliation bancaire d'un client** en cas d'impayé ; 3. permettre au **fisc** d'effectuer des recoupements lors d'un contrôle. C'est précisément parce qu'ils contiennent le détail des transactions que les tickets détenus par les commerçants sont les plus convoités par les fraudeurs. ## Décryptage d'un ticket ![](ticket-de-carte-bancaire.gif) Voici, zone par zone, ce que contient un ticket de carte bancaire : **1. Moyen de paiement** — mention « Carte Bancaire ». **2. Technologie utilisée** — « EMV » (Europay, Mastercard, Visa), le standard des cartes à puce. **3. Message d'accueil** — zone personnalisable par le commerçant (« Bienvenue », nom de l'enseigne, etc.). **4. Identifiant AID** *(ex. A000000421010)* — code indiquant l'émetteur et le type de carte (par exemple, carte à autorisation systématique). Voir la liste des codes AID. **5. Application de la carte** — « CB », « CB Business », etc. **6. Date et heure** de la transaction *(ex. 01/09/11 à 15:19:47)*. **7. Enseigne du commerçant** — souvent identique à la zone 2. **8. Numéro de contrat commerçant–banque** *(ex. 1999118)* — donnée sensible : un fraudeur peut s'en servir pour se faire passer pour le commerçant auprès de sa banque. **9. Numéro de carte tronqué** *(ex. ….001122262)* — seuls les derniers chiffres apparaissent, par sécurité. **10. Cryptogramme dynamique** *(ex. 35F0C0….E2E)* — code calculé à partir des données de la transaction, utilisé pour en prouver l'authenticité en cas de litige. **11. Date de fin de validité** — laissée vide pour des raisons de sécurité. **12. Numéro de fichier transmis à la banque du commerçant** *(ex. 100 000002 01 C)* : - les **3 premiers chiffres** : numéro du terminal de paiement ; - les **6 chiffres suivants** : identifiant de la transaction ; - les **2 chiffres suivants** : identifiant de la télécollecte ; - la **lettre finale** : type de carte — `C` pour une carte à puce, `S` pour une carte à piste magnétique. **13. Montant de la transaction** *(ex. 49,19 EUR)*. Sur les anciens tickets pouvait figurer une conversion en francs *(322,67 FRF)*. **14. Type d'opération** — « DEBIT » dans la grande majorité des cas, « CREDIT » en cas de remboursement. **15. Destinataire** — « TICKET CLIENT » ou ticket commerçant. **16. Message de fin** — zone libre du commerçant (« Merci », « Au revoir »). ## À retenir Le ticket de carte bancaire n'est pas qu'un bout de papier : il combine preuve de paiement, identifiants techniques et données sensibles. Conservez vos exemplaires cinq ans, contestez toute opération suspecte dans les treize mois — et méfiez-vous des tickets traînant dans une corbeille publique, en particulier ceux des commerçants.