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4.1 KiB

Calcul de la taille de la partition swap

Qu'est-ce que la partition swap ?

Imaginez votre RAM (mémoire vive) comme votre bureau de travail : c'est là que vous posez tous les documents sur lesquels vous travaillez activement. Quand le bureau est plein, où mettre les documents supplémentaires ? Vous les posez temporairement sur une étagère à côté. La partition swap, c'est cette étagère.

Plus précisément, le swap est une zone réservée sur le disque dur que le système d'exploitation utilise comme mémoire virtuelle : quand la RAM est saturée, il y déplace les données les moins utilisées pour libérer de l'espace.

⚠️ À retenir : le swap n'est pas un remplacement de la RAM. Lire et écrire sur un disque est beaucoup plus lent qu'accéder à la RAM. Si votre ordinateur utilise le swap intensivement, vous le sentirez : tout devient lent. Le swap est un filet de sécurité, pas une solution miracle.

Quelle taille choisir ?

Il existe une règle simple, utile comme point de départ :

Quantité de RAM Taille de swap recommandée
4 Go ou moins = à la quantité de RAM
Plus de 4 Go 2 Go suffisent généralement

Pourquoi cette règle ? Avec peu de RAM, votre système risque souvent d'être saturé : il faut donc beaucoup d'espace de secours. Avec beaucoup de RAM, vous atteindrez rarement la limite, donc une petite réserve suffit.

Adapter selon votre usage

Cette règle n'est qu'une base. Posez-vous la question : à quoi sert mon ordinateur ?

  • Usage bureautique (web, traitement de texte, mails) : vous saturerez rarement la RAM. Une petite partition swap suffit, voire moins que la règle de base.
  • Usage intensif (montage vidéo, machine virtuelle, jeux gourmands, compilation) : vous risquez plus souvent de saturer la RAM. Prévoyez une partition swap plus généreuse.

💡 Cas particulier : l'hibernation. Si vous voulez que votre ordinateur puisse se mettre en hibernation (mise en veille prolongée qui éteint complètement la machine), le swap doit pouvoir contenir tout le contenu de la RAM. Dans ce cas, prévoyez au moins la taille de votre RAM, quelle qu'elle soit.

Où placer la partition swap : SSD ou disque dur ?

Cette question mérite réflexion, car chaque support a ses avantages :

Sur un disque dur (HDD)

  • Pas d'usure prématurée liée aux écritures fréquentes
  • Lecture/écriture lentes, donc swap encore plus pénalisant en termes de performance

Sur un SSD

  • Lecture/écriture beaucoup plus rapides : le swap est moins handicapant
  • Les SSD ont un nombre limité de cycles d'écriture. Le swap, par nature, écrit et réécrit souvent les mêmes zones, ce qui peut accélérer son usure.

En pratique aujourd'hui : les SSD modernes ont une durée de vie largement suffisante pour supporter un usage swap normal. Si vous n'avez qu'un SSD dans votre machine (cas le plus courant en 2026), placez-y le swap sans hésiter — la rapidité l'emporte sur l'usure théorique. Si vous avez les deux, vous pouvez mettre le swap sur le HDD pour préserver le SSD, mais acceptez la perte de performance.

Partition dédiée ou fichier swap ?

Vous avez deux options techniques pour mettre en place du swap :

  1. Une partition swap : un espace dédié et isolé sur le disque, créé à l'installation.
  2. Un fichier swap : un simple fichier sur votre système de fichiers existant.

La partition dédiée offre historiquement de meilleures performances car elle est continue sur le disque et indépendante du système de fichiers. Le fichier swap est en revanche plus souple : on peut le redimensionner, le supprimer ou en créer plusieurs sans toucher au partitionnement.

Pour un débutant qui installe Linux, la partition swap reste la solution la plus simple et la plus performante.


Résumé des points clés :

  • Le swap = mémoire de secours sur le disque quand la RAM est pleine
  • Règle de base : ≤ 4 Go RAM → swap = RAM ; > 4 Go RAM → 2 Go de swap
  • Pour l'hibernation : swap ≥ taille de la RAM
  • SSD = plus rapide mais usure ; HDD = plus lent mais durable
  • Partition dédiée recommandée pour les débutants