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2026-05-15 10:37:48 +02:00

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[{"uuid":"586c5ab7-e960-465b-b499-83e0209890fe","slug":"quand-alt-ne-repond-plus-anatomie-d-un-bug-clavier-sous-gnome-wayland","title":"Quand Alt ne répond plus : anatomie d'un bug clavier sous GNOME/Wayland","category":"informatique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.png","published":true,"published_at":"2026-05-25 07:27","created_at":"2026-05-12 13:35:47","updated_at":"2026-05-12 13:40:34","tags":[],"plain":"Comment une option de clavier a priori anodine peut désactiver Alt+Tab, Alt+F4 et tous les raccourcis Alt — et comment diagnostiquer ce genre de problème de façon méthodique.\r\n\r\nLe symptôme\r\n\r\nUn beau matin, les raccourcis clavier ne répondent plus. Pas tous : seulement ceux qui utilisent la touche Alt gauche.\r\nne change plus de fenêtre\r\nne ferme plus l'application active\r\nDans un terminal, les raccourcis (édition de ligne readline, raccourcis dans une applicaiton, navigation tmux…) restent sans effet\r\nLa touche AltGr (Alt droite), elle, fonctionne toujours : on peut taper , , , les caractères normalement obtenus via Alt droite sur un clavier français azerty\r\n\r\nPremier réflexe naturel : « Le clavier est cassé ». Sauf que la touche physique répond bien — elle ne déclenche simplement plus ce qu'on attend d'elle.\r\n\r\nComprendre ce qui se passe (sans connaître Linux par cœur)\r\n\r\nPour saisir le bug, il faut comprendre un détail qu'on ignore généralement : une touche physique du clavier et la fonction qu'elle déclenche sont deux choses différentes.\r\n\r\nQuand on appuie sur la touche marquée « Alt » à gauche du clavier, le système reçoit d'abord un signal matériel — un code brut, sous Linux. Ce signal est ensuite traduit en une fonction logique par une couche logicielle appelée xkb (X Keyboard Extension). C'est xkb qui décide que signifie « modificateur Alt gauche » (le fameux ).\r\n\r\nMais xkb peut être configuré pour faire autre chose de ce même signal. Et c'est exactement ce qui s'était passé ici. Une option xkb nommée indiquait à la couche de traduction :\r\n« Quand tu reçois , ne génère pas . Génère à la place. »\r\n\r\n, c'est le nom technique de AltGr : la touche modificatrice qui permet d'accéder au « troisième niveau » d'une touche (le au-dessus du , le au-dessus du , etc.). En clair, l'option transformait Alt gauche en un deuxième AltGr.\r\n\r\nConséquence : du point de vue des applications, personne n'appuie jamais sur Alt. Le gestionnaire de fenêtres (mutter, dans GNOME) attend un événement qui ne vient jamais ; le terminal attend un préfixe Alt qui ne vient jamais non plus ; AltGr fonctionne toujours parce que c'est lui le « vrai » Level 3 Shift sur azerty, par défaut.\r\n\r\nC'est l'analogie d'un interrupteur dont on aurait inversé deux fils dans le mur : l'interrupteur marche, mais il commande une autre lampe.\r\n\r\nLa cause exacte\r\n\r\nSous GNOME, les options xkb sont stockées dans la base de configuration dconf, accessible via la commande . La clé concernée :\r\n\r\n\r\n\r\nSur le système concerné, la commande retournait :\r\n\r\n\r\n\r\nD'où venait cette option ? Plusieurs hypothèses plausibles :\r\nSélectionnée par erreur dans Paramètres → Clavier → Options de disposition lors d'une configuration ancienne\r\nImportée depuis une ancienne machine via la synchronisation du profil\r\nActivée par un script ou un outil de personnalisation (GNOME Tweaks, dconf-editor)\r\nHéritée d'une habitude QWERTY où certains préfèrent un second AltGr à gauche\r\n\r\nSur un clavier français azerty, cette option n'a aucun intérêt pratique : AltGr est déjà sur la touche Alt droite, là où l'index droit peut l'atteindre naturellement. Ajouter un second AltGr sur la touche Alt gauche revient à perdre Alt sans gagner quoi que ce soit.\r\n\r\nLe diagnostic, étape par étape\r\n\r\nVoici la séquence de commandes pour confirmer le problème — utile à mémoriser parce qu'elle s'applique à tout symptôme similaire sur GNOME/Wayland.\r\n\r\n1. Confirmer l'environnement de session. Les commandes qui suivent supposent GNOME sous Wayland ; sous X11 ou KDE, le diagnostic diffère.\r\n\r\n\r\n\r\n2. Inspecter les options xkb. C'est le test diagnostic principal pour ce genre de panne.\r\n\r\n\r\n\r\nSi la sortie n'est pas (liste vide) ou une option clairement intentionnelle, on tient probablement le coupable. Les options les plus susceptibles de casser des raccourcis :\r\n— transforme Alt gauche en AltGr (le cas présent)\r\n— échange Alt et Super (la touche Windows)\r\n— échange Caps Lock et Échap (anodin pour Alt, mais peut surprendre)\r\n, — transforment Caps Lock en Ctrl\r\n\r\n3. Vérifier que les raccourcis WM sont bien définis. Cela permet d'éliminer une mauvaise piste : si ne marchait pas parce que le raccourci avait été effacé, ce serait visible ici.\r\n\r\n\r\n\r\nLa sortie attendue est ou équivalent. Si y figure, le gestionnaire de fenêtres est correctement configuré — la panne est ailleurs.\r\n\r\n4. Vérifier les options d'accessibilité. Les touches rémanentes (StickyKeys), touches lentes (SlowKeys) ou touches rebonds (BounceKeys) peuvent provoquer des comportements clavier surprenants quand elles sont activées par erreur.\r\n\r\n\r\n\r\nToutes les trois doivent normalement renvoyer sauf besoin spécifique.\r\n\r\n5. Tester au niveau matériel si rien d'autre n'explique. Si toutes les vérifications logicielles sont propres, on vérifie que la touche envoie bien un signal au noyau :\r\n\r\n\r\n\r\nL'outil demande de choisir un périphérique (le clavier), puis affiche en direct chaque événement reçu. En appuyant sur Alt gauche, une ligne contenant doit apparaître. Si rien ne s'affiche, le problème est matériel ou dans le pilote — ce qui sort du cadre de cette fiche.\r\n\r\nLa correction\r\n\r\nUne seule commande suffit dans le cas présent :\r\n\r\n\r\n\r\nL'effet est immédiat : mutter recharge la configuration clavier à la volée, sans qu'on ait besoin de fermer sa session. Si pour une raison ou une autre l'effet ne se voit pas (vieux processus qui a mis en cache la configuration, terminal récalcitrant…), une déconnexion/reconnexion de la session GNOME suffit à tout réinitialiser.\r\n\r\nPour vérifier que la valeur est bien revenue à vide :\r\n\r\n\r\n\r\nEt si on voulait vraiment garder l'option ?\r\n\r\nPour information, la commande inverse est :\r\n\r\n\r\n\r\nÀ réserver aux cas où l'on tape énormément de caractères de troisième niveau de la main gauche et où on accepte de perdre Alt+Tab.\r\n\r\nLa méthode à retenir, au-delà de ce bug précis\r\n\r\nL'intérêt de cette fiche n'est pas tant la solution — une ligne de commande — que la logique de diagnostic. Quand une touche cesse de fonctionner sous Linux, on remonte la chaîne des responsabilités, du plus haut niveau au plus bas :\r\n\r\n1. Le gestionnaire de fenêtres a-t-il bien le raccourci ? ()\r\n2. Les options d'accessibilité ne brouillent-elles pas la frappe ? ()\r\n3. La couche xkb traduit-elle correctement la touche en modificateur ? ()\r\n4. Le noyau reçoit-il un signal matériel quand on appuie ? ()\r\n\r\nÀ chaque étage, une commande, une sortie attendue, et un verdict clair. La grande force de Linux dans ce genre de situation, c'est que chaque couche est inspectable séparément. Le réflexe à acquérir n'est pas « ça ne marche pas, je redémarre » mais « ça ne marche pas, je trouve quelle couche ment ».\r\n\r\nChecklist mémo\r\n\r\nModificateur (Alt / Super / Ctrl) qui ne répond plus sous GNOME/Wayland :\r\n\r\n1. — surveiller , , , \r\n2. — confirmer que le raccourci existe\r\n3. (puis , )\r\n4. → choisir le clavier → presser la touche → doit afficher le bon code (, , etc.)\r\n\r\nQuatre commandes, quatre couches, et 95 % des bugs clavier de session graphique sont localisés."},{"uuid":"4f443bcb-b0d4-47f8-837d-61627e6c94f2","slug":"priorites-et-acces-au-reseau-en-4g-et-5g","title":"Pourquoi le réseau mobile ne s'effondre pas le jour où tout le monde téléphone en même temps","category":"télécom","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.jpg","published":true,"published_at":"2026-01-06 22:21","created_at":"2026-01-06 22:21:04","updated_at":"2026-05-11 23:40:18","tags":[],"plain":"Un attentat, un séisme, un match du Stade de France, une grande panne d'électricité. Dans ces moments-là, des centaines de milliers de gens dégainent leur téléphone au même instant. Le réseau mobile est dimensionné pour un usage moyen, pas pour un pic massif simultané, et il devrait théoriquement s'effondrer. La plupart du temps, il tient. Pas parfaitement, pas pour tout le monde, mais il tient — et surtout, les appels d'urgence continuent de passer. C'est le résultat d'une série de mécanismes empilés depuis les années 1990, que la 4G a affinés et que la 5G a élargis. Cet article les passe en revue, et termine sur une question qu'on me pose souvent : est-ce que mon forfait à 50 € me donne une place prioritaire dans cette file d'attente ?\r\n\r\nTrois questions, pas une\r\n\r\nQuand une cellule commence à chauffer, l'opérateur doit répondre à trois questions distinctes. Qui a le droit de se connecter ? Une fois connecté, qui passe en premier ? Et quels services doivent absolument continuer à fonctionner, quoi qu'il arrive ?\r\n\r\nLa 2G ne savait répondre qu'à la première. Elle filtrait à l'entrée et basta. La 4G a ajouté la deuxième : une fois admis sur le réseau, votre trafic est traité différemment selon son importance. La 5G ajoute la troisième : elle peut créer des réseaux virtuels parallèles dont certains sont réservés à des usages critiques, totalement isolés des autres.\r\n\r\nLe filtrage à l'entrée\r\n\r\nChaque carte SIM porte un numéro de classe d'accès, hérité du GSM, entre 0 et 15. Les classes 0 à 9 couvrent le grand public — autrement dit nous tous. Les classes 11 à 15 sont réservées : services de secours, autorités publiques, personnel opérateur, usages militaires selon les pays.\r\n\r\nQuand une cellule est surchargée, l'eNodeB (la station de base 4G) diffuse une consigne aux téléphones du secteur : « les classes 0 à 9, vous attendez ». C'est l'Access Class Barring. Concrètement, votre téléphone reçoit ce message et bloque lui-même votre tentative d'appel ou de connexion data, sans même envoyer la demande à la station. C'est élégant parce que ça soulage la station avant même qu'elle ne soit sollicitée. Les classes prioritaires, elles, passent sans encombre.\r\n\r\nUne variante plus dure, l'Extended Access Barring, vise les objets connectés et les usages non urgents. Quand une vraie crise se déclare, l'opérateur peut couper les compteurs intelligents, les alarmes domestiques et autres équipements bavards pour préserver la bande passante humaine.\r\n\r\nEn 5G, ce mécanisme a été refondu sous le nom d'UAC — Unified Access Control, introduit dans la Release 15 du 3GPP. UAC unifie dans un seul cadre ce qui était auparavant éparpillé entre ACB, EAB et d'autres dispositifs spécifiques. Il repose sur deux notions complémentaires. Les Access Identities identifient qui vous êtes : utilisateur lambda, abonné à un service prioritaire type MPS ou MCS, personnel d'urgence, agent opérateur. Les Access Categories identifient ce que vous essayez de faire : appel d'urgence, connexion data normale, SMS, mise à jour de localisation. La combinaison des deux détermine si votre demande passe ou pas. La granularité gagnée par rapport à la 4G est réelle : on peut bloquer un type d'action précis pour un type d'utilisateur précis, par exemple « les abonnés grand public ne peuvent plus initier de nouveaux appels data, mais les SMS et les appels voix continuent ».\r\n\r\nLa priorité une fois connecté\r\n\r\nLà où la 4G a vraiment innové, c'est en introduisant le QCI — QoS Class Identifier. Chaque flux de données qui transite sur le réseau se voit attribuer un numéro entre 1 et 9 (avec quelques valeurs supplémentaires pour des cas spéciaux) qui dit à l'infrastructure comment le traiter.\r\nUsage | QCI | Traitement |\r\n---|---|---|\r\nAppel VoLTE (voix sur LTE) | 1 | Latence minimale, débit garanti |\r\nVisioconférence | 2 | Débit garanti |\r\nSignalisation réseau | 5 | Très haute priorité |\r\nStreaming vidéo | 6 ou 8 | Best effort prioritaire |\r\nWeb et internet général | 9 | Best effort standard |\r\n\r\nQuand la cellule est encombrée, le routeur sait quoi sacrifier en premier. YouTube va ralentir, les pages web vont mettre du temps à charger, mais l'appel téléphonique de votre voisin reste audible. C'est un compromis assumé : on dégrade volontairement les usages secondaires pour préserver les usages critiques.\r\n\r\nLa 5G a transposé ce mécanisme sous le nom de 5QI (5G QoS Identifier) avec davantage de niveaux et une meilleure prise en compte des cas que la 4G gérait mal — notamment les services à très basse latence pour les usines connectées ou la voiture autonome. La voix d'urgence garde son sommet, les données critiques industrielles s'intercalent juste après, le streaming et le web restent en bas de la pile.\r\n\r\nL'isolation par tranches : le network slicing\r\n\r\nC'est l'apport majeur de la 5G en matière de gestion de crise. Au lieu de partager une seule infrastructure entre tous les usages, on peut maintenant la découper logiciellement en tranches — des slices — qui se comportent comme autant de réseaux indépendants, alors qu'ils tournent sur les mêmes antennes et les mêmes câbles.\r\n\r\nUn opérateur peut par exemple maintenir une tranche pour le grand public avec ses millions d'abonnés et son trafic massif, une autre pour les services d'urgence dimensionnée pour rester fluide même quand le reste sature, une troisième pour les objets connectés industriels avec des garanties de latence, et une quatrième pour des opérateurs critiques type SNCF, EDF ou hôpitaux. Chaque tranche a ses propres règles d'admission, ses propres priorités, ses propres garanties de performance. Si la tranche grand public est totalement saturée, celle des secours ne le sait même pas.\r\n\r\nCette isolation est ce qui distingue le plus fondamentalement la 5G des générations précédentes. Avant, tout le monde se battait pour les mêmes ressources, avec juste des priorités différentes pour départager. Maintenant, certaines ressources sont retirées du combat dès le départ.\r\n\r\nRécapitulatif\r\nGénération | Ce qui est contrôlé | Comment |\r\n---|---|---|\r\n2G | L'accès au réseau | Classes d'accès 0-15 |\r\n4G | L'accès + la priorité du trafic | ACB / EAB + QCI |\r\n5G | L'accès + la priorité + l'isolation des services | UAC + 5QI + network slicing |\r\n\r\nTous ces mécanismes restent invisibles tant que tout va bien. Vous ne savez pas qu'ils existent. Vous découvrez leur existence le jour où votre voisin n'arrive plus à charger ses mails alors que les pompiers, eux, continuent de communiquer normalement. Ce jour-là, ce n'est pas de la magie. C'est trente ans d'ingénierie radio qui ont anticipé que ça arriverait.\r\n--\r\n\r\nEt mon forfait premium, alors ?\r\n\r\nQuestion logique à ce stade. Si le réseau sait techniquement prioriser certains flux par rapport à d'autres, qu'est-ce qui empêche un opérateur de faire passer ses abonnés à 50 € devant ceux à 10 € quand les antennes saturent ? La réponse honnête commence par un aveu : techniquement, rien. L'outil existe, il s'appelle Quality of Service (QoS), c'est exactement le mécanisme qu'on vient de décrire. Si demain Orange ou SFR voulaient créer une voie rapide pour leurs abonnés haut de gamme, ils auraient les outils dans la boîte. Pourtant, ils ne le font pas. Pour quatre raisons.\r\n\r\nLa loi européenne l'interdit\r\n\r\nLe règlement (UE) 2015/2120, dit « règlement internet ouvert », oblige les opérateurs à traiter tout le trafic de la même façon, sans discrimination liée à l'expéditeur, au destinataire, au contenu ou à l'application. Il a fêté ses dix ans en novembre 2025, et l'ARCEP a profité de l'anniversaire pour rappeler que c'est l'un des piliers du modèle numérique européen. Les sanctions sont sérieuses : jusqu'à 3 % du chiffre d'affaires de l'opérateur fautif. Un opérateur français qui annoncerait demain « avec notre forfait Premium, vous passez devant les autres » se retrouverait devant l'ARCEP dans la semaine.\r\n\r\nLe règlement laisse quelques portes ouvertes pour les services dits « spécialisés » qui ont besoin d'une qualité garantie — téléchirurgie, voiture connectée. Mais ces exceptions sont étroitement encadrées et ne couvrent absolument pas le confort d'un client haut de gamme qui voudrait charger son Instagram plus vite à 19h.\r\n\r\nAux États-Unis, l'histoire est différente. La FCC a tenté de restaurer la neutralité du net en 2024, mais en janvier 2025 la cour d'appel du sixième circuit a invalidé la décision, jugeant que la FCC n'avait pas l'autorité légale pour reclasser le haut débit comme service public. Avec l'arrivée de Brendan Carr à la tête de la FCC, ouvertement opposé à la neutralité du net, il n'y a aujourd'hui plus de règle fédérale outre-Atlantique. Quelques États (Californie, Washington, New York, Oregon) ont leurs propres lois qui maintiennent le principe, mais à l'échelle du pays, les opérateurs américains pourraient légalement faire ce que leurs homologues européens n'ont pas le droit de faire. Pourtant, ils ne le font pas ouvertement non plus, et la raison renvoie aux trois points suivants.\r\n\r\nC'est commercialement intenable\r\n\r\nImagine la publicité : « Forfait Premium à 50 € — passez devant les pauvres pendant les heures de pointe ». Le slogan ne se vend pas. Les directions marketing savent que dire à la moitié de leurs clients qu'ils sont des citoyens de seconde zone du réseau est le plus court chemin vers une crise de réputation. C'est pour ça qu'on vous vend « plus de Go », « 5G ultra rapide », « roaming inclus dans 110 pays » — des promesses qui sonnent positivement sans jamais dire à personne qu'il est désavantagé.\r\n\r\nL'effet boule de neige serait toxique\r\n\r\nImagine que ça se mette quand même en place. Les riches passent devant. Les antennes restent saturées pour les autres, qui se mettent à payer plus pour échapper à la saturation, ce qui sature encore plus les bas forfaits, ce qui pousse encore plus de gens à monter en gamme. Au bout de cinq ans, on a un réseau à deux vitesses où les forfaits modestes deviennent quasi inutilisables aux heures critiques, et où la connexion mobile correcte devient un service de luxe. Ce n'est plus un service de télécommunications, c'est un système de classes.\r\n\r\nC'est exactement ce que la neutralité du net cherche à empêcher. Pas par idéologie, mais parce qu'on a déjà vu où mène ce genre de spirale dans les pays où elle n'est pas protégée. Certains opérateurs proposent par exemple des forfaits où Facebook et WhatsApp sont gratuits mais où le reste est payant, ce qui revient à dire que le bon internet est celui que l'opérateur a choisi pour vous. Ce n'est plus tout à fait le même service.\r\n\r\nÇa ne résoudrait rien\r\n\r\nQuand un réseau sature, ce n'est pas un problème de répartition entre utilisateurs, c'est un problème de capacité totale. Faire passer Pierre avant Paul ne crée pas un seul bit de bande passante supplémentaire. Ça déplace juste le problème de l'un vers l'autre. La vraie solution, quand une cellule sature trop souvent, c'est d'installer plus d'antennes, de densifier le réseau, de basculer sur une fréquence plus performante ou de passer à la génération suivante. C'est cher, c'est long, ça implique des autorisations administratives et des négociations foncières, mais c'est la seule réponse qui tient la route. Prioriser, c'est rapide, mais ça repousse le mur, ça ne le déplace pas.\r\n\r\nC'est comme si on proposait une voie réservée aux Mercedes sur l'A7 un samedi de chassé-croisé. Techniquement, on peut peindre la ligne au sol et installer les panneaux dans la matinée. Mais cette voie ne réduit pas le bouchon, elle le concentre sur les voies restantes ; elle écorne le principe d'égalité d'accès à l'infrastructure publique ; et elle ne change rien au problème de fond, qui est qu'il y a trop de voitures pour la route disponible. La vraie solution reste la même qu'avant : élargir l'autoroute, ou convaincre une partie des gens de prendre le train.\r\n\r\nLe caveat 5G\r\n\r\nUne nuance honnête pour finir. Le network slicing complique le débat juridique. Un opérateur peut créer des tranches de réseau avec des qualités différenciées en toute légalité quand il s'agit d'usages spécialisés — santé, industrie, transports. La question qui agite régulateurs et juristes depuis plusieurs années est de savoir où finit le service spécialisé légitime et où commence le contournement déguisé de la neutralité du net. L'ARCEP a ouvert ce chantier, et c'est probablement là, plus que dans une revanche commerciale brutale sur les forfaits premium, que se jouera la prochaine bataille.\r\n\r\nMais pour répondre simplement à la question : non, votre forfait à 50 € ne vous donne pas la priorité réseau sur celui de votre voisin à 10 €. Il vous donne plus de data, parfois un meilleur débit théorique, des options en plus. Pas une place dans la file."},{"uuid":"055737c8-5d2f-4cac-b8cd-13bfc0a2b193","slug":"20231229-ssh-brutforce","title":"Attaques Cryptographiques Sur Les Serveurs Linux : Mineurs Malveillants et Vulnérabilités SSH","category":"Journal geek","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2023-12-29 18:58:21","created_at":"2023-12-29 18:58:21","updated_at":"2023-12-29 18:58:21","tags":[],"plain":"Une vague de cyberattaques cible spécifiquement les serveurs Linux en les intégrant de force dans des réseaux de minage de cryptomonnaies et en propageant simultanément des attaques par déni de service distribué. Selon le rapport récent du AhnLab Security Emergency Response Center (ASEC), des cybercriminels exploitent des failles de sécurité en devinant les identifiants SSH à travers des attaques par force brute, communément appelées attaques par dictionnaire. Ces intrusions permettent l'installation de scanners de ports et de logiciels malveillants variés, dont DDOSbot et CoinMiner. Après installation, ces programmes malveillants scrutent le réseau à la recherche de nouveaux serveurs à compromettre, amplifiant ainsi la portée de l'attaque. Parallèlement, les informations d'accès obtenues (IP et identifiants) sont souvent vendues sur le dark web, augmentant le risque de violations futures. L'ASEC souligne que l'outil d'attaque semble provenir d'un collectif nommé PRG old Team, bien que modifié pour ces opérations spécifiques. Ces attaques ciblent principalement des systèmes exposant le port 22, le port par défaut pour les connexions SSH, exploitant ainsi les faiblesses des politiques de mots de passe et de sécurité. En réponse, il est vivement recommandé aux administrateurs et utilisateurs de renforcer les mots de passe, d'assurer une mise à jour constante des systèmes, et si possible, de déplacer le service SSH vers un port moins conventionnel que le port 22. Ces mesures préventives sont d'autant plus cruciales à la suite des récentes attaques de Terrapin (CVE-2023-48795), visant spécifiquement le protocole SSH à travers une technique de troncature de préfixe. Face à la menace persistante des attaques de Terrapin, une mobilisation des chercheurs a mené à contacter près de 30 fournisseurs de services SSH. Ils signalent que le processus de mise à jour et de correction des vulnérabilités peut être long, mettant en lumière la nécessité d'une vigilance et d'une adaptation continues face aux évolutions des menaces cybernétiques. Source : https:www.linux-magazine.com/Online/News/Linux-Machines-with-Poorly-Secured-SSH-Servers-are-Under-Attack // Configurer une alerte par mail\nPour configurer un serveur afin qu'il envoie un email chaque fois qu'une connexion SSH se produit sur un compte particulier, vous pouvez utiliser les scripts de shell et la fonctionnalité de notification par e-mail du système. Voici une méthode générale que vous pourriez suivre, en supposant que vous avez déjà une configuration de serveur de messagerie ou un service SMTP que vous pouvez utiliser pour envoyer des e-mails: 1. Configurer le Serveur de Messagerie: Assurez-vous que votre système est capable d'envoyer des emails. Cela peut être fait via , , ou un client SMTP comme ou relié à un service à un fournisseur SMTP. 2. Créer un Script de Notification: Créez un script shell ( par exemple) qui envoie un email lorsque quelqu'un se connecte via SSH. Voici un exemple de ce à quoi le script pourrait ressembler: 3. Modifier le Fichier de Configuration SSH: Éditez le fichier de configuration SSH situé normalement dans . Ajoutez ou modifiez la ligne pour l'utilisateur spécifique ou globalement pour exécuter le script à chaque connexion. Par exemple: 4. Rendre le Script Exécutable et Redémarrer le SSHD: Assurez-vous que le script est exécutable : . Redémarrez le service SSH pour appliquer les modifications : ou selon votre système. 5. Testez la Configuration: Testez en vous connectant via SSH pour voir si vous recevez un email. Notes importantes\nAssurez-vous que le script et la configuration ne nuisent pas à la capacité de se connecter en SSH. Testez cela soigneusement.\nSoyez conscient de la sécurité et des implications de la confidentialité de l'envoi d'informations par e-mail.\nCette méthode envoie une notification pour chaque connexion SSH, pas seulement pour les connexions réussies. Vous pouvez affiner le script pour répondre à des besoins plus spécifiques. C'est une approche de base."},{"uuid":"e0b26900-54db-49c8-9fb7-2fe3a84659b5","slug":"dossiers-remarquables","title":"200 · Répertoires et fichiers remarquables sous Linux","category":"Informatique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2023-08-20 06:58:15","created_at":"2023-08-20 06:58:15","updated_at":"2023-08-20 06:58:15","tags":[],"plain":"La structure de répertoires pour les systèmes d'exploitation Linux et Unix est définit par le standard FHS (Filesystem Hierarchy Standard). Il a pour but de fournir une structure de répertoires pour les différents types de fichiers commune pour toutes les distributions Linux et Unix, afin de rendre les systèmes d'exploitation plus portables et plus faciles à utiliser. Il décrit également les règles de nommage des fichiers et des répertoires, ainsi que les conventions pour les fichiers de configuration et les fichiers de données. La structure de répertoire décrite par le FHS est divisée en plusieurs sections principales :\n/ : la racine de tous les répertoires Depuis le répertoire racine, vous trouverez les répertoires suivants :\n/home : contient les répertoires des utilisateurs,\n/bin : contient les commandes couramment utilisées,\n/boot : contient les fichiers nécessaires pour démarrer le système d'exploitation,\n/dev : contient des fichiers de périphériques,\n/etc : contient les fichiers de configuration,\n/lib : contient les bibliothèques de système et bibliothèques partagées,\n/media : contient des sous-dossiers pour les périphériques de stockage amovibles,\n/mnt : contient des sous-dossiers pour monter des systèmes de fichiers externes,\n/opt : contient des logiciels tiers ou des applications qui ne font pas partie des paquets de distribution standard,\n/run : contient des informations sur les processus en cours d'exécution et les périphériques connectés,\n/sbin : contient les commandes pour les administrateurs système. Peut-être remplacé par .\n/srv : contient les données de service spécifiques,\n/tmp : contient des fichiers temporaires qui sont utilisés par les programmes en cours d'exécution. Peut être remplacer par ou .\n/usr : contient les programmes, les documents et les données utilisateur qui sont utilisés par tous les utilisateurs du système,\n/var : contient les fichiers qui peuvent changer pendant l'exécution du système. Le respect de cette structure de répertoires est important car cela permet d'éviter les conflits de nom, de faciliter la maintenance des systèmes, et de rendre les systèmes d'exploitation plus portables entre les différentes distributions. Répertoires et fichiers remarquables\nIl existe de nombreux répertoires remarquables dans une installation de Linux Fedora, voici quelques exemples. Dans le dossier personnel\nLe dossier personnel (ou répertoire de l'utilisateur) est généralement situé dans le répertoire sur un système Linux. Le nom du répertoire de l'utilisateur est généralement le même que le nom d'utilisateur, par exemple : pour un utilisateur nommé \"john\". Le répertoire de l'utilisateur en cours est représenté par le symbole . Ce répertoire contient généralement des sous-répertoires pour les documents, les images, les musiques, les vidéos et les téléchargements, ainsi que des fichiers de configuration pour les différents programmes utilisés par l'utilisateur. Il est également utilisé comme un espace de travail pour les fichiers et les projets de l'utilisateur. Les utilisateurs ont généralement des autorisations en écriture sur ce répertoire, ce qui leur permet de créer, de supprimer et de modifier les fichiers et dossiers qu'il contient. Cependant, les autres utilisateurs ou les utilisateurs qui se connectent en tant qu'invité n'ont généralement pas accès à ce répertoire. Il existe plusieurs fichiers et répertoires remarquables dans le répertoire personnel d'un utilisateur sur un système Linux, voici quelques exemples :"},{"uuid":"550d416d-b17d-4460-b38f-9d42ef4a6b22","slug":"minecraft","title":"- Minecraft","category":"Informatique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2023-02-10 22:48:50","created_at":"2023-02-10 22:48:50","updated_at":"2023-02-10 22:48:50","tags":[],"plain":"Installer MineCraft\nJe vous propose d'installer MineCraft sur un PC fonctionnant sous Linux Mint 17.3. 1. Rendez-vous sur la page Download Minecraf pour télécharger le fichier JAR. Le fichier JAR téléchargé s'appelle et ne pèse pas plus de 280,2 ko. 2. Dans une fenêtre Terminal, je vérifie que Java soit bien installé : java -version\n \nrésultat 3. Lancement de l'archive JAR. Après déplacement du fichier dans le dossier home (), je lance l'archive :\n java -jar Minecraft.jar \nMinecraft sur Tablette\nAprès quelques recherches, il est impossible de se connecter avec une tablette sur le serveur Pi à moins d'installer Minecraft Pocket Edition (6,99 €) et encore il faut la bonne version !"}]