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[{"uuid":"5543adc8-220a-4174-8ded-59e13f5489b5","slug":"67-20220830-differents-types-de-connexion","title":"Différents types de connexion, principe du mesh","category":"Podcasts","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2022-08-29 22:48:13","created_at":"2022-08-29 22:48:13","updated_at":"2022-08-29 22:48:13","tags":[],"plain":"Voici le 67ème épisode : Différents types de connexion, principe du mesh\nCette page est amenée à évoluer. 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C'est le résultat d'une série de mécanismes empilés depuis les années 1990, que la 4G a affinés et que la 5G a élargis. Cet article les passe en revue, et termine sur une question qu'on me pose souvent : est-ce que mon forfait à 50 me donne une place prioritaire dans cette file d'attente ?\r\n\r\nTrois questions, pas une\r\n\r\nQuand une cellule commence à chauffer, l'opérateur doit répondre à trois questions distinctes. Qui a le droit de se connecter ? Une fois connecté, qui passe en premier ? Et quels services doivent absolument continuer à fonctionner, quoi qu'il arrive ?\r\n\r\nLa 2G ne savait répondre qu'à la première. Elle filtrait à l'entrée et basta. La 4G a ajouté la deuxième : une fois admis sur le réseau, votre trafic est traité différemment selon son importance. La 5G ajoute la troisième : elle peut créer des réseaux virtuels parallèles dont certains sont réservés à des usages critiques, totalement isolés des autres.\r\n\r\nLe filtrage à l'entrée\r\n\r\nChaque carte SIM porte un numéro de classe d'accès, hérité du GSM, entre 0 et 15. Les classes 0 à 9 couvrent le grand public autrement dit nous tous. Les classes 11 à 15 sont réservées : services de secours, autorités publiques, personnel opérateur, usages militaires selon les pays.\r\n\r\nQuand une cellule est surchargée, l'eNodeB (la station de base 4G) diffuse une consigne aux téléphones du secteur : « les classes 0 à 9, vous attendez ». C'est l'Access Class Barring. Concrètement, votre téléphone reçoit ce message et bloque lui-même votre tentative d'appel ou de connexion data, sans même envoyer la demande à la station. C'est élégant parce que ça soulage la station avant même qu'elle ne soit sollicitée. Les classes prioritaires, elles, passent sans encombre.\r\n\r\nUne variante plus dure, l'Extended Access Barring, vise les objets connectés et les usages non urgents. Quand une vraie crise se déclare, l'opérateur peut couper les compteurs intelligents, les alarmes domestiques et autres équipements bavards pour préserver la bande passante humaine.\r\n\r\nEn 5G, ce mécanisme a été refondu sous le nom d'UAC Unified Access Control, introduit dans la Release 15 du 3GPP. UAC unifie dans un seul cadre ce qui était auparavant éparpillé entre ACB, EAB et d'autres dispositifs spécifiques. Il repose sur deux notions complémentaires. Les Access Identities identifient qui vous êtes : utilisateur lambda, abonné à un service prioritaire type MPS ou MCS, personnel d'urgence, agent opérateur. Les Access Categories identifient ce que vous essayez de faire : appel d'urgence, connexion data normale, SMS, mise à jour de localisation. La combinaison des deux détermine si votre demande passe ou pas. La granularité gagnée par rapport à la 4G est réelle : on peut bloquer un type d'action précis pour un type d'utilisateur précis, par exemple « les abonnés grand public ne peuvent plus initier de nouveaux appels data, mais les SMS et les appels voix continuent ».\r\n\r\nLa priorité une fois connecté\r\n\r\nLà où la 4G a vraiment innové, c'est en introduisant le QCI QoS Class Identifier. Chaque flux de données qui transite sur le réseau se voit attribuer un numéro entre 1 et 9 (avec quelques valeurs supplémentaires pour des cas spéciaux) qui dit à l'infrastructure comment le traiter.\r\nUsage | QCI | Traitement |\r\n---|---|---|\r\nAppel VoLTE (voix sur LTE) | 1 | Latence minimale, débit garanti |\r\nVisioconférence | 2 | Débit garanti |\r\nSignalisation réseau | 5 | Très haute priorité |\r\nStreaming vidéo | 6 ou 8 | Best effort prioritaire |\r\nWeb et internet général | 9 | Best effort standard |\r\n\r\nQuand la cellule est encombrée, le routeur sait quoi sacrifier en premier. YouTube va ralentir, les pages web vont mettre du temps à charger, mais l'appel téléphonique de votre voisin reste audible. C'est un compromis assumé : on dégrade volontairement les usages secondaires pour préserver les usages critiques.\r\n\r\nLa 5G a transposé ce mécanisme sous le nom de 5QI (5G QoS Identifier) avec davantage de niveaux et une meilleure prise en compte des cas que la 4G gérait mal notamment les services à très basse latence pour les usines connectées ou la voiture autonome. La voix d'urgence garde son sommet, les données critiques industrielles s'intercalent juste après, le streaming et le web restent en bas de la pile.\r\n\r\nL'isolation par tranches : le network slicing\r\n\r\nC'est l'apport majeur de la 5G en matière de gestion de crise. Au lieu de partager une seule infrastructure entre tous les usages, on peut maintenant la découper logiciellement en tranches des slices qui se comportent comme autant de réseaux indépendants, alors qu'ils tournent sur les mêmes antennes et les mêmes câbles.\r\n\r\nUn opérateur peut par exemple maintenir une tranche pour le grand public avec ses millions d'abonnés et son trafic massif, une autre pour les services d'urgence dimensionnée pour rester fluide même quand le reste sature, une troisième pour les objets connectés industriels avec des garanties de latence, et une quatrième pour des opérateurs critiques type SNCF, EDF ou hôpitaux. Chaque tranche a ses propres règles d'admission, ses propres priorités, ses propres garanties de performance. Si la tranche grand public est totalement saturée, celle des secours ne le sait même pas.\r\n\r\nCette isolation est ce qui distingue le plus fondamentalement la 5G des générations précédentes. Avant, tout le monde se battait pour les mêmes ressources, avec juste des priorités différentes pour départager. Maintenant, certaines ressources sont retirées du combat dès le départ.\r\n\r\nRécapitulatif\r\nGénération | Ce qui est contrôlé | Comment |\r\n---|---|---|\r\n2G | L'accès au réseau | Classes d'accès 0-15 |\r\n4G | L'accès + la priorité du trafic | ACB / EAB + QCI |\r\n5G | L'accès + la priorité + l'isolation des services | UAC + 5QI + network slicing |\r\n\r\nTous ces mécanismes restent invisibles tant que tout va bien. Vous ne savez pas qu'ils existent. Vous découvrez leur existence le jour où votre voisin n'arrive plus à charger ses mails alors que les pompiers, eux, continuent de communiquer normalement. Ce jour-là, ce n'est pas de la magie. C'est trente ans d'ingénierie radio qui ont anticipé que ça arriverait.\r\n--\r\n\r\nEt mon forfait premium, alors ?\r\n\r\nQuestion logique à ce stade. Si le réseau sait techniquement prioriser certains flux par rapport à d'autres, qu'est-ce qui empêche un opérateur de faire passer ses abonnés à 50 devant ceux à 10 quand les antennes saturent ? La réponse honnête commence par un aveu : techniquement, rien. L'outil existe, il s'appelle Quality of Service (QoS), c'est exactement le mécanisme qu'on vient de décrire. Si demain Orange ou SFR voulaient créer une voie rapide pour leurs abonnés haut de gamme, ils auraient les outils dans la boîte. Pourtant, ils ne le font pas. Pour quatre raisons.\r\n\r\nLa loi européenne l'interdit\r\n\r\nLe règlement (UE) 2015/2120, dit « règlement internet ouvert », oblige les opérateurs à traiter tout le trafic de la même façon, sans discrimination liée à l'expéditeur, au destinataire, au contenu ou à l'application. Il a fêté ses dix ans en novembre 2025, et l'ARCEP a profité de l'anniversaire pour rappeler que c'est l'un des piliers du modèle numérique européen. Les sanctions sont sérieuses : jusqu'à 3 % du chiffre d'affaires de l'opérateur fautif. Un opérateur français qui annoncerait demain « avec notre forfait Premium, vous passez devant les autres » se retrouverait devant l'ARCEP dans la semaine.\r\n\r\nLe règlement laisse quelques portes ouvertes pour les services dits « spécialisés » qui ont besoin d'une qualité garantie téléchirurgie, voiture connectée. Mais ces exceptions sont étroitement encadrées et ne couvrent absolument pas le confort d'un client haut de gamme qui voudrait charger son Instagram plus vite à 19h.\r\n\r\nAux États-Unis, l'histoire est différente. La FCC a tenté de restaurer la neutralité du net en 2024, mais en janvier 2025 la cour d'appel du sixième circuit a invalidé la décision, jugeant que la FCC n'avait pas l'autorité légale pour reclasser le haut débit comme service public. Avec l'arrivée de Brendan Carr à la tête de la FCC, ouvertement opposé à la neutralité du net, il n'y a aujourd'hui plus de règle fédérale outre-Atlantique. Quelques États (Californie, Washington, New York, Oregon) ont leurs propres lois qui maintiennent le principe, mais à l'échelle du pays, les opérateurs américains pourraient légalement faire ce que leurs homologues européens n'ont pas le droit de faire. Pourtant, ils ne le font pas ouvertement non plus, et la raison renvoie aux trois points suivants.\r\n\r\nC'est commercialement intenable\r\n\r\nImagine la publicité : « Forfait Premium à 50 passez devant les pauvres pendant les heures de pointe ». Le slogan ne se vend pas. Les directions marketing savent que dire à la moitié de leurs clients qu'ils sont des citoyens de seconde zone du réseau est le plus court chemin vers une crise de réputation. C'est pour ça qu'on vous vend « plus de Go », « 5G ultra rapide », « roaming inclus dans 110 pays » des promesses qui sonnent positivement sans jamais dire à personne qu'il est désavantagé.\r\n\r\nL'effet boule de neige serait toxique\r\n\r\nImagine que ça se mette quand même en place. Les riches passent devant. Les antennes restent saturées pour les autres, qui se mettent à payer plus pour échapper à la saturation, ce qui sature encore plus les bas forfaits, ce qui pousse encore plus de gens à monter en gamme. Au bout de cinq ans, on a un réseau à deux vitesses où les forfaits modestes deviennent quasi inutilisables aux heures critiques, et où la connexion mobile correcte devient un service de luxe. Ce n'est plus un service de télécommunications, c'est un système de classes.\r\n\r\nC'est exactement ce que la neutralité du net cherche à empêcher. Pas par idéologie, mais parce qu'on a déjà vu où mène ce genre de spirale dans les pays où elle n'est pas protégée. Certains opérateurs proposent par exemple des forfaits où Facebook et WhatsApp sont gratuits mais où le reste est payant, ce qui revient à dire que le bon internet est celui que l'opérateur a choisi pour vous. Ce n'est plus tout à fait le même service.\r\n\r\nÇa ne résoudrait rien\r\n\r\nQuand un réseau sature, ce n'est pas un problème de répartition entre utilisateurs, c'est un problème de capacité totale. Faire passer Pierre avant Paul ne crée pas un seul bit de bande passante supplémentaire. Ça déplace juste le problème de l'un vers l'autre. La vraie solution, quand une cellule sature trop souvent, c'est d'installer plus d'antennes, de densifier le réseau, de basculer sur une fréquence plus performante ou de passer à la génération suivante. C'est cher, c'est long, ça implique des autorisations administratives et des négociations foncières, mais c'est la seule réponse qui tient la route. Prioriser, c'est rapide, mais ça repousse le mur, ça ne le déplace pas.\r\n\r\nC'est comme si on proposait une voie réservée aux Mercedes sur l'A7 un samedi de chassé-croisé. Techniquement, on peut peindre la ligne au sol et installer les panneaux dans la matinée. Mais cette voie ne réduit pas le bouchon, elle le concentre sur les voies restantes ; elle écorne le principe d'égalité d'accès à l'infrastructure publique ; et elle ne change rien au problème de fond, qui est qu'il y a trop de voitures pour la route disponible. La vraie solution reste la même qu'avant : élargir l'autoroute, ou convaincre une partie des gens de prendre le train.\r\n\r\nLe caveat 5G\r\n\r\nUne nuance honnête pour finir. Le network slicing complique le débat juridique. Un opérateur peut créer des tranches de réseau avec des qualités différenciées en toute légalité quand il s'agit d'usages spécialisés santé, industrie, transports. La question qui agite régulateurs et juristes depuis plusieurs années est de savoir où finit le service spécialisé légitime et où commence le contournement déguisé de la neutralité du net. L'ARCEP a ouvert ce chantier, et c'est probablement là, plus que dans une revanche commerciale brutale sur les forfaits premium, que se jouera la prochaine bataille.\r\n\r\nMais pour répondre simplement à la question : non, votre forfait à 50 ne vous donne pas la priorité réseau sur celui de votre voisin à 10 . Il vous donne plus de data, parfois un meilleur débit théorique, des options en plus. Pas une place dans la file."},{"uuid":"5cfc434d-26d8-4fba-b9e3-6a23fddb45d7","slug":"esp32-connected-on-linux","title":"esp32 connected on linux","category":"Électronique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2025-11-19 12:12:17","created_at":"2025-11-19 12:12:17","updated_at":"2025-11-19 12:12:17","tags":[],"plain":"Ce chapitre explique comment vérifier que ton ESP32 est bien détecté par Linux et apparaît correctement comme périphérique tty. Les étapes ci-dessous couvrent la détection, lidentification du chipset USB, les permissions et un test de communication.\n-- 1. Regarder les nouveaux périphériques avec dmesg\nBrancher lESP32 en USB, puis lancer : On verra apparaître des lignes comme : ou : Le port sera généralement ou (parfois pour certaines cartes).\n-- 2. Lister les ports USB série disponibles ou : Sil y en a un, ton ESP32 est reconnu.\n-- 3. Identifier le type dinterface (CH340, CP2102, FT232)\nOn pourra voir quel chipset USB est détecté : Exemples typiques :\n1a86:7523 CH340\n10c4:ea60 CP2102/CP210x\n0403:6001 FTDI FT232 Cela confirme que ton câble fonctionne et que le driver est chargé.\n-- 4. Voir si votre utilisateur a les permissions\nOn pourra voir mais on ne peut pas lutiliser, vérifier que votre utilisateur ait le groupe : Si le groupe dialout nest pas dans la liste : puis redémarrer la session et vérifier de nouveau avec la commande . Si nécessaire, redémarrer l'ordinateur.\n-- 5. Vérifier la connexion\nSi votre ESP32 est connecté sur , vous pouvez le tester via : esptool -p /dev/ttyUSB0 flash-id Exemple de sortie attendue : Si ce rapport saffiche correctement, la communication entre le PC et lESP32 est opérationnelle."},{"uuid":"ddb53aae-7214-4e3c-8af5-e42da60d8429","slug":"kobo-elipsa-2e-le-cahier-a4-numerique-qu-on-attendait-a-quelques-details-pres","title":"Kobo Elipsa 2E : le cahier A4 numérique qu'on attendait, à quelques détails près","category":"loisirs","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.jpg","published":true,"published_at":"2025-11-09 12:07","created_at":"2025-11-09 12:07:00","updated_at":"2026-05-12 01:43:39","tags":[],"plain":"Une liseuse qui n'en est plus tout à fait une\r\n\r\nPendant longtemps, le marché des liseuses s'est tenu à une règle non écrite : une liseuse, c'est petit, c'est noir et blanc, c'est fait pour lire des romans dans le métro. Les tentatives de sortir de ce cadre Sony DPT-RP1, Onyx Boox, ReMarkable restaient soit confidentielles, soit positionnées comme des outils de prise de notes pure, sans véritable identité de liseuse. Avec l'Elipsa 2E, Kobo assume frontalement l'hybridation. Ce n'est pas une liseuse à laquelle on a ajouté un stylet ; c'est un objet pensé dès le départ comme un cahier numérique qui sait aussi lire des livres.\r\n\r\nL'engin est imposant. Écran E-Ink Carta 1200 de 10,3 pouces, résolution 1404 × 1872 pour 227 ppi, processeur dual-core 2 GHz et 32 Go de stockage. Côté tarif, TechRadar la situe autour de 399 dollars ou 349 livres, ce qui la place dans une catégorie où on n'achète plus sur un coup de tête : à ce prix, on attend un usage précis, pas un gadget de chevet.\r\n\r\nLe format change tout\r\n\r\nTenir l'Elipsa 2E pour la première fois, c'est comprendre instantanément à qui elle parle. À 10,3 pouces, on est très proche d'une feuille A5, voire d'un cahier d'étudiant un format qui colle naturellement aux PDF et aux documents grand format. Et c'est là que tout se joue.\r\n\r\nQuiconque a déjà tenté de lire un PDF technique sur une liseuse 6 ou 7 pouces sait à quel point l'exercice est frustrant : on zoome, on déplace, on perd la mise en page, les schémas explosent en morceaux. Avec l'Elipsa 2E, un PDF A4 passe à l'écran à une taille parfaitement lisible, sans gymnastique. Les manuels techniques, les articles scientifiques, les supports de cours, les rapports d'entreprise : tout ce qui était pénible devient confortable. C'est moins spectaculaire que la couleur d'une Libra Colour, mais sur un usage professionnel ou étudiant intensif, le format change littéralement la nature de l'objet.\r\n\r\nLe stylet, atout central mais imparfait\r\n\r\nLe stylet est inclus dans la boîte. Détail qui n'a l'air de rien mais qui mérite d'être souligné, parce que l'usage prévu est clairement l'annotation directe sur les e-books et la prise de notes manuscrites. Pas de Kobo Stylus 2 à racheter en option, pas de configuration séparée : on déballe, on écrit.\r\n\r\nL'utilisation est exactement ce qu'on en attend. On peut surligner dans n'importe quel ePub, écrire dans la marge, créer des carnets vierges pour des notes manuscrites, dessiner des schémas à main levée. Tout ce qu'on griffonne reste dans le fichier, et point essentiel peut être ressorti ensuite. Le système prend en charge ePub, PDF, et accepte sans broncher les fichiers déposés par USB-C, Wi-Fi ou Bluetooth.\r\n\r\nMais il faut être honnête : la sensation d'écriture n'est pas au niveau de ce que proposent les meilleurs concurrents. eWritable est même cinglant, qualifiant l'expérience tactile d'« horrible » et pointant le choix par Kobo du protocole Microsoft Pen Protocol (MPP 2.0) plutôt que la technologie Wacom qui équipe le ReMarkable 2 et reste la référence du secteur. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Que la pointe glisse un peu trop sur le verre, qu'il manque cette résistance subtile qui fait penser au crayon sur papier, et qu'à très haute vitesse d'écriture la latence devient perceptible. Pour quelqu'un qui annote ses lectures, surligne, prend des notes ponctuelles, c'est largement suffisant. Pour quelqu'un qui veut remplacer son carnet Moleskine en cours magistral et écrire trois pages d'affilée à vitesse normale, ce sera frustrant.\r\n\r\nC'est une différence de positionnement, pas un défaut technique grave : l'Elipsa 2E est d'abord une liseuse qui annote, pas un cahier qui sait aussi lire.\r\n\r\nL'export des annotations, ce qui fait vraiment la différence\r\n\r\nC'est probablement le point sur lequel Kobo creuse l'écart avec ses concurrents, et notamment avec le Kindle Scribe. Le manuel officiel explique qu'on peut exporter ses annotations sous forme de fichier .txt et le récupérer sur son ordinateur, mais en réalité l'écosystème va plus loin : les PDF annotés ressortent avec les annotations intégrées à la page, prêts à être imprimés ou partagés.\r\n\r\nCe flux, en apparence banal, change tout pour qui travaille sérieusement avec ses lectures. Un étudiant peut annoter ses cours et imprimer la version surlignée pour les révisions. Un enseignant peut corriger des copies en PDF et renvoyer le fichier annoté à l'élève. Un consultant peut lire un rapport, le commenter en marge, le réintégrer dans sa documentation projet. Aucune annotation perdue, aucune resaisie. Là où Kindle Scribe limite encore largement l'export de ses annotations, Kobo joue le jeu de l'ouverture.\r\n\r\nLe talon d'Achille : l'entrée des fichiers\r\n\r\nC'est ici que l'Elipsa 2E montre ses limites les plus tangibles, et il faut le savoir avant d'acheter. Contrairement à Kindle, il n'existe pas d'adresse e-mail officielle « envoyer à ma liseuse » : il faut transférer les fichiers manuellement, par USB ou via un service tiers comme Dropbox. Pour qui s'envoie régulièrement des articles ou des e-books depuis son ordinateur ou son téléphone, ce manque crée une vraie friction quotidienne.\r\n\r\nLes workarounds existent, à condition d'accepter de mettre un peu les mains dans le moteur. Un projet open source baptisé KoboMail propose un système d'envoi par e-mail pour certaines Kobo, et plus intéressant encore, un daemon Nextcloud-Kobo permet de synchroniser automatiquement un dossier Nextcloud via WebDAV vers la liseuse. C'est ouvert, c'est élégant, ça respecte le principe d'auto-hébergement mais ce n'est pas du plug and play. Il faut un serveur Nextcloud opérationnel, savoir configurer une connexion WebDAV, et accepter que l'installation se fasse dans le dossier du système Kobo. Bref, c'est superbe pour qui maîtrise déjà son infrastructure ; c'est rédhibitoire pour qui veut juste une solution clé en main.\r\n\r\nSur ce point précis, Kobo et Amazon proposent deux philosophies opposées : le confort immédiat d'un écosystème fermé contre la liberté d'un écosystème ouvert mais exigeant. À vous de voir où vous vous situez.\r\n\r\nPour qui ce produit a-t-il du sens ?\r\n\r\nL'Elipsa 2E est faite pour vous si vous lisez beaucoup de documents grand format PDF techniques, cours universitaires, rapports professionnels, partitions et si l'idée d'annoter ces documents fait partie intégrante de votre flux de travail. Elle est faite pour vous si vous voulez un objet unique au lieu de jongler entre une liseuse classique et un cahier papier. Elle est faite pour vous, aussi, si vous avez déjà (ou êtes prêt à monter) un Nextcloud ou un Dropbox pour synchroniser vos fichiers proprement.\r\n\r\nElle ne l'est pas si votre priorité est la prise de notes manuscrite intensive et fluide : sur ce terrain, un ReMarkable 2 ou un Supernote restent supérieurs. Elle ne l'est pas non plus si vous attendez le confort de l'envoi par e-mail à la Kindle, ou si l'idée d'installer un plugin communautaire pour combler un manque officiel vous donne de l'urticaire. Et elle est sans doute disproportionnée si vous lisez essentiellement des romans : à ce moment-là, une Clara BW à 150 vous donnera plus de plaisir, dans un format de poche.\r\n\r\nMon avis\r\n\r\nL'Elipsa 2E est un produit ambitieux qui réussit l'essentiel et trébuche sur quelques détails finalement révélateurs. L'essentiel, c'est le format, la qualité de l'écran, l'export des annotations, l'ouverture du système et l'autonomie typique d'une liseuse autant de raisons qui en font la meilleure proposition du marché pour un usage documentaire sérieux à ce niveau de prix.\r\n\r\nLes détails, ce sont le ressenti perfectible du stylet et l'absence d'un système d'entrée des fichiers digne de 2026. Kobo aurait pu intégrer nativement WebDAV ça lui coûterait à peu près rien et opter pour une dalle Wacom ça lui coûterait plus cher mais lui ferait gagner une catégorie entière d'utilisateurs. À la place, on hérite d'un produit excellent à 80 %, et qui demande qu'on accepte ses zones grises sur les 20 % restants.\r\n\r\nPour qui cherche un véritable cahier A4 numérique sans basculer dans une tablette Android Onyx plus chère, plus complexe, et au confort de lecture moindre l'Elipsa 2E reste, à mes yeux, le meilleur compromis du moment. Pas le produit parfait. Le meilleur compromis. Ce n'est pas la même chose, et c'est très bien aussi."},{"uuid":"586c5ab7-e960-465b-b499-83e0209890fe","slug":"quand-alt-ne-repond-plus-anatomie-d-un-bug-clavier-sous-gnome-wayland","title":"Quand Alt ne répond plus : anatomie d'un bug clavier sous GNOME/Wayland","category":"informatique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.png","published":true,"published_at":"2026-05-25 07:27","created_at":"2026-05-12 13:35:47","updated_at":"2026-05-12 13:40:34","tags":[],"plain":"Comment une option de clavier a priori anodine peut désactiver Alt+Tab, Alt+F4 et tous les raccourcis Alt et comment diagnostiquer ce genre de problème de façon méthodique.\r\n\r\nLe symptôme\r\n\r\nUn beau matin, les raccourcis clavier ne répondent plus. Pas tous : seulement ceux qui utilisent la touche Alt gauche.\r\nne change plus de fenêtre\r\nne ferme plus l'application active\r\nDans un terminal, les raccourcis (édition de ligne readline, raccourcis dans une applicaiton, navigation tmux) restent sans effet\r\nLa touche AltGr (Alt droite), elle, fonctionne toujours : on peut taper , , , les caractères normalement obtenus via Alt droite sur un clavier français azerty\r\n\r\nPremier réflexe naturel : « Le clavier est cassé ». Sauf que la touche physique répond bien elle ne déclenche simplement plus ce qu'on attend d'elle.\r\n\r\nComprendre ce qui se passe (sans connaître Linux par cœur)\r\n\r\nPour saisir le bug, il faut comprendre un détail qu'on ignore généralement : une touche physique du clavier et la fonction qu'elle déclenche sont deux choses différentes.\r\n\r\nQuand on appuie sur la touche marquée « Alt » à gauche du clavier, le système reçoit d'abord un signal matériel un code brut, sous Linux. Ce signal est ensuite traduit en une fonction logique par une couche logicielle appelée xkb (X Keyboard Extension). C'est xkb qui décide que signifie « modificateur Alt gauche » (le fameux ).\r\n\r\nMais xkb peut être configuré pour faire autre chose de ce même signal. Et c'est exactement ce qui s'était passé ici. Une option xkb nommée indiquait à la couche de traduction :\r\n« Quand tu reçois , ne génère pas . Génère à la place. »\r\n\r\n, c'est le nom technique de AltGr : la touche modificatrice qui permet d'accéder au « troisième niveau » d'une touche (le au-dessus du , le au-dessus du , etc.). En clair, l'option transformait Alt gauche en un deuxième AltGr.\r\n\r\nConséquence : du point de vue des applications, personne n'appuie jamais sur Alt. Le gestionnaire de fenêtres (mutter, dans GNOME) attend un événement qui ne vient jamais ; le terminal attend un préfixe Alt qui ne vient jamais non plus ; AltGr fonctionne toujours parce que c'est lui le « vrai » Level 3 Shift sur azerty, par défaut.\r\n\r\nC'est l'analogie d'un interrupteur dont on aurait inversé deux fils dans le mur : l'interrupteur marche, mais il commande une autre lampe.\r\n\r\nLa cause exacte\r\n\r\nSous GNOME, les options xkb sont stockées dans la base de configuration dconf, accessible via la commande . La clé concernée :\r\n\r\n\r\n\r\nSur le système concerné, la commande retournait :\r\n\r\n\r\n\r\nD'où venait cette option ? Plusieurs hypothèses plausibles :\r\nSélectionnée par erreur dans Paramètres Clavier Options de disposition lors d'une configuration ancienne\r\nImportée depuis une ancienne machine via la synchronisation du profil\r\nActivée par un script ou un outil de personnalisation (GNOME Tweaks, dconf-editor)\r\nHéritée d'une habitude QWERTY où certains préfèrent un second AltGr à gauche\r\n\r\nSur un clavier français azerty, cette option n'a aucun intérêt pratique : AltGr est déjà sur la touche Alt droite, là où l'index droit peut l'atteindre naturellement. Ajouter un second AltGr sur la touche Alt gauche revient à perdre Alt sans gagner quoi que ce soit.\r\n\r\nLe diagnostic, étape par étape\r\n\r\nVoici la séquence de commandes pour confirmer le problème utile à mémoriser parce qu'elle s'applique à tout symptôme similaire sur GNOME/Wayland.\r\n\r\n1. Confirmer l'environnement de session. Les commandes qui suivent supposent GNOME sous Wayland ; sous X11 ou KDE, le diagnostic diffère.\r\n\r\n\r\n\r\n2. Inspecter les options xkb. C'est le test diagnostic principal pour ce genre de panne.\r\n\r\n\r\n\r\nSi la sortie n'est pas (liste vide) ou une option clairement intentionnelle, on tient probablement le coupable. Les options les plus susceptibles de casser des raccourcis :\r\n transforme Alt gauche en AltGr (le cas présent)\r\n échange Alt et Super (la touche Windows)\r\n échange Caps Lock et Échap (anodin pour Alt, mais peut surprendre)\r\n, transforment Caps Lock en Ctrl\r\n\r\n3. Vérifier que les raccourcis WM sont bien définis. Cela permet d'éliminer une mauvaise piste : si ne marchait pas parce que le raccourci avait été effacé, ce serait visible ici.\r\n\r\n\r\n\r\nLa sortie attendue est ou équivalent. Si y figure, le gestionnaire de fenêtres est correctement configuré la panne est ailleurs.\r\n\r\n4. Vérifier les options d'accessibilité. Les touches rémanentes (StickyKeys), touches lentes (SlowKeys) ou touches rebonds (BounceKeys) peuvent provoquer des comportements clavier surprenants quand elles sont activées par erreur.\r\n\r\n\r\n\r\nToutes les trois doivent normalement renvoyer sauf besoin spécifique.\r\n\r\n5. Tester au niveau matériel si rien d'autre n'explique. Si toutes les vérifications logicielles sont propres, on vérifie que la touche envoie bien un signal au noyau :\r\n\r\n\r\n\r\nL'outil demande de choisir un périphérique (le clavier), puis affiche en direct chaque événement reçu. En appuyant sur Alt gauche, une ligne contenant doit apparaître. Si rien ne s'affiche, le problème est matériel ou dans le pilote ce qui sort du cadre de cette fiche.\r\n\r\nLa correction\r\n\r\nUne seule commande suffit dans le cas présent :\r\n\r\n\r\n\r\nL'effet est immédiat : mutter recharge la configuration clavier à la volée, sans qu'on ait besoin de fermer sa session. Si pour une raison ou une autre l'effet ne se voit pas (vieux processus qui a mis en cache la configuration, terminal récalcitrant), une déconnexion/reconnexion de la session GNOME suffit à tout réinitialiser.\r\n\r\nPour vérifier que la valeur est bien revenue à vide :\r\n\r\n\r\n\r\nEt si on voulait vraiment garder l'option ?\r\n\r\nPour information, la commande inverse est :\r\n\r\n\r\n\r\nÀ réserver aux cas où l'on tape énormément de caractères de troisième niveau de la main gauche et où on accepte de perdre Alt+Tab.\r\n\r\nLa méthode à retenir, au-delà de ce bug précis\r\n\r\nL'intérêt de cette fiche n'est pas tant la solution une ligne de commande que la logique de diagnostic. Quand une touche cesse de fonctionner sous Linux, on remonte la chaîne des responsabilités, du plus haut niveau au plus bas :\r\n\r\n1. Le gestionnaire de fenêtres a-t-il bien le raccourci ? ()\r\n2. Les options d'accessibilité ne brouillent-elles pas la frappe ? ()\r\n3. La couche xkb traduit-elle correctement la touche en modificateur ? ()\r\n4. Le noyau reçoit-il un signal matériel quand on appuie ? ()\r\n\r\nÀ chaque étage, une commande, une sortie attendue, et un verdict clair. La grande force de Linux dans ce genre de situation, c'est que chaque couche est inspectable séparément. Le réflexe à acquérir n'est pas « ça ne marche pas, je redémarre » mais « ça ne marche pas, je trouve quelle couche ment ».\r\n\r\nChecklist mémo\r\n\r\nModificateur (Alt / Super / Ctrl) qui ne répond plus sous GNOME/Wayland :\r\n\r\n1. surveiller , , , \r\n2. confirmer que le raccourci existe\r\n3. (puis , )\r\n4. choisir le clavier presser la touche doit afficher le bon code (, , etc.)\r\n\r\nQuatre commandes, quatre couches, et 95 % des bugs clavier de session graphique sont localisés."}]