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[{"uuid":"f78acb85-a6bc-4bc5-b0c3-897a28c0ef27","slug":"gestion-prix","title":"Gestion des prix","category":"Journal geek","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2023-02-10 22:48:33","created_at":"2023-02-10 22:48:33","updated_at":"2023-02-10 22:48:33","tags":[],"plain":"J'ai essayé de saisir quelques informations dans un tableur pour commencer à conceptualiser la gestion des données concernant l'univers des achats. Voici une simulation de saisie dans un tableur : . Il y a 10 feuilles, représentant 10 tables. La gestion des prix doit comprendre la gestion des propriétés suivantes, si celle-ci doit être au complet :\ntva\ndescription physique du produit (poids, unité de consommation, volume de vente mini)\ncondition de réduction (quantité mini, souscription obligatoire, réduction sous forme de cash-back...)\nquantité achat\nmagasin physique\npaiement associé Dans le tableur, le nom de colonne commençant par , correspond à l'id d'une autre feuille."},{"uuid":"75bf96ba-e110-4a9e-8163-95890562aecf","slug":"souverainete-numerique-le-paradoxe-d-orange-face-aux-clouds-americains","title":"Orange dans les bras d'Amazon : l'aveu d'un échec européen","category":"actualité","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.jpg","published":true,"published_at":"2026-01-16 11:17","created_at":"2026-01-16 11:17:19","updated_at":"2026-05-11 21:44:15","tags":[],"plain":"Orange utilise massivement AWS, Azure et Google Cloud. Dit comme ça, c'est presque une blague. L'ancien France Télécom, opérateur historique, fleuron des télécoms français, héritier du service public, branché sur les serveurs de la Silicon Valley. À l'heure où on ne parle que de souveraineté numérique, on pourrait croire à une trahison. C'est plus compliqué que ça.\r\n\r\nLa raison principale est bête : les Américains ont gagné la course. En quinze ans, AWS, Microsoft et Google ont construit une avance que personne ne sait combler aujourd'hui. Et ils ne vendent plus seulement du stockage ou de la puissance de calcul. Ils vendent un écosystème entier : de l'IA prête à l'emploi, des outils d'analyse de données, de l'automatisation, de la cybersécurité, des garanties de disponibilité à neuf chiffres. Pour Orange, qui doit faire tourner ses services dans une vingtaine de pays sans tomber en panne, ce niveau de maturité pèse lourd dans la balance.\r\n\r\nSauf que ce choix rationnel a un prix politique. En confiant ses infrastructures à des entreprises soumises au droit américain, Orange entre dans une zone de dépendance dont on ne sort pas facilement. Le Cloud Act permet aux autorités américaines de réclamer des données hébergées par ces sociétés, même quand ces données sont physiquement en Europe. On peut chiffrer, cloisonner, négocier des clauses dans tous les sens, le fait reste que la décision finale échappe au juge européen. Pour un opérateur télécoms qui manipule des données de millions d'abonnés, ce n'est pas un détail.\r\n\r\nLe plus rageant, c'est qu'on a des alternatives. OVHcloud, Scaleway, Outscale, IONOS en Allemagne, sans parler des projets autour de Deutsche Telekom. Ces acteurs existent, ils sont sérieux, ils savent faire. Alors pourquoi Orange ne s'allie pas avec eux pour construire quelque chose de crédible à l'échelle européenne ?\r\n\r\nParce que l'écart de moyens est vertigineux. AWS et Microsoft investissent chacun plus de cinquante milliards de dollars par an dans leurs infrastructures. Ils ont leurs propres câbles sous-marins, leurs propres réseaux mondiaux, et ils raflent une bonne partie des ingénieurs qui sortent des écoles. Un OVH, même bien géré, ne joue pas dans la même catégorie financière. Il faudrait une alliance européenne soutenue politiquement, financée sur vingt ou trente ans, pour espérer rattraper. On a essayé avec Gaia-X. Le résultat parle de lui-même.\r\n\r\nDu coup, Orange est coincé. Tout miser sur l'européen aujourd'hui, ça veut dire accepter des services moins performants, moins riches, et perdre du terrain face à ses concurrents qui, eux, n'auront pas ces scrupules. Dans un marché où les marges fondent et où chaque innovation compte, c'est un pari risqué. Continuer avec les Américains, c'est rester dans la course mais accepter une dépendance qui peut, du jour au lendemain, devenir un problème géopolitique.\r\n\r\nD'où la solution batarde que tout le monde adopte : l'hybride. On met chez Amazon ou Microsoft ce qui doit aller vite, innover, scaler. On garde en Europe, parfois sur des clouds \"de confiance\" labellisés SecNumCloud, ce qui touche aux données sensibles, aux clients régulés, à l'État. Ce n'est pas glorieux, mais ça permet de tenir les deux bouts.\r\n\r\nPour les défenseurs de la souveraineté numérique, ce compromis a un goût amer. On a l'impression d'une Europe qui se résigne, qui joue le match sur le terrain de l'adversaire avec ses règles. Mais en pointant Orange du doigt, on rate la cible. Le vrai problème n'est pas dans les choix d'une entreprise, il est en amont. Tant qu'on traitera le cloud comme un simple marché et pas comme une infrastructure critique, au même titre que l'électricité ou les chemins de fer, les industriels feront ce qu'ils ont toujours fait : choisir ce qui marche, là, maintenant.\r\n\r\nLa bonne question n'est donc pas \"pourquoi Orange utilise AWS\". Elle est \"pourquoi, vingt ans après l'arrivée du cloud, l'Europe n'a toujours pas mis sur la table de quoi rendre ce choix évitable\". La souveraineté ne se décrète pas dans des communiqués. Elle se paie. En milliards, en années, en décisions politiques qui survivent aux changements de gouvernement. Tant qu'on ne sera pas prêts à ce niveau d'engagement, on continuera à tenir un discours sur l'indépendance numérique en signant des contrats avec Seattle et Redmond."},{"uuid":"11186836-bbac-4054-82db-a3bfed14a274","slug":"imagemagick-traiter-des-images-en-ligne-de-commande","title":"ImageMagick : traiter des images en ligne de commande","category":"linux","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.png","published":true,"published_at":"2025-12-28 14:56","created_at":"2025-12-28 14:56:14","updated_at":"2026-05-12 00:36:01","tags":[],"plain":"1. À quoi ça sert\r\n\r\nImageMagick, c'est l'outil qu'on sort quand on veut manipuler des images sans ouvrir un logiciel graphique. Pas de Photoshop, pas de GIMP, pas de clic-droit \"Redimensionner\" sur cent fichiers à la suite : juste une commande dans un terminal, et le travail est fait.\r\n\r\nC'est une suite d'outils qui sait lire, écrire et transformer plus de 200 formats — du JPEG classique au PDF en passant par le HEIC des iPhones, le WebP de Google ou le bon vieux TIFF des scanners. L'absence d'interface graphique est ici une fonctionnalité, pas un défaut : elle permet de l'utiliser partout où il n'y a pas d'écran, et surtout dans tout ce qui doit tourner tout seul.\r\n\r\nOn le retrouve donc naturellement :\r\nsur des serveurs web qui génèrent des miniatures à la volée,\r\ndans des scripts qui traitent des dossiers entiers d'un coup,\r\ndans des pipelines CI/CD pour préparer des assets,\r\ndans des conteneurs Docker, accessibles uniquement en SSH.\r\n\r\nDepuis la version 7, tout passe par une commande unique : . Les anciennes commandes (, , ...) existent toujours pour la compatibilité, mais elles ne sont plus la norme.\r\n\r\n2. Installation\r\n\r\nSur Debian ou Ubuntu :\r\n\r\n\r\n\r\nOn vérifie ensuite que tout est en place :\r\n\r\n\r\n\r\nLa sortie indique aussi les délégués compilés (libwebp, libheif, libraw, etc.). Si un format précis vous intéresse, c'est ici qu'il faut regarder : ImageMagick ne sait lire un format que si la bibliothèque correspondante est présente au moment de la compilation.\r\n\r\n3. Comment ImageMagick raisonne\r\n\r\nToutes les commandes suivent la même logique :\r\n\r\n\r\n\r\nL'image est chargée en mémoire, puis chaque option s'applique dans l'ordre où elle est écrite, comme une chaîne de traitement. Ce point est important : déplacer une option dans la ligne peut changer le résultat final.\r\n\r\nExemple :\r\n\r\n\r\n\r\nIci, l'image est lue, redimensionnée à 800×600, puis compressée à 85% de qualité, puis écrite sur le disque. Si on inversait et , le résultat serait identique dans ce cas précis, mais avec des opérations qui modifient les pixels (flou, conversion d'espace colorimétrique, recadrage), l'ordre devient critique.\r\n\r\n4. Convertir d'un format à un autre\r\n\r\nLe cas le plus simple : changer l'extension du fichier de sortie suffit.\r\n\r\n\r\n\r\nImageMagick détecte le format cible à partir de l'extension et fait la conversion. C'est aussi simple que ça pour 90% des cas.\r\n\r\nQuand on veut être plus précis — par exemple forcer une profondeur de couleur particulière — on l'indique explicitement :\r\n\r\n\r\n\r\nUtile quand on récupère des images en 16 bits par canal qu'on veut ramener à du 8 bits standard, soit pour gagner de la place, soit pour garantir la compatibilité avec un logiciel récalcitrant.\r\n\r\n5. Redimensionner\r\n\r\nLa méthode brutale\r\n\r\n\r\n\r\nCette commande redimensionne à 800×600 en respectant les proportions par défaut, contrairement à ce qu'on pourrait croire. Si l'image source est en 4:3, elle rentrera pile dedans ; si elle est en 16:9, ImageMagick choisira la dimension la plus contraignante et l'autre sera plus petite que demandé.\r\n\r\nPour forcer exactement ces dimensions quitte à déformer l'image, il faut ajouter un point d'exclamation :\r\n\r\n\r\n\r\nNe rétrécir que les grandes images\r\n\r\nC'est probablement le cas le plus utile au quotidien : on a un dossier d'images, on veut s'assurer qu'aucune ne dépasse 1600 pixels, mais on ne veut pas agrandir les petites (ce qui dégraderait leur qualité).\r\n\r\n\r\n\r\nLe signifie « uniquement si l'image est plus grande ». Les guillemets sont nécessaires car est interprété par le shell comme une redirection. On peut aussi échapper le caractère avec .\r\n\r\nEn pourcentage\r\n\r\n\r\n\r\nPratique quand on veut diviser la taille par deux sans calculer les dimensions exactes.\r\n\r\n6. Qualité et poids du fichier\r\n\r\nPour les JPEG, le paramètre règle le compromis entre fidélité visuelle et poids du fichier :\r\n\r\n\r\n\r\nQuelques repères en pratique :\r\n100 : qualité maximale, fichier énorme, différence imperceptible avec 95.\r\n85 : la valeur par défaut de la plupart des appareils photo, et un excellent compromis pour le web.\r\n75 : encore très acceptable, gain de place notable.\r\nEn dessous de 70 : les artefacts deviennent visibles, surtout sur les aplats de couleur.\r\n\r\nSupprimer les métadonnées\r\n\r\nLes fichiers issus d'appareils photo ou de smartphones embarquent beaucoup d'informations : modèle de l'appareil, date, parfois coordonnées GPS, miniature intégrée, profil colorimétrique... Tout ça peut peser plusieurs dizaines de kilo-octets, et surtout poser des problèmes de confidentialité.\r\n\r\n\r\n\r\nL'option fait le ménage. À utiliser systématiquement avant de publier des photos sur le web, et indispensable dès qu'on parle de RGPD ou d'anonymisation. Attention en revanche pour la photographie professionnelle où certaines métadonnées (droits d'auteur, profil ICC) peuvent être nécessaires.\r\n\r\n7. Recadrer et adapter à un cadre\r\n\r\nRecadrage classique\r\n\r\n\r\n\r\nLa syntaxe se lit comme une fenêtre qu'on découpe dans l'image : largeur × hauteur, décalée de 100 pixels depuis la gauche et 50 pixels depuis le haut.\r\n\r\nRemplir un cadre exact, sans déformation\r\n\r\nC'est le besoin typique des miniatures de site : on veut toutes les vignettes en 800×600 pile, peu importe le format des photos d'origine.\r\n\r\n\r\n\r\nTrois étapes enchaînées :\r\n\r\n1. redimensionne pour que l'image remplisse le cadre (le inverse la logique habituelle : on prend la plus grande dimension comme contrainte, pas la plus petite).\r\n2. indique qu'on veut centrer le découpage.\r\n3. coupe ce qui dépasse pour obtenir exactement la taille voulue.\r\n\r\nLe résultat : aucune déformation, aucune bande noire, juste un éventuel rognage sur les bords les plus longs.\r\n\r\n8. Traiter un dossier entier\r\n\r\nUne boucle Bash suffit pour convertir tous les PNG d'un dossier en JPEG :\r\n\r\n\r\n\r\nLa syntaxe retire l'extension du nom, on y ajoute . Simple et fiable.\r\n\r\nPour modifier les fichiers sur place, ImageMagick fournit :\r\n\r\n\r\n\r\nCette commande écrase chaque fichier par sa version redimensionnée. C'est rapide et pratique, mais ça veut aussi dire qu'il n'y a pas de retour en arrière : si la commande est mal écrite, le dossier original est perdu. Règle absolue : travailler sur une copie, ou s'assurer d'avoir une sauvegarde.\r\n\r\n9. Texte et filigranes\r\n\r\nApposer une mention textuelle\r\n\r\n\r\n\r\n ancre le texte dans un coin de l'image (les neuf positions classiques : , , , , ...), et ajoute un décalage par rapport à ce point d'ancrage. Ici, éloigne le texte de 10 pixels du coin inférieur droit.\r\n\r\nSuperposer un logo ou un watermark image\r\n\r\n\r\n\r\nL'image principale est lue en premier, le filigrane en second, puis les fusionne. Si le watermark a un canal alpha (transparence), il est respecté.\r\n\r\n10. Couleurs et tons\r\n\r\nPassage en noir et blanc :\r\n\r\n\r\n\r\nRéglage de la luminosité et du contraste (valeurs en pourcentage, positives ou négatives) :\r\n\r\n\r\n\r\nIci, +10% de luminosité et +5% de contraste. Pour assombrir, on utilise des valeurs négatives : .\r\n\r\n11. Inspecter une image\r\n\r\nPour obtenir les informations essentielles — format, dimensions, profondeur :\r\n\r\n\r\n\r\nPour tout savoir, y compris les métadonnées EXIF, le profil colorimétrique, l'histogramme :\r\n\r\n\r\n\r\nLa sortie verbeuse peut faire plusieurs pages, mais c'est inestimable pour diagnostiquer un problème ou comprendre d'où vient un fichier.\r\n\r\n12. Formats modernes\r\n\r\nLe WebP de Google offre une compression nettement meilleure que le JPEG à qualité équivalente, et il est aujourd'hui supporté par tous les navigateurs courants :\r\n\r\n\r\n\r\nL'AVIF va encore plus loin en termes de compression, au prix d'un encodage plus lent :\r\n\r\n\r\n\r\nSi la commande échoue avec une erreur de délégué, c'est que votre installation d'ImageMagick a été compilée sans le support AVIF — il faudra installer ou recompiler.\r\n\r\n13. Quelques règles à se fixer\r\nToujours travailler sur une copie quand on découvre une nouvelle commande. en particulier ne pardonne pas.\r\nStripper les métadonnées avant toute publication web.\r\nPour de très gros volumes (plusieurs milliers d'images, ou des images très lourdes), regarder du côté de : c'est plus rapide et beaucoup moins gourmand en mémoire qu'ImageMagick. Pour tout le reste, ImageMagick est largement suffisant.\r\nAutomatiser dès qu'on répète : si la même commande revient deux fois, elle mérite un script.\r\nLire les messages d'erreur : ImageMagick est verbeux, et la plupart des problèmes (délégué manquant, permissions, format non reconnu) sont explicitement nommés dans la sortie.\r\n\r\n14. Là où on le croise vraiment\r\n\r\nEn pratique, ImageMagick finit presque toujours dans les mêmes situations :\r\npréparation d'images pour un site web (redimensionnement + compression + strip),\r\ngénération de miniatures à la volée côté serveur,\r\nnormalisation d'un catalogue photo hétérogène (formats, tailles, profils),\r\nconversion massive d'archives anciennes vers des formats modernes,\r\nnettoyage des métadonnées avant diffusion publique.\r\n--\r\n\r\nImageMagick fait partie de ces outils qu'on apprivoise lentement mais qu'on garde longtemps. Au début, on copie des commandes trouvées en ligne sans tout comprendre. Puis on commence à reconnaître les options, à les combiner, à écrire ses propres scripts. Et un jour, on se rend compte qu'on a remplacé un logiciel entier par trois lignes de Bash — et qu'on n'a jamais été aussi efficace pour traiter des images."},{"uuid":"5059c1e2-f3e6-406f-9595-7133bb835cdb","slug":"petits-colis-grands-impots-quand-la-taxation-punit-les-francais-sans-relancer-l-industrie","title":"Petits colis, grands impôts : quand la taxation punit les Français sans relancer lindustrie","category":"actualité","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.svg","published":true,"published_at":"2025-11-14 00:55","created_at":"2025-11-14 00:55:43","updated_at":"2026-05-12 08:59:31","tags":[],"plain":"Jusqu’à maintenant, les petits colis importés de l’étranger passaient presque inaperçus dans les foyers français. Shein, AliExpress, Temu… commander en Asie était simple et peu coûteux, grâce à lexonération de droits de douane sur les produits dune valeur inférieure à 150 euros. Mais depuis le 13 novembre 2025, ce statu quo est remis en cause : les ministres des Finances de lUnion européenne ont voté la suppression de cette exonération. Dès le premier trimestre 2026, chaque petit colis pourrait être taxé et soumis à des frais de traitement supplémentaires.\r\n\r\nÀ Bruxelles, on salue cette décision comme un moyen de protéger les consommateurs européens et le marché intérieur. La France, en particulier, sen félicite, estimant quil sagit dune avancée pour la sécurité des produits et la souveraineté économique de lUE. Mais pour beaucoup de Français, cette mesure ne fait quaggraver un problème de fond.\r\n\r\nCar la question nest pas simplement celle des colis asiatiques. Depuis trente ans, la France est passée dune puissance industrielle comparable à la moyenne européenne à un “nain industriel” avec seulement 7 % du PIB provenant de lindustrie, alors que nos voisins restent autour de 20 % ou plus. Les consommateurs se tournent vers lAsie parce que les produits français sont trop chers, alourdis par des taxes, charges et coûts de production élevés. Taxer les colis importés aujourdhui revient à punir les consommateurs pour un problème que nos politiques nont pas su résoudre : la perte de compétitivité de lindustrie française.\r\n\r\nPour ceux qui vivent près des frontières ou voyagent dans le sud de lEurope, la différence est frappante. En Catalogne ou au Portugal, il est possible dacheter des produits locaux compétitifs : bricolage, jardinage, vêtements ou matériel de pêche, fabriqués en Europe et à des prix abordables. La preuve quune production locale forte et des prix raisonnables sont possibles, quand la fiscalité et la réglementation ne pénalisent pas le producteur.\r\n\r\nCette nouvelle taxe sur les petits colis ne relancera pas lindustrie française, ni le commerce de centre-ville. Elle risque surtout de réduire le pouvoir dachat des Français, tout en alimentant des caisses de l’État dont largent sera souvent gaspillé avant même d’être utile à l’économie réelle.\r\n\r\nEn résumé, ce nest pas la faute des consommateurs qui cherchent le meilleur prix à l’étranger. Cest le résultat dune politique fiscale et industrielle défaillante. Tant que l’État ne sattaquera pas aux causes structurelles — charges trop élevées, fiscalité excessive, désindustrialisation — toutes les mesures de taxation des importations resteront des pansements sur une jambe de bois, au détriment des citoyens."},{"uuid":"ddb53aae-7214-4e3c-8af5-e42da60d8429","slug":"kobo-elipsa-2e-le-cahier-a4-numerique-qu-on-attendait-a-quelques-details-pres","title":"Kobo Elipsa 2E : le cahier A4 numérique qu'on attendait, à quelques détails près","category":"loisirs","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.jpg","published":true,"published_at":"2025-11-09 12:07","created_at":"2025-11-09 12:07:00","updated_at":"2026-05-12 01:43:39","tags":[],"plain":"Une liseuse qui n'en est plus tout à fait une\r\n\r\nPendant longtemps, le marché des liseuses s'est tenu à une règle non écrite : une liseuse, c'est petit, c'est noir et blanc, c'est fait pour lire des romans dans le métro. Les tentatives de sortir de ce cadre — Sony DPT-RP1, Onyx Boox, ReMarkable — restaient soit confidentielles, soit positionnées comme des outils de prise de notes pure, sans véritable identité de liseuse. Avec l'Elipsa 2E, Kobo assume frontalement l'hybridation. Ce n'est pas une liseuse à laquelle on a ajouté un stylet ; c'est un objet pensé dès le départ comme un cahier numérique qui sait aussi lire des livres.\r\n\r\nL'engin est imposant. Écran E-Ink Carta 1200 de 10,3 pouces, résolution 1404 × 1872 pour 227 ppi, processeur dual-core 2 GHz et 32 Go de stockage. Côté tarif, TechRadar la situe autour de 399 dollars ou 349 livres, ce qui la place dans une catégorie où on n'achète plus sur un coup de tête : à ce prix, on attend un usage précis, pas un gadget de chevet.\r\n\r\nLe format change tout\r\n\r\nTenir l'Elipsa 2E pour la première fois, c'est comprendre instantanément à qui elle parle. À 10,3 pouces, on est très proche d'une feuille A5, voire d'un cahier d'étudiant — un format qui colle naturellement aux PDF et aux documents grand format. Et c'est là que tout se joue.\r\n\r\nQuiconque a déjà tenté de lire un PDF technique sur une liseuse 6 ou 7 pouces sait à quel point l'exercice est frustrant : on zoome, on déplace, on perd la mise en page, les schémas explosent en morceaux. Avec l'Elipsa 2E, un PDF A4 passe à l'écran à une taille parfaitement lisible, sans gymnastique. Les manuels techniques, les articles scientifiques, les supports de cours, les rapports d'entreprise : tout ce qui était pénible devient confortable. C'est moins spectaculaire que la couleur d'une Libra Colour, mais sur un usage professionnel ou étudiant intensif, le format change littéralement la nature de l'objet.\r\n\r\nLe stylet, atout central — mais imparfait\r\n\r\nLe stylet est inclus dans la boîte. Détail qui n'a l'air de rien mais qui mérite d'être souligné, parce que l'usage prévu est clairement l'annotation directe sur les e-books et la prise de notes manuscrites. Pas de Kobo Stylus 2 à racheter en option, pas de configuration séparée : on déballe, on écrit.\r\n\r\nL'utilisation est exactement ce qu'on en attend. On peut surligner dans n'importe quel ePub, écrire dans la marge, créer des carnets vierges pour des notes manuscrites, dessiner des schémas à main levée. Tout ce qu'on griffonne reste dans le fichier, et — point essentiel — peut être ressorti ensuite. Le système prend en charge ePub, PDF, et accepte sans broncher les fichiers déposés par USB-C, Wi-Fi ou Bluetooth.\r\n\r\nMais il faut être honnête : la sensation d'écriture n'est pas au niveau de ce que proposent les meilleurs concurrents. eWritable est même cinglant, qualifiant l'expérience tactile d'« horrible » et pointant le choix par Kobo du protocole Microsoft Pen Protocol (MPP 2.0) plutôt que la technologie Wacom qui équipe le ReMarkable 2 et reste la référence du secteur. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Que la pointe glisse un peu trop sur le verre, qu'il manque cette résistance subtile qui fait penser au crayon sur papier, et qu'à très haute vitesse d'écriture la latence devient perceptible. Pour quelqu'un qui annote ses lectures, surligne, prend des notes ponctuelles, c'est largement suffisant. Pour quelqu'un qui veut remplacer son carnet Moleskine en cours magistral et écrire trois pages d'affilée à vitesse normale, ce sera frustrant.\r\n\r\nC'est une différence de positionnement, pas un défaut technique grave : l'Elipsa 2E est d'abord une liseuse qui annote, pas un cahier qui sait aussi lire.\r\n\r\nL'export des annotations, ce qui fait vraiment la différence\r\n\r\nC'est probablement le point sur lequel Kobo creuse l'écart avec ses concurrents, et notamment avec le Kindle Scribe. Le manuel officiel explique qu'on peut exporter ses annotations sous forme de fichier .txt et le récupérer sur son ordinateur, mais en réalité l'écosystème va plus loin : les PDF annotés ressortent avec les annotations intégrées à la page, prêts à être imprimés ou partagés.\r\n\r\nCe flux, en apparence banal, change tout pour qui travaille sérieusement avec ses lectures. Un étudiant peut annoter ses cours et imprimer la version surlignée pour les révisions. Un enseignant peut corriger des copies en PDF et renvoyer le fichier annoté à l'élève. Un consultant peut lire un rapport, le commenter en marge, le réintégrer dans sa documentation projet. Aucune annotation perdue, aucune resaisie. Là où Kindle Scribe limite encore largement l'export de ses annotations, Kobo joue le jeu de l'ouverture.\r\n\r\nLe talon d'Achille : l'entrée des fichiers\r\n\r\nC'est ici que l'Elipsa 2E montre ses limites les plus tangibles, et il faut le savoir avant d'acheter. Contrairement à Kindle, il n'existe pas d'adresse e-mail officielle « envoyer à ma liseuse » : il faut transférer les fichiers manuellement, par USB ou via un service tiers comme Dropbox. Pour qui s'envoie régulièrement des articles ou des e-books depuis son ordinateur ou son téléphone, ce manque crée une vraie friction quotidienne.\r\n\r\nLes workarounds existent, à condition d'accepter de mettre un peu les mains dans le moteur. Un projet open source baptisé KoboMail propose un système d'envoi par e-mail pour certaines Kobo, et plus intéressant encore, un daemon Nextcloud-Kobo permet de synchroniser automatiquement un dossier Nextcloud via WebDAV vers la liseuse. C'est ouvert, c'est élégant, ça respecte le principe d'auto-hébergement — mais ce n'est pas du plug and play. Il faut un serveur Nextcloud opérationnel, savoir configurer une connexion WebDAV, et accepter que l'installation se fasse dans le dossier du système Kobo. Bref, c'est superbe pour qui maîtrise déjà son infrastructure ; c'est rédhibitoire pour qui veut juste une solution clé en main.\r\n\r\nSur ce point précis, Kobo et Amazon proposent deux philosophies opposées : le confort immédiat d'un écosystème fermé contre la liberté d'un écosystème ouvert mais exigeant. À vous de voir où vous vous situez.\r\n\r\nPour qui ce produit a-t-il du sens ?\r\n\r\nL'Elipsa 2E est faite pour vous si vous lisez beaucoup de documents grand format — PDF techniques, cours universitaires, rapports professionnels, partitions — et si l'idée d'annoter ces documents fait partie intégrante de votre flux de travail. Elle est faite pour vous si vous voulez un objet unique au lieu de jongler entre une liseuse classique et un cahier papier. Elle est faite pour vous, aussi, si vous avez déjà (ou êtes prêt à monter) un Nextcloud ou un Dropbox pour synchroniser vos fichiers proprement.\r\n\r\nElle ne l'est pas si votre priorité est la prise de notes manuscrite intensive et fluide : sur ce terrain, un ReMarkable 2 ou un Supernote restent supérieurs. Elle ne l'est pas non plus si vous attendez le confort de l'envoi par e-mail à la Kindle, ou si l'idée d'installer un plugin communautaire pour combler un manque officiel vous donne de l'urticaire. Et elle est sans doute disproportionnée si vous lisez essentiellement des romans : à ce moment-là, une Clara BW à 150 € vous donnera plus de plaisir, dans un format de poche.\r\n\r\nMon avis\r\n\r\nL'Elipsa 2E est un produit ambitieux qui réussit l'essentiel et trébuche sur quelques détails finalement révélateurs. L'essentiel, c'est le format, la qualité de l'écran, l'export des annotations, l'ouverture du système et l'autonomie typique d'une liseuse — autant de raisons qui en font la meilleure proposition du marché pour un usage documentaire sérieux à ce niveau de prix.\r\n\r\nLes détails, ce sont le ressenti perfectible du stylet et l'absence d'un système d'entrée des fichiers digne de 2026. Kobo aurait pu intégrer nativement WebDAV — ça lui coûterait à peu près rien — et opter pour une dalle Wacom — ça lui coûterait plus cher mais lui ferait gagner une catégorie entière d'utilisateurs. À la place, on hérite d'un produit excellent à 80 %, et qui demande qu'on accepte ses zones grises sur les 20 % restants.\r\n\r\nPour qui cherche un véritable cahier A4 numérique sans basculer dans une tablette Android Onyx — plus chère, plus complexe, et au confort de lecture moindre — l'Elipsa 2E reste, à mes yeux, le meilleur compromis du moment. Pas le produit parfait. Le meilleur compromis. Ce n'est pas la même chose, et c'est très bien aussi."}]