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[{"uuid":"96eaaeb7-e04f-472d-b4ed-37ffbdae945f","slug":"relever-temperature-cpu-gpu","title":"Relever la température dans la GPU et le CPU d'un Raspberry Pi","category":"Électronique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2020-04-17 20:51:11","created_at":"2020-04-17 20:51:11","updated_at":"2020-04-17 20:51:11","tags":[],"plain":"Il est judicieux de connaître la température du processeur et de la puce graphique afin de ne pas endommager votre Raspberry Pi. La température maximale est de 80 °C, au delà de 93 °C les composants peuvent subir des dommages irréversibles. Le pire ? Griller votre carte ! Voici mes tests réalisés avec un Raspberry Pi 4. Fondamentaux\nLa température de la GPU est accessible depuis la commande et le paramètre : La température du processeur est stocké dans le fichier , exprimée en millième de °C : Pour afficher la valeur en °C, il faut effectuer une division par 1000 de la valeur contenue dans : Script évolué\nLe script ci-dessous affiche la température de la GPU et du CPU. Pour rendre exécutable le code : Pour afficher toutes les secondes, les informations rafraîchies : Exemple d'execution : Biblio\nHow to find out Raspberry Pi GPU and ARM CPU temperature on Linux lm-sensors does not detect integrated temperature sensor on Raspberry Pi"},{"uuid":"da406813-bf15-4f4e-a700-2752550224bb","slug":"quand-la-3g-suffisait-et-qu-on-vous-fait-basculer","title":"Quand la 3G suffisait… et qu’on vous fait basculer","category":"télécom","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2025-11-05 08:38:25","created_at":"2025-11-05 08:38:25","updated_at":"2025-11-05 08:38:25","tags":[],"plain":"Une plongée scientifique et technologique dans l’évolution des réseaux mobiles et la stratégie des opérateurs.\r\n--\r\n\r\nIntroduction\r\nEn 2015, votre 3G suffisait pour le télétravail, la visioconférence et le streaming léger. Aujourd’hui, même pour un simple email, certaines zones semblent plus lentes qu’avant.\r\n\r\nL’histoire des télécommunications mobiles est jalonnée de révolutions techniques. Chaque génération de réseau – de la 2G à la 5G – a apporté des débits supérieurs, des latences réduites et de nouveaux usages. Pourtant, derrière la façade technologique, une stratégie commerciale se dessine : la migration forcée des utilisateurs vers les nouvelles générations. Ce dossier examine comment la 3G, la 4G et la 5G se succèdent, comment les opérateurs orchestrent le passage d’une technologie à l’autre, et quels impacts cela a sur l’expérience utilisateur.\r\n--\r\n\r\nLa 3G : une technologie encore performante… bridée par les opérateurs\r\n\r\nDéfinition et usages\r\n\r\nLa 3G (UMTS/HSPA) a marqué un saut qualitatif par rapport à la 2G. Développée à la fin des années 1990 et déployée massivement à partir de 2004, elle permettait :\r\n\r\n des débits théoriques de 384 kbit/s jusqu’à 42 Mbit/s pour les variantes HSPA+ ;\r\n des applications comme le surf web, la messagerie instantanée, les appels VoIP et la visioconférence légère ;\r\n une latence moyenne de 150–200 ms, suffisante pour la plupart des usages bureautiques.\r\n\r\nPour l’utilisateur lambda, la 3G suffisait amplement. Pourtant, à partir de 2016–2017, certains opérateurs ont commencé à réduire volontairement les performances.\r\n\r\nExemple concret : Free Mobile\r\n\r\nFree Mobile, en itinérance sur le réseau Orange, a progressivement bridé les débits 3G :\r\nAnnée | Débit descendant | Débit montant |\r\n----- | ---------------- | ------------- |\r\n2016 | 5 Mbit/s | 0,5–1 Mbit/s |\r\n2017 | 1 Mbit/s | 0,5 Mbit/s |\r\n2019 | 768 kbit/s | 384 kbit/s |\r\n2020 | 384 kbit/s | 384 kbit/s |\r\nSource : 01net – Free Mobile et bridage 3G\r\n\r\nLes utilisateurs constatent alors que leur expérience, auparavant fluide, devient frustrante : ralentissement du web, vidéos qui ne se chargent pas correctement, visioconférences de qualité médiocre.\r\n\r\nPourquoi un bridage ?\r\n\r\nLe bridage de la 3G s’explique par plusieurs facteurs :\r\n\r\n1. Refarming du spectre : libérer les fréquences 900/1800/2100 MHz pour la 4G et la 5G ;\r\n2. Coût d’entretien : maintenir un réseau 3G coûteux pour des utilisateurs minoritaires n’est plus rentable ;\r\n3. Incitation à migrer : les abonnés passent naturellement aux nouvelles technologies pour profiter de meilleurs débits.\r\n\r\nSchéma suggéré : flux de données et coût par bit en 3G vs 4G.\r\n--\r\n\r\nLa 4G : la révolution nécessaire\r\n\r\nDéfinition technique\r\n\r\nLa 4G, ou LTE (Long Term Evolution), est une avancée majeure :\r\n\r\n Débits théoriques : 100 Mbit/s → 1 Gbit/s ;\r\n Latence : 30–50 ms ;\r\n Architecture optimisée : eNodeB remplace le contrôleur RNC de la 3G pour réduire les goulots d’étranglement ;\r\n Utilisations : streaming HD, cloud computing, jeux en ligne, IoT.\r\nLa 4G a donc transformé l’expérience mobile et a rendu certaines limitations 3G plus visibles que jamais.\r\n\r\nStratégies de migration\r\n\r\nLes opérateurs incitent à la migration par :\r\n\r\n le bridage des anciennes générations ;\r\n la publicité sur les débits 4G/5G ;\r\n le lancement de forfaits “4G-only”.\r\nOpérateur | 3G moyen (Mbit/s) | 4G moyen (Mbit/s) |\r\n--------- | ----------------- | ----------------- |\r\nFree | 0,384 | 50–150 |\r\nOrange | 0,5–1 | 60–200 |\r\nSFR | 0,5 | 50–150 |\r\nBouygues | 0,5 | 50–150 |\r\nGraphique suggéré : part des abonnés 4G vs 3G (2015–2025).\r\n--\r\n\r\nLa 5G : promesse et réalité\r\n\r\nLes promesses\r\n\r\n Débits : 100 Mbit/s → 10 Gbit/s selon fréquence et densité d’antennes ;\r\n Latence ultra faible : 1–10 ms ;\r\n Fréquences : 700 MHz → 26 GHz (mmWave) ;\r\n Usages : cloud gaming, véhicules autonomes, IoT à grande échelle.\r\n\r\nL’expérience utilisateur\r\n\r\nMême scénario qu’avec la 3G : certaines zones restent en 4G bridée, incitant les utilisateurs à passer à la 5G. La promesse de la 5G ne se réalise pleinement que dans les zones très denses ou les zones pilotes.\r\n\r\nSchéma suggéré : architecture 4G vs 5G.\r\n--\r\n\r\nConséquences pour l’utilisateur\r\n\r\n Scénarios pratiques : visioconférence, streaming, cloud computing, IoT ;\r\n Expérience variable selon réseau : frustration sur 3G bridée, fluidité sur 4G/5G ;\r\n Témoignages utilisateurs : Reddit, forums français, témoignages directs.\r\n“Dès qu’on tombe en 3G, rien ne charge correctement… le réseau est volontairement dégradé.” – Reddit\r\n--\r\n\r\nSynthèse scientifique\r\nGénération | Débit théorique | Latence | Couverture | Usages possibles | Coût par bit | Bridage existant |\r\n---------- | ---------------------- | ---------- | ---------- | -------------------------------------- | ------------ | ---------------------- |\r\n3G | 384 kbit/s → 42 Mbit/s | 150–200 ms | Très large | Email, surf, visio légère | Élevé | Itinérance bridée Free |\r\n4G | 100 Mbit/s → 1 Gbit/s | 30–50 ms | Large | Streaming HD, jeux, cloud | Moyen | Bridage minoritaire |\r\n5G | 100 Mbit/s → 10 Gbit/s | 1–10 ms | Variable | IoT, cloud gaming, véhicules autonomes | Faible | Pas encore |\r\nLe bridage apparaît comme une stratégie commerciale autant qu’une conséquence technique, visant à préparer l’utilisateur à migrer vers de nouvelles technologies.\r\n--\r\n\r\nPerspectives et conseils\r\n\r\n Vérifier la couverture et la technologie disponible selon votre zone ;\r\n Questionner son opérateur :\r\n\r\n 1. Suis-je sur le réseau propre ou en itinérance ?\r\n 2. Quels sont les débits effectifs en 3G et 4G ?\r\n 3. Quand la 3G sera-t-elle désactivée ?\r\n Anticiper le passage à la 5G pour certains usages exigeants (IoT, cloud gaming, télétravail intensif).\r\nVous pouvez encore profiter de votre 3G… mais à quel prix ?\r\n--\r\n\r\nRéférences principales\r\n\r\n1. 01net – Free Mobile et bridage 3G\r\n2. Univers Freebox – Bridage 3G\r\n3. ARCEP – Gestion spectre et couverture\r\n4. Free Mobile – Fiche information standardisée 2020 (PDF)"},{"uuid":"3f750a3a-fad0-4089-98e5-79c8b4287ea2","slug":"esp8266ex-restore-commandes-at","title":"Réinitialisation d'un ESP-01 : restauration du firmware AT","category":"Électronique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2020-12-13 14:35","created_at":"2020-12-13 14:35:26","updated_at":"2026-05-13 18:15:11","tags":[],"plain":"Introduction\r\n\r\nL'ESP-01 est un petit module Wi-Fi très répandu, construit autour du microcontrôleur ESP8266EX fabriqué par Espressif. À sa sortie d'usine, il est livré avec un firmware (le programme interne du circuit) qui permet de le piloter à l'aide de commandes textuelles simples appelées commandes AT. Ce firmware peut être effacé ou corrompu, par exemple après avoir téléversé un programme Arduino ou MicroPython sur le module. Ce document explique comment remettre l'ESP-01 dans son état d'origine afin de retrouver l'usage des commandes AT.\r\n\r\nQuelques notions préalables\r\n\r\nAvant de commencer, il est utile de clarifier quelques termes.\r\n\r\nUn firmware est le logiciel embarqué dans un composant électronique. Contrairement à un programme installé sur un ordinateur, il s'écrit directement dans la mémoire flash du microcontrôleur et s'exécute au démarrage du circuit.\r\n\r\nUn fichier binaire (extension ) est le résultat de la compilation d'un code source écrit dans un langage évolué, généralement le C. Une fois compilé, le fichier ne contient plus que des instructions destinées au processeur, illisibles directement par un humain. Il n'est pas nécessaire de les modifier : ils se téléversent tels quels dans le microcontrôleur.\r\n\r\nLa mémoire flash de l'ESP8266EX est divisée en zones. Chaque binaire doit être écrit à une adresse mémoire précise, sans quoi le module ne saura pas où trouver le code à exécuter au démarrage. Sur l'ESP-01, la mémoire est généralement organisée en 512k + 512k, ce qui signifie que la flash totale de 8 Mbit (1 Mo) est partagée en deux zones de 512 ko : l'une pour le programme actif, l'autre réservée aux mises à jour à distance (OTA).\r\n\r\nÉtape 1 — Télécharger le firmware AT officiel\r\n\r\nLe firmware est mis à disposition par Espressif sur son site officiel :\r\n\r\nhttps://www.espressif.com/en/products/socs/esp8266ex/resources\r\n\r\n\r\n\r\nDans la section , choisir la version ou plus récente. L'archive ZIP téléchargée contient plusieurs binaires destinés à l'ESP8266EX.\r\n\r\nQuatre fichiers sont particulièrement importants :\r\nbootv1.7.bin — le chargeur de démarrage (bootloader), premier programme exécuté à la mise sous tension ;\r\nuser1.1024.new.2.bin — le programme AT proprement dit, qui interprète les commandes envoyées par la liaison série ;\r\nespinitdatadefaultv08.bin — les données d'initialisation (paramètres radio, calibration) ;\r\nblank.bin — un fichier rempli de zéros, utilisé pour réinitialiser certaines zones de la flash.\r\n\r\nUne copie de ces binaires pour la configuration ESP8266EX 512k+512k est disponible ici :\r\n\r\nhttps://gitlab.com/cedricAbonnel/esp/-/tree/master/esp01/esp8266exatbin\r\n\r\nÉtape 2 — Identifier le port série de l'ESP-01\r\n\r\nL'ESP-01 ne se connecte pas directement à un port USB : il faut passer par un adaptateur USB-série (souvent un module FTDI ou CH340). Une fois branché, l'ordinateur expose ce périphérique sous la forme d'un fichier dans .\r\n\r\nPour repérer ce fichier, exécuter dans un terminal :\r\n\r\n\r\n\r\nParmi les entrées affichées, celle qui nous intéresse est généralement /dev/ttyUSB0 (parfois si plusieurs adaptateurs sont branchés, ou selon le modèle).\r\n\r\nUne astuce utile : exécuter la commande une première fois sans l'adaptateur, puis une seconde fois après l'avoir branché. La nouvelle entrée qui apparaît est celle du module.\r\n\r\nÉtape 3 — Préparer le téléversement avec esptool.py\r\n\r\nesptool.py est l'outil officiel d'Espressif, écrit en Python, qui permet de communiquer avec la mémoire flash de l'ESP8266EX. S'il n'est pas déjà installé, on peut l'obtenir via :\r\n\r\n\r\n\r\nAvant le téléversement, l'ESP-01 doit être placé en mode programmation : la broche GPIO0 doit être reliée à la masse (GND) au moment de la mise sous tension. Sans cette manipulation, le module démarre normalement et refuse l'écriture en flash.\r\n\r\nÉtape 4 — Téléverser les binaires\r\n\r\nLa commande suivante écrit les quatre binaires aux bonnes adresses mémoire :\r\n\r\n\r\n\r\nDécortiquons les options :\r\nindique le port série identifié à l'étape précédente ;\r\nest la sous-commande d'écriture en mémoire flash ;\r\nprécise le mode d'accès à la flash (Quad I/O, le plus rapide, supporté par l'ESP-01).\r\n\r\nChaque valeur hexadécimale (, , etc.) qui précède un nom de fichier indique l'adresse mémoire à laquelle l'écriture doit commencer. La table de correspondance officielle pour une flash de 8 Mbit organisée en 512k+512k est la suivante :\r\n\r\n\r\n\r\nL'adresse correspond aux paramètres système, et à la zone RF système : les remplir de zéros () garantit un démarrage propre.\r\n\r\nSi tout se passe bien, esptool affiche la progression du téléversement et confirme la réussite de l'opération. C'est le moment d'apprécier le travail accompli :\r\n\r\n\r\n\r\nÉtape 5 — Vérifier le bon fonctionnement\r\n\r\nAprès le téléversement, retirer la connexion entre GPIO0 et la masse, puis redémarrer le module. Ouvrir une console série (par exemple avec , ou la console série de l'IDE Arduino) à la vitesse 115200 bauds :\r\n\r\n\r\n\r\nTaper la commande suivie d'un retour à la ligne. Le module doit répondre . La commande retourne la version du firmware installé, ce qui permet de confirmer la réussite de la réinitialisation.\r\n\r\n\r\n\r\nEn cas de problème\r\n\r\nQuelques pistes si la procédure échoue :\r\nAucune réponse d'esptool : vérifier que GPIO0 est bien reliée à GND au moment de l'alimentation, et que l'adaptateur USB-série fournit assez de courant (l'ESP-01 demande des pics jusqu'à 300 mA).\r\nRéponses illisibles dans la console série : la vitesse par défaut a pu changer selon la version du firmware. Essayer 9600, 74880 ou 115200 bauds.\r\nErreur de checksum ou de mode flash** : essayer à la place de , certains clones d'ESP-01 ne supportent pas le mode Quad I/O.\r\n\r\nConclusion\r\n\r\nCette procédure restaure un ESP-01 dans son état d'origine, prêt à recevoir des commandes AT depuis n'importe quel système capable de dialoguer en série : ordinateur, Arduino, Raspberry Pi, etc. Elle constitue également un bon exercice d'introduction aux notions de firmware, de mémoire flash et de programmation bas-niveau des microcontrôleurs."},{"uuid":"7af79dd4-67d9-4516-a67b-06c2e569eaea","slug":"test-kobo-libra-colour","title":"Kobo Libra Colour : la liseuse qui voulait devenir un carnet","category":"loisirs","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.jpg","published":true,"published_at":"2025-11-09 12:03","created_at":"2025-11-09 12:03:56","updated_at":"2026-05-12 01:41:02","tags":[],"plain":"Prix indicatif : environ 229 €. Écran 7 pouces E-Ink Kaleido 3 couleur, stylet en option (Kobo Stylus 2).\r\n\r\nUne catégorie qui s'était endormie\r\n\r\nCela fait presque dix ans que les liseuses se ressemblent. Un écran noir et blanc, un éclairage frontal réglable, une autonomie de plusieurs semaines, et basta. Le progrès s'est concentré sur des détails : un peu plus de contraste, un peu moins de poids, un éclairage légèrement plus chaud le soir. Les constructeurs avaient apparemment décidé qu'un livre numérique devait imiter le plus fidèlement possible un livre de poche, et qu'il n'y avait pas grand-chose d'autre à inventer.\r\n\r\nLa Kobo Libra Colour prend l'exact contre-pied de cette prudence. Elle est la première Kobo de 7 pouces à embarquer le nouvel écran E-Ink Kaleido 3, qui affiche enfin de la couleur sans renoncer au confort de la lecture sur encre électronique. Et surtout, elle est compatible avec un stylet, le Kobo Stylus 2, vendu séparément. La promesse tient en trois verbes : lire, annoter, prendre des notes. Sans devenir une tablette, sans bouffer la batterie en quelques heures, sans bombarder l'utilisateur de notifications.\r\n\r\nEn main, l'objet inspire confiance. 199 grammes seulement, un poids très bien réparti, et cette poignée latérale typique de la gamme Libra qui change vraiment la prise — on tient la liseuse à une main pendant des heures sans crispation, le pouce posé sur les deux boutons physiques de tournage de page. Détail qui en dit long sur la philosophie du produit : ces boutons sont là pour qu'on n'ait pas besoin de toucher l'écran. La liseuse veut rester une liseuse.\r\n\r\nUn écran couleur qui sert enfin à quelque chose\r\n\r\nLa technologie Kaleido 3 mérite quelques mots d'explication, parce qu'elle est souvent mal comprise. Ce n'est pas un écran LCD comme sur une tablette : il n'y a pas de rétroéclairage direct, donc pas d'émission lumineuse agressive dans les yeux, et la lisibilité reste excellente en plein soleil — là où n'importe quel iPad devient inutilisable. Le principe est celui de l'encre électronique classique, surmonté d'une fine couche de filtres colorés qui restituent environ 4 000 couleurs.\r\n\r\nLa contrepartie, il faut la connaître avant d'acheter : la résolution en couleur est nettement plus basse qu'en noir et blanc, et on perçoit légèrement la trame des filtres si on cherche le défaut. Les rouges sont un peu ternes, les bleus corrects, les verts inégaux. Personne ne lira de bande dessinée Marvel sur cet écran en se disant \"c'est aussi beau qu'imprimé\".\r\n\r\nMais c'est passer à côté de l'essentiel. Pour la première fois, la couleur sur une liseuse n'est pas un gadget : c'est un outil. Les cartes deviennent vraiment lisibles, les schémas techniques retrouvent leur logique de codage couleur, les manuels gagnent en clarté. Et surtout, le surlignage — jaune, rose, vert, bleu — fonctionne comme sur papier. On peut enfin différencier ce qu'on veut retenir, ce qu'on conteste, ce qu'on veut creuser. C'est bête à dire, mais après des années à surligner en \"gris foncé\" sur fond gris clair, l'effet est libérateur.\r\n\r\nLe stylet, où la liseuse change de nature\r\n\r\nC'est avec le Kobo Stylus 2 que la Libra Colour révèle ce qu'elle a vraiment dans le ventre. Vendu en option (et c'est dommage, à ce prix-là), il transforme l'usage. On peut annoter directement dans les PDF et les ePub, surligner à la main plutôt qu'avec une sélection à deux doigts, écrire dans des carnets intégrés au système, et synchroniser tout ça via Dropbox ou par câble USB.\r\n\r\nLe point qui fait la différence, et qu'on cherche en vain sur la plupart des concurrents : les PDF annotés sont exportables tels quels. Quand on récupère son fichier, les coups de surligneur, les notes manuscrites dans la marge, les flèches griffonnées — tout est intégré à la page comme si on l'avait fait au stylo. On en sort un PDF qu'on peut imprimer, archiver, partager. Pour un étudiant qui annote ses cours, un enseignant qui corrige des copies au format numérique, un professionnel qui relit des dossiers : c'est exactement ce qu'on attendait depuis des années.\r\n\r\nFaut-il s'attendre à la sensation d'une tablette graphique haut de gamme ? Non. La latence est faible mais perceptible, le frottement du stylet sur le verre n'a pas la résistance d'un Remarkable 2 (qui reste la référence pour le ressenti \"crayon sur papier\"). Mais c'est crédible, fluide, suffisant pour écrire pendant une heure sans frustration.\r\n\r\nCe qui en fait toujours une excellente liseuse, par ailleurs\r\n\r\nOn l'oublierait presque tellement le stylet capte l'attention, mais la Libra Colour reste avant tout une liseuse Kobo, c'est-à-dire ce que la marque fait de mieux. Lecture native des fichiers ePub sans passer par une conversion absurde, intégration de Pocket pour envoyer en un clic les articles longs du web vers la liseuse, librairie intégrée qui inclut désormais les BD en couleur achetables directement.\r\n\r\nEt — point essentiel pour qui se méfie des écosystèmes fermés — aucun verrou Amazon. On charge ses propres fichiers sans gymnastique, on installe KOReader si on veut un lecteur alternatif, on lit ses bibliothèques publiques via Overdrive. La liseuse appartient à son propriétaire.\r\n\r\nLe contraste en noir et blanc reste très correct malgré la couche de filtres couleur — légèrement inférieur à une liseuse pure N&B comme la Clara BW, mais largement suffisant pour la lecture confortable. L'éclairage frontal est homogène, sans points chauds, et le ConfortLight PRO permet de glisser progressivement vers un ton ambré le soir, ce qui change réellement quelque chose pour la lecture nocturne.\r\n\r\nAutonomie : il faut être honnête\r\n\r\nC'est sans doute le point où il faut tempérer l'enthousiasme. Avec un usage mixte lecture et annotations, en gardant le Wi-Fi actif, on tient entre une et trois semaines selon l'intensité. C'est moins qu'une Clara classique qui peut atteindre six semaines, et bien plus qu'un iPad ou un Remarkable. La couleur et le stylet ont un coût énergétique, et la Libra ne fait pas de miracle. Cela reste totalement cohérent avec l'usage d'une liseuse — on ne la branche pas tous les soirs — mais ne tablez pas sur le mois entier en voyage si vous comptez prendre des notes copieuses.\r\n\r\nLe flux d'export, en pratique\r\n\r\nQuand on annote un PDF, le récupérer est simple : soit on connecte la Kobo à un ordinateur en USB et on copie le fichier exporté, soit on laisse la synchronisation Dropbox faire le travail en arrière-plan. Il n'y a pas d'impression directe depuis la liseuse — il faut passer par un ordinateur — mais aucune annotation n'est perdue dans la conversion. C'est un workflow qui demande deux clics, pas un projet en soi.\r\n\r\nComment elle se situe dans la gamme\r\n\r\nQuelques repères pour situer la Libra Colour face aux alternatives qu'on hésite souvent à comparer.\r\nModèle | Écran | Stylet | Export PDF annoté | À qui ça s'adresse |\r\n---|---|---|---|---|\r\nKobo Libra Colour | 7\" couleur Kaleido 3 | En option | Oui | Lecture quotidienne + annotations occasionnelles + couleur utile |\r\nKobo Sage | 8\" N&B | En option | Oui | Prise de notes plus sérieuse, format intermédiaire |\r\nKobo Elipsa 2E | 10,3\" N&B | Inclus | Oui | Remplacer un classeur A4, usage intensif des PDF techniques |\r\nKindle Scribe | 10,2\" N&B | Inclus | Export limité | Lecteurs déjà installés dans l'écosystème Kindle |\r\n\r\nPour qui veut une vraie planche à dessin numérique, l'Elipsa 2E reste plus indiquée — son grand format change la donne pour les schémas et les documents A4. Pour qui veut juste lire en N&B pour un budget contenu, la Clara BW suffit largement. Mais sur le créneau \"je lis beaucoup, j'aimerais annoter parfois, et la couleur me servirait pour mes manuels ou mes BD\", la Libra Colour est aujourd'hui la proposition la plus équilibrée du marché.\r\n\r\nMon avis\r\n\r\nLa Kobo Libra Colour n'est pas la meilleure liseuse possible dans chaque catégorie prise séparément. L'Elipsa 2E reste plus à l'aise sur les PDF complexes, la Clara BW pèse moins lourd dans la poche et coûte moins cher, le Remarkable 2 offre une meilleure sensation d'écriture. Mais c'est précisément ce qui fait sa force : c'est la liseuse qui en fait assez dans plusieurs domaines pour ne pas demander d'en posséder deux.\r\n\r\nPendant des années, on a dû choisir entre lire et annoter, entre voir des cartes en couleur et garder une bonne autonomie, entre payer 350 € pour une grande tablette E-Ink ou se contenter d'un noir et blanc rigide. La Libra Colour est le premier produit, à ma connaissance, à proposer un compromis qui ne ressemble pas à un compromis. À 229 €, ou autour de 290 € avec le stylet, c'est une vraie proposition de valeur pour qui lit beaucoup et travaille un peu sur ce qu'il lit.\r\n\r\nLa meilleure liseuse \"papier numérique\" polyvalente du moment, et de loin."},{"uuid":"cb93c086-4b6f-4c32-82a5-208adb14d0bf","slug":"esp8266-panorama-du-soc-des-modules-et-des-cartes-de-developpement","title":"ESP8266 : panorama du SoC, des modules et des cartes de développement","category":"Électronique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2022-01-28 10:47","created_at":"2022-01-28 10:47:26","updated_at":"2026-05-13 18:32:46","tags":[],"plain":"Présentation\r\n\r\nL'ESP8266 est un microcontrôleur économique intégrant nativement une interface Wi-Fi 2,4 GHz (IEEE 802.11 b/g/n) et une pile TCP/IP. Il est conçu et commercialisé par Espressif Systems, une société chinoise basée à Shanghai et présente à l'international (États-Unis, Inde, République tchèque, Brésil, Singapour).\r\n\r\nLancé fin 2014, l'ESP8266 a connu un succès très rapide grâce à un rapport prix / fonctionnalités sans précédent : pour quelques euros, il met à disposition un microcontrôleur 32 bits cadencé à 80 MHz et une connectivité Wi-Fi complète. Sa version la plus connue, l'ESP-01, est devenue la porte d'entrée standard vers l'IoT pour le grand public.\r\n\r\nLe SoC a depuis été complété par la famille ESP32 (cœur Xtensa LX6/LX7 dual-core, Bluetooth en plus du Wi-Fi), puis par les ESP32-Cx / ESP32-Sx / ESP32-Hx, mais l'ESP8266 reste massivement utilisé pour les projets simples et peu gourmands.\r\n\r\nTrois niveaux à ne pas confondre\r\n\r\nAvant d'entrer dans les spécifications, une clarification utile sur le vocabulaire — fréquemment mélangé dans la documentation amateur :\r\nNiveau | Définition | Exemples |\r\n---|---|---|\r\nSoC (System on Chip) | Le circuit intégré nu, vendu par Espressif. | ESP8266EX |\r\nModule | Un petit PCB qui embarque le SoC, sa flash, son antenne et un brochage standardisé. | ESP-01, ESP-12E, ESP-WROOM-02 |\r\nCarte de développement | Une carte plus large qui embarque un module + un USB-série + un régulateur + des boutons + des broches au pas standard. | NodeMCU, WeMos D1 mini, Adafruit HUZZAH |\r\n\r\nL'ESP-01 est donc un module (vendu par AI-Thinker), pas un SoC ni une carte de développement à proprement parler.\r\n\r\nSpécifications techniques du SoC ESP8266EX\r\n\r\nProcesseur\r\ncœur Tensilica Xtensa LX106, RISC 32 bits ;\r\ncadencé à 80 MHz par défaut, 160 MHz en mode overclock logiciel.\r\n\r\nMémoire\r\n32 Kio d'IRAM (instructions) ;\r\n32 Kio de cache d'instructions ;\r\n80 Kio de RAM utilisateur ;\r\n16 Kio de RAM système réservée à l'ETS ;\r\npas de ROM ni de flash interne : le code est chargé depuis une flash SPI externe (QSPI) pouvant atteindre 16 Mio, généralement comprise entre 512 Kio et 4 Mio sur les modules vendus.\r\n\r\nRadio Wi-Fi\r\nnorme IEEE 802.11 b/g/n (2,4 GHz uniquement) ;\r\nchiffrement WEP, WPA, WPA2 (mais pas WPA3) ;\r\nmodes station, point d'accès et mixte (STA+AP) ;\r\nbloc RF intégré (TR switch, balun, LNA, PA, matching network) — le module n'a besoin que de son antenne.\r\n\r\nPériphériques\r\n17 GPIO théoriques au niveau du SoC (mais beaucoup sont préemptées par la flash SPI ou non exposées sur les modules courants) ;\r\nSPI matériel ;\r\nI²C logiciel (bit-banging, pas de contrôleur dédié) ;\r\nI²S avec DMA ;\r\nUART matérielle complète sur des broches dédiées ; un second UART en émission seule peut être activé sur GPIO2 ;\r\nun ADC 10 bits unique, par approximations successives, lisible sur la broche TOUT/ADC0.\r\n\r\nAlimentation\r\ntension d'alimentation 3,0 à 3,6 V (nominal 3,3 V) ;\r\npics de courant pouvant atteindre environ 300 mA lors des émissions Wi-Fi.\r\n\r\nModules à base d'ESP8266\r\n\r\nDeux familles principales coexistent. AI-Thinker a inondé le marché avec la série « ESP-0x / ESP-1x », pendant qu'Espressif a publié sa propre gamme « ESP-WROOM » plus tardive.\r\n\r\nModules AI-Thinker\r\n\r\n\r\n\r\nAI-Thinker a produit une longue série de modules, qui se distinguent essentiellement par leur facteur de forme, leur antenne (PCB, céramique, IPEX), leur nombre de broches exposées et la taille de la flash soudée.\r\n\r\nLes plus connus :\r\nModule | Particularités |\r\n---|---|\r\nESP-01 | Le plus compact, 8 broches, antenne PCB, 1 Mo de flash sur les versions noires. Le plus économique, mais GPIO très limités. |\r\nESP-01S | Version améliorée de l'ESP-01, généralement 1 Mo de flash et LED câblée différemment. |\r\nESP-07 | 16 broches, antenne céramique + connecteur IPEX pour antenne externe, blindage RF. |\r\nESP-12E / ESP-12F / ESP-12S | Format SMD 22 broches, blindé, antenne PCB. Base de la quasi-totalité des cartes NodeMCU et WeMos. |\r\n\r\nLes autres références (ESP-02 à ESP-11, ESP-13, ESP-14) existent mais ont peu percé en pratique. La plupart sont aujourd'hui difficiles à trouver et n'ont pas d'intérêt particulier face aux ESP-12x.\r\n\r\nModules Espressif\r\n\r\n\r\n\r\nEspressif a publié sa propre gamme « WROOM » certifiée FCC/CE, souvent privilégiée pour les produits commerciaux :\r\nModule | Antenne |\r\n---|---|\r\nESP-WROOM-02 | PCB |\r\nESP-WROOM-02D | PCB (version révisée) |\r\nESP-WROOM-02U | Connecteur U.FL pour antenne externe |\r\nESP-WROOM-S2 | Variante avec SDIO |\r\n\r\nListe détaillée et historique des modules sur Wikipédia : <https://en.wikipedia.org/wiki/ESP8266>\r\n\r\nCartes de développement\r\n\r\nLes cartes de développement embarquent un module ESP8266 et tout le nécessaire pour démarrer immédiatement : convertisseur USB-série, régulateur 3,3 V, boutons RESET et FLASH, broches au pas de 2,54 mm, parfois LED utilisateur.\r\n\r\nNodeMCU\r\n\r\n\r\n\r\nLa carte la plus populaire de la famille. Elle existe en plusieurs révisions :\r\nv0.9 : module ESP-12, format « large » 47 mm de large ;\r\nv1.0 (DEVKIT v1.0) : module ESP-12E, USB-série CP2102, format normalisé ;\r\nv3 (« LoLin » et clones) : module ESP-12E ou ESP-12F, USB-série CH340. C'est la version la plus répandue, bien que la numérotation « v3 » soit purement commerciale (non officielle).\r\n\r\nLa carte expose la plupart des GPIO du module sous des noms D0 à D8 propres à NodeMCU, qui ne correspondent pas directement aux numéros GPIO de l'ESP8266. Une table de correspondance est indispensable :\r\nÉtiquette NodeMCU | GPIO ESP8266 |\r\n---|---|\r\nD0 | GPIO16 |\r\nD1 | GPIO5 |\r\nD2 | GPIO4 |\r\nD3 | GPIO0 |\r\nD4 | GPIO2 (LED interne) |\r\nD5 | GPIO14 |\r\nD6 | GPIO12 |\r\nD7 | GPIO13 |\r\nD8 | GPIO15 |\r\n\r\nWeMos D1 mini\r\n\r\nFormat compact (34 × 25 mm), module ESP-12F, USB-série CH340. Compatible mécaniquement avec un large écosystème de shields empilables (relais, OLED, batterie, capteur DHT…). C'est aujourd'hui la carte la plus utilisée pour des projets domotiques.\r\n\r\nAdafruit HUZZAH\r\n\r\nCarte haut de gamme avec module ESP-12E, régulateur 500 mA, niveau logique compatible avec une logique 5 V via résistances de pull-up. Idéale pour prototyper de manière fiable, mais plus chère et nécessite un FTDI externe sur la version sans USB.\r\n\r\nEspressif ESP-12E (module)\r\n\r\nLe module ESP-12E n'est pas une carte de développement à proprement parler : c'est le module SMD soudé sur la majorité des NodeMCU et WeMos. Son brochage est cependant utile à connaître lorsqu'on veut concevoir sa propre carte autour de lui.\r\n\r\n\r\n\r\nDOIT ESP-12F\r\n\r\nCarte de prototypage à base de module ESP-12F, comparable à une NodeMCU v3, parfois vendue sous le nom DOIT DevKit V1.\r\n\r\nPour aller plus loin\r\nL'ESP-01 : présentation et premiers pas\r\nPremier programme ESP-01 : afficher les informations système\r\nESP8266 : commandes AT\r\nDocumentation officielle Espressif : <https://www.espressif.com/en/products/socs/esp8266>\r\nArticle Wikipédia (en anglais), plus complet : <https://en.wikipedia.org/wiki/ESP8266>\r\n```"}] |