[{"uuid":"9710aeae-eadf-4f2e-b776-c6e1c2f10d33","slug":"l-assurance-maladie-me-doit-l-argent","title":"L'Assurance Maladie me doit de l'argent » : anatomie d'une arnaque par hameçonnage","category":"Informatique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2020-04-17 18:05","created_at":"2020-04-17 18:05:20","updated_at":"2026-05-12 20:26:45","tags":[],"plain":"Un beau matin, un courriel atterrit dans la boîte de réception. L'expéditeur affiche fièrement « Assurance Maladie », l'objet annonce un remboursement à percevoir, et un lien promet d'expliquer la marche à suivre pour récupérer la somme due. Tout semble en ordre. Et pourtant, à peine la souris approchée du lien, plusieurs garde-fous se déclenchent les uns après les autres : Thunderbird signale une tentative de fraude, Firefox refuse de charger la page, et le site cible n'a rien à voir avec . Bienvenue dans le monde du phishing, ou hameçonnage en français.\r\n\r\n\r\n\r\nCe billet revient sur l'anecdote en détail, mais surtout l'utilise pour décortiquer le mécanisme général de ce type d'arnaque, comprendre pourquoi elle fonctionne sur tant de personnes, et adopter quelques réflexes simples qui suffisent à s'en prémunir dans la quasi-totalité des cas.\r\n\r\n1. Qu'est-ce que le phishing ?\r\n\r\nLe terme phishing est un mot-valise construit sur l'anglais fishing (la pêche) et phreaking (piratage téléphonique). L'image est exacte : l'escroc lance un appât — un message crédible — et attend qu'une victime morde. Sa cible n'est pas un ordinateur ni une faille technique, c'est un humain. Plus précisément, c'est la confiance, l'inattention ou l'envie de cette personne.\r\n\r\nConcrètement, une attaque par hameçonnage consiste à se faire passer pour un organisme légitime (banque, impôts, Assurance Maladie, opérateur télécom, service de livraison, etc.) afin d'obtenir de la victime qu'elle livre d'elle-même des informations sensibles : identifiants de connexion, numéro de carte bancaire, copie de pièce d'identité, parfois même un virement direct.\r\n\r\nTrois ingrédients reviennent à chaque fois :\r\nUne marque connue dont l'identité visuelle est imitée (logo, couleurs, ton du message).\r\nUn prétexte émotionnel qui pousse à agir vite : remboursement à percevoir, colis bloqué, compte suspendu, amende impayée.\r\nUn lien qui paraît légitime mais redirige en réalité vers un site contrôlé par l'attaquant.\r\n\r\nL'arnaque ameli.fr coche les trois cases.\r\n\r\n2. Décorticage du courriel reçu\r\n\r\nLe message annonce un versement de l'Assurance Maladie. Le scénario est habilement choisi : recevoir de l'argent flatte, intrigue, et désarme la vigilance. Personne ne se méfie d'un cadeau. Pourtant, en regardant de plus près le lien embarqué dans le message, on découvre une adresse pour le moins surprenante :\r\n\r\n\r\n\r\nTrois éléments doivent immédiatement alerter :\r\n\r\n1. Le domaine n'est pas . Le vrai domaine, lu de droite à gauche en partant du dernier point, est — un hébergeur sud-coréen. Le reste () est un sous-domaine, et le mot n'est qu'un nom de fichier choisi pour tromper. Aucun service public français n'héberge ses pages chez un hébergeur étranger commercial.\r\n2. Le protocole est , pas . Toute page officielle traitant de données personnelles ou bancaires utilise aujourd'hui une connexion chiffrée. Un site qui demande des informations sensibles en clair signe son illégitimité.\r\n3. Les segments sont des marqueurs typiques de campagnes de phishing automatisées : chaque destinataire reçoit un identifiant unique, ce qui permet à l'attaquant de suivre qui a cliqué et d'affiner ses prochaines vagues.\r\n\r\nLire l'adresse d'un lien avant de cliquer dessus est donc la première compétence à acquérir. Sur un ordinateur, il suffit de survoler le lien sans cliquer : l'adresse réelle apparaît en bas de la fenêtre du navigateur ou du client de messagerie.\r\n\r\n3. Les garde-fous techniques font (parfois) leur travail\r\n\r\nDans le cas raconté ici, les outils ont parfaitement joué leur rôle. Thunderbird, le client de messagerie, a détecté que le texte affiché du lien ne correspondait pas à sa destination réelle et a affiché un avertissement clair.\r\n\r\n\r\n\r\nCette détection repose sur une règle simple mais efficace : si le texte visible du lien ressemble à une URL (par exemple ) mais que la destination effective pointe ailleurs, c'est un signal extrêmement fort de tentative de tromperie. Aucun site légitime ne fait cela.\r\n\r\nLe second rempart est intervenu côté navigateur. Firefox, en suivant malgré tout le lien, a interrogé une base de sites malveillants connus (le service Google Safe Browsing, partagé entre les principaux navigateurs) et a bloqué l'accès.\r\n\r\n\r\n\r\nCes protections sont précieuses, mais il faut bien comprendre leurs limites :\r\nElles arrivent toujours en retard. Une nouvelle campagne de phishing fonctionne pendant plusieurs heures, parfois plusieurs jours, avant d'être signalée et ajoutée aux listes noires. Les premières victimes ne sont jamais protégées par ces filtres.\r\nElles peuvent être contournées. L'utilisateur a la possibilité d'ignorer l'avertissement, comme dans l'exemple où la curiosité l'a emporté.\r\nElles ne couvrent pas tous les canaux. Un SMS, un appel téléphonique, un message sur les réseaux sociaux ne déclenchent pas ces alertes.\r\n\r\nLa vigilance humaine reste donc l'ultime ligne de défense, et c'est précisément sur elle que mise l'escroc.\r\n\r\n4. Pourquoi ça marche aussi bien\r\n\r\nComprendre pourquoi tant de personnes se font piéger malgré les avertissements aide à mieux résister. Plusieurs ressorts psychologiques sont systématiquement exploités.\r\n\r\nL'argument d'autorité\r\n\r\nLe message émane d'un organisme officiel, dont la légitimité ne se discute pas. L'Assurance Maladie, les impôts, la banque, La Poste : la marque seule impose le respect et désamorce le doute. L'escroc le sait et choisit toujours une institution familière de sa cible.\r\n\r\nL'urgence ou l'opportunité\r\n\r\nLe cerveau humain traite mal les décisions rapides. Soit le message annonce une catastrophe imminente (« votre compte sera suspendu sous 24 h »), soit il fait miroiter un gain immédiat (« un remboursement de 38,47 € vous attend »). Dans les deux cas, la fenêtre de réflexion se réduit, et c'est exactement l'effet recherché.\r\n\r\nLe mimétisme visuel\r\n\r\nLogos, couleurs, polices, pieds de page : tout est copié à l'identique depuis le vrai site. Pour un œil non entraîné, rien ne distingue le faux du vrai. Et pour cause, le faux a souvent été fabriqué en quelques minutes à partir du code source du vrai.\r\n\r\nLe coût de la vérification\r\n\r\nVérifier prend du temps : ouvrir un onglet, taper l'adresse, se connecter, retrouver son mot de passe. Cliquer ne coûte rien. À court terme, le cerveau choisit toujours la voie la moins coûteuse — et c'est par là que l'escroc s'invite.\r\n\r\n5. La règle d'or : ne jamais cliquer sur un lien d'argent\r\n\r\nDe cette anecdote se dégage un principe qui mérite d'être affiché en grand au-dessus de chaque boîte de réception :\r\nLorsqu'un organisme annonce un versement, un remboursement, un trop-perçu ou tout autre mouvement d'argent en sa faveur, on ne clique jamais sur le lien du courriel. On accède au site par ses propres moyens.\r\n\r\nConcrètement, cela signifie :\r\nOuvrir un nouvel onglet du navigateur.\r\nTaper l'adresse à la main dans la barre d'adresse, ou la sélectionner dans ses favoris.\r\nSe connecter à son espace personnel comme on le fait d'habitude.\r\nVérifier si l'information annoncée par le courriel s'y retrouve réellement.\r\n\r\nDans neuf cas sur dix, l'espace personnel ne mentionne aucun remboursement, et l'origine frauduleuse du message est confirmée. Dans le dixième cas, le remboursement est bien réel, et il sera traité depuis la source officielle sans avoir suivi le moindre lien suspect.\r\n\r\n\r\n\r\nCette règle vaut pour tous les organismes : Assurance Maladie, banques, impôts, CAF, opérateurs, plateformes de commerce. Elle ne demande aucune compétence technique et bloque l'écrasante majorité des tentatives.\r\n\r\n6. Les autres signaux qui doivent éveiller le doute\r\n\r\nAu-delà du lien lui-même, plusieurs détails trahissent souvent un courriel d'hameçonnage. Aucun n'est rédhibitoire à lui seul, mais leur cumul ne trompe pas.\r\n\r\nL'adresse de l'expéditeur. Le nom affiché peut être falsifié à volonté, mais l'adresse email réelle est plus difficile à maquiller. Une adresse en n'a rien d'officiel : seules les adresses se terminant par ou le sont. La règle se généralise : le domaine légitime de chaque organisme est un et un seul, et il s'apprend une fois pour toutes.\r\n\r\nLes fautes d'orthographe et de syntaxe. Une administration française dispose de relecteurs. Un escroc traduit souvent depuis une autre langue, parfois à l'aide d'outils automatiques. Tournures bancales, accents oubliés, fautes d'accord doivent mettre la puce à l'oreille. À noter cependant : avec la généralisation des modèles de langue, ces erreurs disparaissent et ce critère perd progressivement de sa fiabilité.\r\n\r\nUne formule de politesse impersonnelle. « Cher client », « Madame, Monsieur », « Cher utilisateur » : une administration qui dispose de l'état civil de ses assurés s'en sert. Un escroc qui a acheté une liste d'adresses email ne dispose, lui, que de l'adresse.\r\n\r\nUne demande d'informations qu'on ne devrait jamais avoir à fournir. Aucun service public ne demande par courriel un numéro de carte bancaire complet, un mot de passe, un code reçu par SMS, ou la photo d'une pièce d'identité. Si la page d'arrivée réclame ce genre de données, c'est le moment de fermer l'onglet.\r\n\r\nUne pièce jointe inattendue. Une « facture » au format ou envoyée par un organisme public est presque toujours malveillante. Les administrations mettent leurs documents à disposition dans l'espace personnel, pas en pièce jointe.\r\n\r\n7. Que faire en cas de doute, ou en cas d'erreur\r\n\r\nRecevoir un courriel suspect n'est ni grave ni rare. Cliquer dessus par mégarde l'est davantage, mais reste rattrapable. Quelques gestes simples permettent de limiter la casse et de protéger les autres.\r\n\r\nSignaler le message. Le dispositif officiel français s'appelle Signal Spam et permet, via une extension de navigateur ou de client mail, de transmettre les courriels frauduleux aux autorités compétentes et aux fournisseurs d'accès. Pour les SMS, le numéro 33700 joue le même rôle. Pour les tentatives plus sophistiquées, la plateforme Pharos recueille les signalements.\r\n\r\nPrévenir l'organisme usurpé. L'Assurance Maladie dispose d'une adresse dédiée pour transférer les courriels suspects : . La plupart des grandes administrations et entreprises ont une adresse équivalente.\r\n\r\nEn cas de clic accidentel, ne rien saisir et fermer la page. Tant qu'aucune donnée n'a été tapée, le risque est limité au chargement du site, qui peut éventuellement tenter d'exploiter une faille du navigateur. Maintenir son navigateur à jour suffit à neutraliser l'essentiel.\r\n\r\nEn cas de saisie de données, agir vite. Si un mot de passe a été tapé sur le faux site, le changer immédiatement sur le vrai site, et partout ailleurs s'il était réutilisé. Si des données bancaires ont été communiquées, appeler sa banque pour faire opposition. Si une pièce d'identité a été transmise, déposer plainte et demander un signalement auprès de FranceConnect pour surveiller toute usurpation.\r\n\r\n8. Le réflexe à long terme\r\n\r\nAu fil des années, un principe simple et robuste s'impose : considérer par défaut qu'un courriel non sollicité demandant une action en ligne est suspect, et le vérifier par un canal indépendant. Cette posture coûte quelques secondes par message. Elle a évité, chez la plupart de ceux qui l'adoptent, l'écrasante majorité des arnaques en circulation.\r\n\r\nL'anecdote racontée ici se termine bien : les outils ont alerté, la curiosité s'est arrêtée à temps, et l'absence de la moindre saisie sur le faux site a évité tout dégât. Mais elle illustre parfaitement combien le scénario est crédible et combien il est facile, dans un moment de distraction, de baisser la garde.\r\n\r\nLa meilleure protection contre le phishing n'est ni un antivirus, ni un filtre anti-spam, ni un navigateur particulièrement vigilant : c'est l'habitude, lentement acquise, de séparer le messager du message. Un courriel n'est qu'une invitation à vérifier. La vérification, elle, se fait toujours à la source."},{"uuid":"f884e336-2a4b-4197-b80f-d0bdad770e2c","slug":"20230104-la-balise-rel-me-en-html","title":"20230104 La Balise Rel Me En Html","category":"Journal geek","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2023-01-06 00:42:30","created_at":"2023-01-06 00:42:30","updated_at":"2023-01-06 00:42:30","tags":[],"plain":"REDIRECT>20230102-la-balise-rel-me-en-html"},{"uuid":"076d72ba-29e4-4ae7-95b6-3d496c728af8","slug":"afficher-les-dernieres-lignes-des-5-derniers-fichiers-modifies-des-sous-dossiers","title":"ls et tail : afficher les dernières lignes des 5 derniers fichiers modifiés des sous-dossiers","category":"Informatique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2023-02-18 08:49:52","created_at":"2023-02-18 08:49:52","updated_at":"2023-02-18 08:49:52","tags":[],"plain":"En utilisant la ligne de commande de Linux, vous pouvez utiliser la commande suivante pour afficher le \"tail\" des 5 derniers fichiers modifiés des sous-dossiers d'un dossier donné: find . -type f -print0 | xargs -0 ls -t | head -n 5 | xargs -I{} tail -n 10 \"{}\" Cette commande utilise les options suivantes:\npour trouver tous les fichiers dans le répertoire courant et ses sous-dossiers et imprimer leur chemin avec un caractère nul () comme séparateur\npour utiliser les chemins de fichier trouvés comme entrée pour la commande qui les affiche dans l'ordre de modification (les plus récemment modifiés en premier)\npour sélectionner les 5 premiers fichiers de la liste\npour afficher les 10 dernières lignes de chaque fichier sélectionné, où est remplacé par le chemin de chaque fichier. 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Cette balise est souvent utilisée pour relier un profil en ligne, comme un profil sur un réseau social ou un blog personnel, à un site Web principal ou à un site Web professionnel. Voici un exemple de l'utilisation de la balise : Dans cet exemple, la balise indique que le lien vers le compte Twitter de John Doe appartient à la même personne ou à la même organisation qui a créé la page Web actuelle. La balise peut être utilisée en combinaison avec d'autres balises de lien, telles que ou , pour indiquer la relation entre différentes pages Web. Elle peut également être utilisée avec la balise pour indiquer la version préférée d'une page Web parmi plusieurs versions similaires."}]