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[{"uuid":"ddb53aae-7214-4e3c-8af5-e42da60d8429","slug":"kobo-elipsa-2e-le-cahier-a4-numerique-qu-on-attendait-a-quelques-details-pres","title":"Kobo Elipsa 2E : le cahier A4 numérique qu'on attendait, à quelques détails près","category":"loisirs","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"cover.jpg","published":true,"published_at":"2025-11-09 12:07","created_at":"2025-11-09 12:07:00","updated_at":"2026-05-12 01:43:39","tags":[],"plain":"Une liseuse qui n'en est plus tout à fait une\r\n\r\nPendant longtemps, le marché des liseuses s'est tenu à une règle non écrite : une liseuse, c'est petit, c'est noir et blanc, c'est fait pour lire des romans dans le métro. Les tentatives de sortir de ce cadre — Sony DPT-RP1, Onyx Boox, ReMarkable — restaient soit confidentielles, soit positionnées comme des outils de prise de notes pure, sans véritable identité de liseuse. Avec l'Elipsa 2E, Kobo assume frontalement l'hybridation. Ce n'est pas une liseuse à laquelle on a ajouté un stylet ; c'est un objet pensé dès le départ comme un cahier numérique qui sait aussi lire des livres.\r\n\r\nL'engin est imposant. Écran E-Ink Carta 1200 de 10,3 pouces, résolution 1404 × 1872 pour 227 ppi, processeur dual-core 2 GHz et 32 Go de stockage. Côté tarif, TechRadar la situe autour de 399 dollars ou 349 livres, ce qui la place dans une catégorie où on n'achète plus sur un coup de tête : à ce prix, on attend un usage précis, pas un gadget de chevet.\r\n\r\nLe format change tout\r\n\r\nTenir l'Elipsa 2E pour la première fois, c'est comprendre instantanément à qui elle parle. À 10,3 pouces, on est très proche d'une feuille A5, voire d'un cahier d'étudiant — un format qui colle naturellement aux PDF et aux documents grand format. Et c'est là que tout se joue.\r\n\r\nQuiconque a déjà tenté de lire un PDF technique sur une liseuse 6 ou 7 pouces sait à quel point l'exercice est frustrant : on zoome, on déplace, on perd la mise en page, les schémas explosent en morceaux. Avec l'Elipsa 2E, un PDF A4 passe à l'écran à une taille parfaitement lisible, sans gymnastique. Les manuels techniques, les articles scientifiques, les supports de cours, les rapports d'entreprise : tout ce qui était pénible devient confortable. C'est moins spectaculaire que la couleur d'une Libra Colour, mais sur un usage professionnel ou étudiant intensif, le format change littéralement la nature de l'objet.\r\n\r\nLe stylet, atout central — mais imparfait\r\n\r\nLe stylet est inclus dans la boîte. Détail qui n'a l'air de rien mais qui mérite d'être souligné, parce que l'usage prévu est clairement l'annotation directe sur les e-books et la prise de notes manuscrites. Pas de Kobo Stylus 2 à racheter en option, pas de configuration séparée : on déballe, on écrit.\r\n\r\nL'utilisation est exactement ce qu'on en attend. On peut surligner dans n'importe quel ePub, écrire dans la marge, créer des carnets vierges pour des notes manuscrites, dessiner des schémas à main levée. Tout ce qu'on griffonne reste dans le fichier, et — point essentiel — peut être ressorti ensuite. Le système prend en charge ePub, PDF, et accepte sans broncher les fichiers déposés par USB-C, Wi-Fi ou Bluetooth.\r\n\r\nMais il faut être honnête : la sensation d'écriture n'est pas au niveau de ce que proposent les meilleurs concurrents. eWritable est même cinglant, qualifiant l'expérience tactile d'« horrible » et pointant le choix par Kobo du protocole Microsoft Pen Protocol (MPP 2.0) plutôt que la technologie Wacom qui équipe le ReMarkable 2 et reste la référence du secteur. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Que la pointe glisse un peu trop sur le verre, qu'il manque cette résistance subtile qui fait penser au crayon sur papier, et qu'à très haute vitesse d'écriture la latence devient perceptible. Pour quelqu'un qui annote ses lectures, surligne, prend des notes ponctuelles, c'est largement suffisant. Pour quelqu'un qui veut remplacer son carnet Moleskine en cours magistral et écrire trois pages d'affilée à vitesse normale, ce sera frustrant.\r\n\r\nC'est une différence de positionnement, pas un défaut technique grave : l'Elipsa 2E est d'abord une liseuse qui annote, pas un cahier qui sait aussi lire.\r\n\r\nL'export des annotations, ce qui fait vraiment la différence\r\n\r\nC'est probablement le point sur lequel Kobo creuse l'écart avec ses concurrents, et notamment avec le Kindle Scribe. Le manuel officiel explique qu'on peut exporter ses annotations sous forme de fichier .txt et le récupérer sur son ordinateur, mais en réalité l'écosystème va plus loin : les PDF annotés ressortent avec les annotations intégrées à la page, prêts à être imprimés ou partagés.\r\n\r\nCe flux, en apparence banal, change tout pour qui travaille sérieusement avec ses lectures. Un étudiant peut annoter ses cours et imprimer la version surlignée pour les révisions. Un enseignant peut corriger des copies en PDF et renvoyer le fichier annoté à l'élève. Un consultant peut lire un rapport, le commenter en marge, le réintégrer dans sa documentation projet. Aucune annotation perdue, aucune resaisie. Là où Kindle Scribe limite encore largement l'export de ses annotations, Kobo joue le jeu de l'ouverture.\r\n\r\nLe talon d'Achille : l'entrée des fichiers\r\n\r\nC'est ici que l'Elipsa 2E montre ses limites les plus tangibles, et il faut le savoir avant d'acheter. Contrairement à Kindle, il n'existe pas d'adresse e-mail officielle « envoyer à ma liseuse » : il faut transférer les fichiers manuellement, par USB ou via un service tiers comme Dropbox. Pour qui s'envoie régulièrement des articles ou des e-books depuis son ordinateur ou son téléphone, ce manque crée une vraie friction quotidienne.\r\n\r\nLes workarounds existent, à condition d'accepter de mettre un peu les mains dans le moteur. Un projet open source baptisé KoboMail propose un système d'envoi par e-mail pour certaines Kobo, et plus intéressant encore, un daemon Nextcloud-Kobo permet de synchroniser automatiquement un dossier Nextcloud via WebDAV vers la liseuse. C'est ouvert, c'est élégant, ça respecte le principe d'auto-hébergement — mais ce n'est pas du plug and play. Il faut un serveur Nextcloud opérationnel, savoir configurer une connexion WebDAV, et accepter que l'installation se fasse dans le dossier du système Kobo. Bref, c'est superbe pour qui maîtrise déjà son infrastructure ; c'est rédhibitoire pour qui veut juste une solution clé en main.\r\n\r\nSur ce point précis, Kobo et Amazon proposent deux philosophies opposées : le confort immédiat d'un écosystème fermé contre la liberté d'un écosystème ouvert mais exigeant. À vous de voir où vous vous situez.\r\n\r\nPour qui ce produit a-t-il du sens ?\r\n\r\nL'Elipsa 2E est faite pour vous si vous lisez beaucoup de documents grand format — PDF techniques, cours universitaires, rapports professionnels, partitions — et si l'idée d'annoter ces documents fait partie intégrante de votre flux de travail. Elle est faite pour vous si vous voulez un objet unique au lieu de jongler entre une liseuse classique et un cahier papier. Elle est faite pour vous, aussi, si vous avez déjà (ou êtes prêt à monter) un Nextcloud ou un Dropbox pour synchroniser vos fichiers proprement.\r\n\r\nElle ne l'est pas si votre priorité est la prise de notes manuscrite intensive et fluide : sur ce terrain, un ReMarkable 2 ou un Supernote restent supérieurs. Elle ne l'est pas non plus si vous attendez le confort de l'envoi par e-mail à la Kindle, ou si l'idée d'installer un plugin communautaire pour combler un manque officiel vous donne de l'urticaire. Et elle est sans doute disproportionnée si vous lisez essentiellement des romans : à ce moment-là, une Clara BW à 150 € vous donnera plus de plaisir, dans un format de poche.\r\n\r\nMon avis\r\n\r\nL'Elipsa 2E est un produit ambitieux qui réussit l'essentiel et trébuche sur quelques détails finalement révélateurs. L'essentiel, c'est le format, la qualité de l'écran, l'export des annotations, l'ouverture du système et l'autonomie typique d'une liseuse — autant de raisons qui en font la meilleure proposition du marché pour un usage documentaire sérieux à ce niveau de prix.\r\n\r\nLes détails, ce sont le ressenti perfectible du stylet et l'absence d'un système d'entrée des fichiers digne de 2026. Kobo aurait pu intégrer nativement WebDAV — ça lui coûterait à peu près rien — et opter pour une dalle Wacom — ça lui coûterait plus cher mais lui ferait gagner une catégorie entière d'utilisateurs. À la place, on hérite d'un produit excellent à 80 %, et qui demande qu'on accepte ses zones grises sur les 20 % restants.\r\n\r\nPour qui cherche un véritable cahier A4 numérique sans basculer dans une tablette Android Onyx — plus chère, plus complexe, et au confort de lecture moindre — l'Elipsa 2E reste, à mes yeux, le meilleur compromis du moment. Pas le produit parfait. Le meilleur compromis. Ce n'est pas la même chose, et c'est très bien aussi."},{"uuid":"da406813-bf15-4f4e-a700-2752550224bb","slug":"quand-la-3g-suffisait-et-qu-on-vous-fait-basculer","title":"Quand la 3G suffisait… et qu’on vous fait basculer","category":"télécom","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2025-11-05 08:38:25","created_at":"2025-11-05 08:38:25","updated_at":"2025-11-05 08:38:25","tags":[],"plain":"Une plongée scientifique et technologique dans l’évolution des réseaux mobiles et la stratégie des opérateurs.\r\n--\r\n\r\nIntroduction\r\nEn 2015, votre 3G suffisait pour le télétravail, la visioconférence et le streaming léger. Aujourd’hui, même pour un simple email, certaines zones semblent plus lentes qu’avant.\r\n\r\nL’histoire des télécommunications mobiles est jalonnée de révolutions techniques. Chaque génération de réseau – de la 2G à la 5G – a apporté des débits supérieurs, des latences réduites et de nouveaux usages. Pourtant, derrière la façade technologique, une stratégie commerciale se dessine : la migration forcée des utilisateurs vers les nouvelles générations. Ce dossier examine comment la 3G, la 4G et la 5G se succèdent, comment les opérateurs orchestrent le passage d’une technologie à l’autre, et quels impacts cela a sur l’expérience utilisateur.\r\n--\r\n\r\nLa 3G : une technologie encore performante… bridée par les opérateurs\r\n\r\nDéfinition et usages\r\n\r\nLa 3G (UMTS/HSPA) a marqué un saut qualitatif par rapport à la 2G. Développée à la fin des années 1990 et déployée massivement à partir de 2004, elle permettait :\r\n\r\n des débits théoriques de 384 kbit/s jusqu’à 42 Mbit/s pour les variantes HSPA+ ;\r\n des applications comme le surf web, la messagerie instantanée, les appels VoIP et la visioconférence légère ;\r\n une latence moyenne de 150–200 ms, suffisante pour la plupart des usages bureautiques.\r\n\r\nPour l’utilisateur lambda, la 3G suffisait amplement. Pourtant, à partir de 2016–2017, certains opérateurs ont commencé à réduire volontairement les performances.\r\n\r\nExemple concret : Free Mobile\r\n\r\nFree Mobile, en itinérance sur le réseau Orange, a progressivement bridé les débits 3G :\r\nAnnée | Débit descendant | Débit montant |\r\n----- | ---------------- | ------------- |\r\n2016 | 5 Mbit/s | 0,5–1 Mbit/s |\r\n2017 | 1 Mbit/s | 0,5 Mbit/s |\r\n2019 | 768 kbit/s | 384 kbit/s |\r\n2020 | 384 kbit/s | 384 kbit/s |\r\nSource : 01net – Free Mobile et bridage 3G\r\n\r\nLes utilisateurs constatent alors que leur expérience, auparavant fluide, devient frustrante : ralentissement du web, vidéos qui ne se chargent pas correctement, visioconférences de qualité médiocre.\r\n\r\nPourquoi un bridage ?\r\n\r\nLe bridage de la 3G s’explique par plusieurs facteurs :\r\n\r\n1. Refarming du spectre : libérer les fréquences 900/1800/2100 MHz pour la 4G et la 5G ;\r\n2. Coût d’entretien : maintenir un réseau 3G coûteux pour des utilisateurs minoritaires n’est plus rentable ;\r\n3. Incitation à migrer : les abonnés passent naturellement aux nouvelles technologies pour profiter de meilleurs débits.\r\n\r\nSchéma suggéré : flux de données et coût par bit en 3G vs 4G.\r\n--\r\n\r\nLa 4G : la révolution nécessaire\r\n\r\nDéfinition technique\r\n\r\nLa 4G, ou LTE (Long Term Evolution), est une avancée majeure :\r\n\r\n Débits théoriques : 100 Mbit/s → 1 Gbit/s ;\r\n Latence : 30–50 ms ;\r\n Architecture optimisée : eNodeB remplace le contrôleur RNC de la 3G pour réduire les goulots d’étranglement ;\r\n Utilisations : streaming HD, cloud computing, jeux en ligne, IoT.\r\nLa 4G a donc transformé l’expérience mobile et a rendu certaines limitations 3G plus visibles que jamais.\r\n\r\nStratégies de migration\r\n\r\nLes opérateurs incitent à la migration par :\r\n\r\n le bridage des anciennes générations ;\r\n la publicité sur les débits 4G/5G ;\r\n le lancement de forfaits “4G-only”.\r\nOpérateur | 3G moyen (Mbit/s) | 4G moyen (Mbit/s) |\r\n--------- | ----------------- | ----------------- |\r\nFree | 0,384 | 50–150 |\r\nOrange | 0,5–1 | 60–200 |\r\nSFR | 0,5 | 50–150 |\r\nBouygues | 0,5 | 50–150 |\r\nGraphique suggéré : part des abonnés 4G vs 3G (2015–2025).\r\n--\r\n\r\nLa 5G : promesse et réalité\r\n\r\nLes promesses\r\n\r\n Débits : 100 Mbit/s → 10 Gbit/s selon fréquence et densité d’antennes ;\r\n Latence ultra faible : 1–10 ms ;\r\n Fréquences : 700 MHz → 26 GHz (mmWave) ;\r\n Usages : cloud gaming, véhicules autonomes, IoT à grande échelle.\r\n\r\nL’expérience utilisateur\r\n\r\nMême scénario qu’avec la 3G : certaines zones restent en 4G bridée, incitant les utilisateurs à passer à la 5G. La promesse de la 5G ne se réalise pleinement que dans les zones très denses ou les zones pilotes.\r\n\r\nSchéma suggéré : architecture 4G vs 5G.\r\n--\r\n\r\nConséquences pour l’utilisateur\r\n\r\n Scénarios pratiques : visioconférence, streaming, cloud computing, IoT ;\r\n Expérience variable selon réseau : frustration sur 3G bridée, fluidité sur 4G/5G ;\r\n Témoignages utilisateurs : Reddit, forums français, témoignages directs.\r\n“Dès qu’on tombe en 3G, rien ne charge correctement… le réseau est volontairement dégradé.” – Reddit\r\n--\r\n\r\nSynthèse scientifique\r\nGénération | Débit théorique | Latence | Couverture | Usages possibles | Coût par bit | Bridage existant |\r\n---------- | ---------------------- | ---------- | ---------- | -------------------------------------- | ------------ | ---------------------- |\r\n3G | 384 kbit/s → 42 Mbit/s | 150–200 ms | Très large | Email, surf, visio légère | Élevé | Itinérance bridée Free |\r\n4G | 100 Mbit/s → 1 Gbit/s | 30–50 ms | Large | Streaming HD, jeux, cloud | Moyen | Bridage minoritaire |\r\n5G | 100 Mbit/s → 10 Gbit/s | 1–10 ms | Variable | IoT, cloud gaming, véhicules autonomes | Faible | Pas encore |\r\nLe bridage apparaît comme une stratégie commerciale autant qu’une conséquence technique, visant à préparer l’utilisateur à migrer vers de nouvelles technologies.\r\n--\r\n\r\nPerspectives et conseils\r\n\r\n Vérifier la couverture et la technologie disponible selon votre zone ;\r\n Questionner son opérateur :\r\n\r\n 1. Suis-je sur le réseau propre ou en itinérance ?\r\n 2. Quels sont les débits effectifs en 3G et 4G ?\r\n 3. Quand la 3G sera-t-elle désactivée ?\r\n Anticiper le passage à la 5G pour certains usages exigeants (IoT, cloud gaming, télétravail intensif).\r\nVous pouvez encore profiter de votre 3G… mais à quel prix ?\r\n--\r\n\r\nRéférences principales\r\n\r\n1. 01net – Free Mobile et bridage 3G\r\n2. Univers Freebox – Bridage 3G\r\n3. ARCEP – Gestion spectre et couverture\r\n4. Free Mobile – Fiche information standardisée 2020 (PDF)"},{"uuid":"ac8515ca-400e-43dc-b5bb-08aa5e6689b5","slug":"premier-programme-esp-01-afficher-les-informations-systeme","title":"Premier programme ESP-01 : afficher les informations système","category":"Électronique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2020-12-12 22:28","created_at":"2020-12-12 22:28:56","updated_at":"2026-05-13 18:30:19","tags":[],"plain":"Objectif\r\n\r\nLe sketch ci-dessous est un petit utilitaire de diagnostic : une fois téléversé sur un ESP-01, il publie toutes les dix secondes sur la console série un état détaillé du microcontrôleur — identifiant, fréquence, tension d'alimentation, version du SDK — ainsi qu'un état de la mémoire flash. C'est l'équivalent d'un couplé à un pour l'ESP8266.\r\n\r\nCet exemple sert deux objectifs :\r\nvalider la chaîne complète (adaptateur, mode flash, IDE, board package) en réussissant un premier téléversement ;\r\nidentifier précisément le module en main : la flash réelle ne correspond pas toujours à ce qui est annoncé par le vendeur, et il peut être utile de le constater avant d'aller plus loin.\r\nPrérequis : un ESP-01 programmable depuis l'IDE Arduino. Voir les articles dédiés à l'adaptateur USB-série et à la configuration de l'IDE pour l'ESP-01.\r\n\r\nLe programme\r\n\r\n\r\n\r\nTéléverser et lire la sortie\r\n\r\n1. Sélectionner .\r\n2. Régler le port série sur celui de l'adaptateur.\r\n3. Placer l'ESP-01 en mode flash (jumper GPIO0 ↔ GND), téléverser, retirer le jumper, redémarrer.\r\n4. Ouvrir le moniteur série à 115200 bauds, fin de ligne NL & CR.\r\n\r\nSortie attendue (les valeurs varient d'un module à l'autre) :\r\n\r\n\r\n\r\nLecture des informations\r\n\r\nBloc ESP8266EX\r\nInformation | Méthode | Commentaire |\r\n---|---|---|\r\nNuméro de série du SoC | | Entier 24 bits dérivé de l'adresse MAC du module. Identifie de manière unique un ESP8266 donné. |\r\nFréquence du CPU | | 80 MHz par défaut, peut passer à 160 MHz avec ou via les options de carte de l'IDE. |\r\nAlimentation | | Tension VCC en millivolts. Nécessite et que la broche TOUT (ADC0) soit laissée libre. |\r\nVersion du core | | Version du board package esp8266 by ESP8266 Community. C'est lui qui fournit l'API Arduino utilisée ici. |\r\nVersion du SDK | | Version du SDK NONOS d'Espressif, utilisé en interne par le core. Ne pas confondre avec la version du core. |\r\n\r\nLecture de la sortie d'exemple : le module est un ESP8266 cadencé à 80 MHz, alimenté à environ 3,47 V (légèrement au-dessus du nominal de 3,3 V, ce qui reste dans la plage tolérée 3,0–3,6 V), compilé avec le board package 2.7.4 (basé sur le SDK NONOS 2.2.2).\r\n\r\nBloc Flash\r\nInformation | Méthode | Commentaire |\r\n---|---|---|\r\nNuméro de série de la flash | | Concaténation du manufacturer ID et du device ID renvoyés par la commande JEDEC. Utile pour identifier la puce flash réellement soudée. |\r\nFréquence | | Vitesse de l'horloge SPI en Hz. 40 MHz est la valeur standard ; 80 MHz est possible mais instable sur certains lots. |\r\nCapacité effective | | Taille physique de la puce flash, lue dans son JEDEC ID. C'est la vérité matérielle. |\r\nCapacité paramétrée | | Taille que l'IDE a annoncée au firmware (paramètre Flash Size dans ). Doit correspondre à la capacité effective. |\r\nTaille du sketch | | Place occupée par le programme actuel. |\r\nMémoire disponible | | Place restante utilisable pour un téléversement OTA. Pas la RAM libre — pour cela utiliser . |\r\n\r\nDans la sortie d'exemple, la flash physique fait 1 Mo (1 048 576 octets) et l'IDE a été paramétré avec la même valeur : c'est cohérent.\r\nPiège classique : si et diffèrent, le module est mal configuré dans l'IDE. Les conséquences vont de plantages aléatoires au refus de monter le système de fichiers SPIFFS/LittleFS. C'est l'un des intérêts principaux de ce sketch : détecter ce désaccord avant d'investiguer un comportement étrange.\r\n\r\nVariante : ajouter quelques infos utiles\r\n\r\nQuelques méthodes complémentaires qu'il peut être pertinent d'ajouter au programme selon les besoins :\r\n\r\n\r\n\r\nCes valeurs sont particulièrement intéressantes pour diagnostiquer des plantages : indique si le module a redémarré sur un watchdog, un brown-out, un reset matériel ou une exception logicielle.\r\n\r\nPour aller plus loin\r\nL'ESP-01 : présentation et premiers pas\r\nAdaptateur USB vers ESP-01 : activer le mode programmation\r\nESP8266 : commandes AT\r\nDocumentation officielle de l'API du core Arduino : <https://arduino-esp8266.readthedocs.io/en/latest/libraries.html#esp-specific-apis>\r\n```"},{"uuid":"4b7b21ff-6510-4936-bf71-6aa18af37ee8","slug":"audacity","title":"Audacity - logiciel d'édition audio","category":"Informatique","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2023-10-29 23:37:39","created_at":"2023-10-29 23:37:39","updated_at":"2023-10-29 23:37:39","tags":{"logiciels":["Audacity"]},"plain":"Audacity est un logiciel gratuit, open source et multi-plateforme de traitement du son qui vous permet d'enregistrer, de modifier et de mixer du son sur votre ordinateur. Il est particulièrement utile pour les musiciens, les podcasters, les professionnels du son et tous ceux qui travaillent avec du son numérique.\nEnregistrement: Audacity vous permet d'enregistrer du son à partir de différentes sources, telles que votre microphone, votre carte son ou des fichiers audio existants. Vous pouvez également enregistrer plusieurs pistes simultanément pour créer des compositions multi-pistes.\nÉdition: Audacity vous permet de couper, copier, coller et déplacer des sections de pistes audio pour créer des effets spéciaux, synchroniser des pistes ou supprimer des bruits indésirables. Vous pouvez également ajouter des effets tels que l'écho, le reverb ou le changement de pitch.\nMixage: Audacity vous permet de contrôler le volume et la panoramisation de chaque piste pour créer un mixage final équilibré. Vous pouvez également utiliser des outils tels que l'égaliseur ou le compresseur pour améliorer la qualité sonore de votre projet.\nExportation: Audacity vous permet d'exporter vos projets au format MP3, WAV ou OGG pour les partager sur internet ou les graver sur CD. Vous pouvez également exporter directement vers Soundcloud, YouTube ou d'autres plateformes en ligne. Audacity est diffusé sous forme d'AppImage, une méthode qui garantit que l'AppImage est mis à jour simultanément avec les versions destinées à Windows et macOS. L'équipe d'Audacity assure la compatibilité avec Linux en testant l'utilisation d'AppImages spécifiquement sur Ubuntu 22.04. Bien que d'autres distributions Linux puissent potentiellement fonctionner par le gestionnaire de paquets, elles ne font pas l'objet de tests de la part de l'équipe Audacity. Il est important de noter que ce qui suit ne représente que des suggestions d'installations possibles. Sous Fedora, le gestionnaire de paquets DNF peut proposer la version \"Freeworld\" d'Audacit. Celle-ci inclut un certain nombre de bibliothèques et de codecs qui ne sont pas inclus dans la version officielle d'Audacity. Ces bibliothèques et codecs sont souvent nécessaires pour lire ou enregistrer certain types de fichiers audio et sont donc utiles pour les utilisateurs avancés. Cependant, ils peuvent être considérés comme des logiciels tiers par certains utilisateurs et peuvent être bloqués ou désapprouvés par certaines politiques de sécurité. Dernière information que je souhaite vous communiquer, Audacity a été racheté par Muse Group en 2021 avec des modification sur la collecte d'informations, ce qui a eu un impact négatif sur sa popularité ou son utilisation. Solutions alternatives : Tenacity, LMMS ou OcenAudio. Installer sous Fedora\nInstaller avec le fichier AppImage\nLe programme AppImage est une version autonome d'Audacity qui n'a pas besoin d'être installée sur votre ordinateur. Vous pouvez simplement le télécharger sur le site web d'Audacity et l'exécuter comme n'importe quel autre fichier sur votre ordinateur. L'avantage de cette méthode est qu'elle ne nécessite aucune installation et que vous pouvez l'utiliser sur n'importe quel ordinateur compatible sans avoir à l'installer. Il est généralement conseillé de déplacer les fichiers AppImage dans un répertoire de votre choix, mais de ne pas les déplacer dans un répertoire système comme ou . Les répertoires système sont gérés par le système d'exploitation et peuvent être modifiés lors d'une mise à jour ou d'une installation de logiciels, ce qui peut entraîner la suppression ou la modification de vos fichiers AppImage. Il est donc préférable de les déplacer dans un répertoire personnel, comme . <u>CRÉER UN RACCOURCI POUR VOTRE APPIMAGE</u> Vous pouvez créer un raccourci pour Audacity en utilisant la ligne de commande en suivant les étapes suivantes : <callout icon=\"fa fa-slack\">\nOuvrez un terminal en cliquant sur \"Applications\" puis \"Terminal\". Entrez la commande suivante pour créer un nouveau fichier .desktop : nano /.local/share/applications/audacity.desktop\n</callout> <callout icon=\"fa fa-slack\">\nCopiez et collez le contenu suivant dans le fichier : Le symbole \"\" n'est pas reconnu dans les fichiers comme un chemin absolu, ni même la variable . Au lieu de cela, vous devez utiliser le chemin complet (chemin absolu) vers le fichier AppImage.\nAppuyez sur <key>Ctrl</key> + <key>X</key> pour enregistrer les modifications, puis sur <key>Y</key> pour confirmer l'enregistrement. Sous Gnome, les icônes sont généralement stockées dans un des répertoires suivants :\n/usr/share/icons\n/usr/local/share/icons\n/.local/share/icons Il est conseillé d'utiliser le répertoire pour les icônes personnalisées, car il est spécifique à l'utilisateur et n'est pas affecté par les mises à jour du système. </callout> Vous pouvez maintenant trouver Audacity dans le menu Applications et le lancer en cliquant dessus. <image shape=\"thumbnail\"> </image>\nInstaller avec le dépôt RPM Fusion Nonfree\nPour installer Audacity avec des fonctionnalités supplémentaires (telles que l'exportation de fichiers au format MP3), vous devez utiliser le dépôt RPM Fusion Nonfree. Installer le référentiel RPM Fusion Nonfree [^note: RPM Fusion Nonfree est un référentiel tiers pour les distributions Fedora et Red Hat Enterprise Linux (RHEL) qui fournit des logiciels propriétaires qui ne sont pas disponibles dans les référentiels officiels. Le référentiel RPM Fusion Nonfree contient des logiciels propriétaires tels que les pilotes de périphériques pour certains matériels, les codecs multimédias non libres et d'autres logiciels qui peuvent être distribués gratuitement, mais qui ont des restrictions de licence.] sur un système Fedora. <callout icon=\"fa fa-slack\">\nInstaller le référentiel RPM Fusion Nonfree : sudo dnf -y install https:download1.rpmfusion.org/nonfree/fedora/rpmfusion-nonfree-release-$(rpm -E %fedora).noarch.rpm\n</callout> <callout icon=\"fa fa-slack\">\ninstallez Audacity en exécutant la commande suivante : sudo dnf install audacity-freeworld\n</callout> Une fois l'installation terminée, vous pouvez lancer Audacity en tapant dans le terminal ou en recherchant dans le menu Applications. Installer avec Flatpack / Flathub\nFlatpak est un système de packaging d'applications pour Linux qui permet de distribuer des applications Linux de manière universelle indépendamment des distributions Linux et de leurs bibliothèques associées. Flathub est un dépôt centralisé de Flatpak qui contient de nombreuses applications. Pour installer Audacity via Flatpak, vous devez tout d'abord installer Flatpak et Flathub sur votre système. <callout icon=\"fa fa-slack\">\nVous pouvez installer Flatpak sur votre système Fedora ou assimilé, utilisez la commande suivante : sudo dnf install flatpak Vous pouvez installer Flatpak sur votre système Debian ou assimilé, utilisez la commande suivante : sudo apt install flatpak </callout> <callout icon=\"fa fa-slack\">\nEnsuite, vous pouvez ajouter Flathub à la liste des dépôts de Flatpak en utilisant la commande suivante : flatpak remote-add --if-not-exists flathub https:flathub.org/repo/flathub.flatpakrepo </callout> <callout icon=\"fa fa-slack\">\nUne fois que vous avez installé Flatpak et Flathub, vous pouvez installer Audacity via Flatpak en utilisant la commande suivante : flatpak install flathub org.audacityteam.Audacity </callout> <callout icon=\"fa fa-slack\">\nDepuis le rachat d'Audacity par Muse en avril 2021, les nouvelles versions de l'application collecte des données très limitées [^note: https://www.bbc.com/news/technology-57721967]. Pour éviter qu'Audacity ne communique avec Internet, il suffit de désactiver les communications. Pour modifier l'option pour l'utilisateur courant avec flatseal, décochez l'option , afin d'empêcher Audacity de communiquer avec le réseau. ou en ligne de commande : flatpak override --user --unshare=network org.audacityteam.Audacity -v\n \nLe fichier sera modifié.\n \nPour modifier l'option pour tous les utilisateurs, utilisez la commande suivante : sudo flatpak override --unshare=network org.audacityteam.Audacity -v Le fichier sera modifié. </callout> Personnaliser\nAjout d'un raccourci vers les metadonnées\nLes métadonnées sont des informations supplémentaires associées à un fichier audio qui peuvent inclure le titre, l'artiste, l'album, la date de sortie, le genre, etc. En utilisant un fichier de métadonnées, vous pouvez facilement ajouter ces informations à vos fichiers audio lors de l'export dans Audacity. Cela peut être utile pour organiser votre bibliothèque musicale et permettre à d'autres programmes de lire et d'afficher ces informations correctement. Le dossier est le dossier de données par défaut d'Audacity où les fichiers de métadonnées peuvent être enregistrés et stockés. En créant un lien vers le dossier contenant votre bibliothèque de métadonnées, vous pouvez facilement accéder à ces fichiers lorsque vous avez besoin de les utiliser dans Audacity**."},{"uuid":"b0b3ac59-87c5-4598-a549-f3168abb4429","slug":"quand-les-conversations-sont-devenues-une-matiere-premiere","title":"Quand les conversations sont devenues une matière première","category":"loisirs","author":"cedric@abonnel.fr","cover":"","published":true,"published_at":"2025-11-05 07:17","created_at":"2025-11-05 07:17:02","updated_at":"2026-05-12 01:49:27","tags":{"logiciels":["Audacity"]},"plain":"Entre 2023 et 2024, quelque chose s'est rompu sur le web social. Pas un effondrement, pas une crise visible — plutôt un basculement discret, presque administratif, dans la manière dont les grandes plateformes ont commencé à regarder ce que produisaient leurs utilisateurs. Les messages, les fils de discussion, les commentaires sarcastiques sous une photo de chat, les longues confidences nocturnes sur Tumblr : tout cela, jusque-là considéré comme l'humus naturel des réseaux sociaux, est soudainement devenu autre chose. Une ressource. Un actif. Une matière brute.\r\n\r\nLe déclencheur s'appelle Reddit. Le 22 février 2024, le jour même où l'entreprise dépose son dossier d'introduction en Bourse, elle annonce un accord à 60 millions de dollars par an avec Google : le géant de la recherche pourra puiser dans les archives du forum, via son API, pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle. Quelques mois plus tard, OpenAI signe à son tour un accord similaire, estimé autour de 70 millions de dollars annuels par les analystes. Le message envoyé au marché est limpide : ces décennies de conversations humaines, agrégées par une communauté qui croyait simplement bavarder, valent désormais des centaines de millions de dollars. Steve Huffman, PDG de Reddit, vante un modèle économique enfin durable. Les analystes financiers, eux, parlent de mine d'or.\r\n\r\nTumblr rejoint la danse une semaine plus tard, mais par effraction. Le 27 février 2024, le site spécialisé 404 Media révèle qu'Automattic — la maison mère de Tumblr et WordPress.com — finalise des accords avec OpenAI et Midjourney pour leur fournir l'accès aux contenus publiés sur ses plateformes. La fuite est embarrassante : des documents internes montrent qu'une première extraction de données a même ratissé trop large, embarquant par erreur des posts privés, des blogs supprimés et des contenus normalement exclus. Automattic publie en urgence un communiqué annonçant un système d'opt-out — la possibilité pour les utilisateurs de refuser, à condition de cocher la bonne case dans les bons paramètres. Mais la communauté Tumblr, refuge historique d'artistes, d'écrivains amateurs, de communautés queer et de fanfic, n'a pas attendu la procédure officielle pour réagir : la nouvelle déclenche une vague de fermetures de comptes et d'effacements rétroactifs.\r\n\r\nX, sous la direction d'Elon Musk, emprunte un chemin parallèle mais plus solitaire. Plutôt que de vendre l'accès à ses données à des concurrents, Musk a verrouillé son robinet dès 2023 — au point d'introduire des plafonds de consultation tellement absurdes que la plateforme en est devenue inutilisable pendant quelques jours — et a réservé sa matière première à xAI, sa propre société d'intelligence artificielle, pour alimenter le chatbot Grok. En octobre 2024, X annonce une refonte de ses conditions d'utilisation, effective le 15 novembre. Le nouveau texte est explicite : tout contenu publié sur la plateforme peut être utilisé pour entraîner ses modèles d'apprentissage automatique, ainsi que ceux de « partenaires tiers » non nommés. L'option qui permettait jusque-là aux utilisateurs européens de refuser que leurs posts servent à entraîner Grok est, dans la foulée, devenue inaccessible pour beaucoup. Le principe reste le même que chez Reddit — les mots des utilisateurs deviennent du carburant — mais sans le détour d'un contrat externe.\r\n\r\nCar ce qui frappe, ce n'est pas tant chaque accord pris isolément que la rapidité avec laquelle l'idée s'est imposée. En quelques mois, exploiter les mots de ses utilisateurs pour entraîner de l'IA est devenu non plus une stratégie audacieuse, mais une évidence de marché. LinkedIn, propriété de Microsoft — qui se trouve aussi être le principal investisseur d'OpenAI —, suit le mouvement avec une discrétion remarquable. Le 18 septembre 2024, une mise à jour silencieuse de sa politique de confidentialité révèle que la plateforme entraîne déjà ses propres modèles d'IA générative à partir des posts, articles et données de profil de ses membres, partout dans le monde — y compris au Royaume-Uni. Personne n'a été prévenu en bonne et due forme ; le paramètre permettant de refuser ne se déclenche pas par défaut.\r\n\r\nL'épisode tourne court. En 48 heures, l'Information Commissioner's Office britannique, le régulateur des données, exige un arrêt immédiat de la pratique sur le territoire. Stephen Almond, son directeur exécutif chargé des risques réglementaires, déclare publiquement que la confiance du public dans l'IA générative dépend précisément du respect des droits à la vie privée dès le départ. LinkedIn suspend le traitement au Royaume-Uni, dans l'Espace économique européen et en Suisse. Pour le reste du monde — les États-Unis, l'Asie, le Canada, l'Amérique latine —, la collecte continue, opt-out par défaut.\r\n\r\nMais quelque chose, du côté des utilisateurs, n'a pas suivi.\r\n\r\nSur Reddit, des modérateurs ferment leurs subreddits en protestation. D'autres remplacent leurs anciens posts par des chaînes de caractères absurdes — du sabotage de données, en somme, pour rendre leurs contributions inutilisables. Sur Tumblr, on voit ressurgir un vieux geste internet : des comptes entiers passent en privé, des années d'écriture s'effacent en quelques clics. Des forums spécialisés évoquent une « grève des données ». Une phrase circule, amère, sur plusieurs plateformes à la fois : « Nos mots valent de l'or, mais pas pour nous. »\r\n\r\nC'est sans doute le paradoxe le plus profond de cette séquence. Pendant deux décennies, les grandes plateformes avaient bâti leur valeur sur un contrat tacite : vous nous donnez votre temps et votre attention, nous vous offrons un espace pour exister et nous monétisons votre regard auprès des annonceurs. Le deal était imparfait, mais lisible. À partir de 2024, un second contrat se superpose au premier sans avoir été négocié : votre langage, vos conversations, vos archives intimes deviennent aussi une matière première vendable, à votre insu le plus souvent, pour entraîner des intelligences qui à terme produiront le même langage que vous — mais en série, à coût marginal nul, et au bénéfice d'autres.\r\n\r\nLe web social était entré dans une nouvelle ère. Celle où les conversations des uns sont devenues l'apprentissage des autres.\r\n--\r\n\r\nSources\r\nVoici la liste des sources utilisées pour la vérification, organisée par thème pour que tu puisses les citer ou les ajouter en fin d'article.\r\n\r\nReddit – Google et OpenAI\r\nCBS News (23 février 2024) — Annonce de l'accord à 60 M$ entre Google et Reddit\r\nhttps://www.cbsnews.com/news/google-reddit-60-million-deal-ai-training/\r\nLutzker & Lutzker (18 mars 2024) — Analyse détaillée de l'accord et de l'usage de l'API Reddit\r\nhttps://www.lutzker.com/ipbitpieces/reddits-licensing-agreement-with-google/\r\nColumbia Journalism Review — Analyse de la stratégie globale de Reddit (mention de l'accord OpenAI à 70 M$/an)\r\nhttps://www.cjr.org/analysis/reddit-winning-ai-licensing-deals-openai-google-gemini-answers-rsl.php\r\n\r\nTumblr / Automattic – OpenAI et Midjourney\r\n404 Media (27 février 2024) — Article source qui a révélé l'affaire\r\nhttps://www.404media.co/tumblr-and-wordpress-to-sell-users-data-to-train-ai-tools/\r\nEngadget (27 février 2024) — Reprise détaillée avec la réponse officielle d'Automattic\r\nhttps://www.engadget.com/tumblr-and-wordpress-posts-will-reportedly-be-used-for-openai-and-midjourney-training-204425798.html\r\nWP Tavern (28 février 2024) — Angle communauté WordPress et critique de la politique d'opt-out\r\nhttps://wptavern.com/automattic-faces-scrutiny-over-ai-access-policy\r\nPopular Science (29 février 2024) — Mise en perspective sur l'inefficacité de l'opt-out\r\nhttps://www.popsci.com/technology/openai-wordpress-tumblr/\r\n\r\nX (Twitter) – Conditions d'utilisation et entraînement de Grok\r\nSocial Media Today (17 octobre 2024) — Analyse des nouvelles conditions effectives le 15 novembre 2024\r\nhttps://www.socialmediatoday.com/news/x-formerly-twitter-updates-terms-service/730223/\r\nCNN Business (21 octobre 2024) — Réaction des utilisateurs et flou sur l'opt-out\r\nhttps://www.cnn.com/2024/10/21/tech/x-twitter-terms-of-service\r\nCybernews (18 octobre 2024) — Sur la disparition de l'option d'opt-out\r\nhttps://cybernews.com/ai-news/updated-x-terms/\r\nGigazine — Déta#il des clauses ajoutées concernant les « partenaires tiers »\r\nhttps://gigazine.net/gscnews/en/20241018-x-privacy-policy-ai-training/\r\n\r\nLinkedIn – Intervention de l'ICO britannique\r\nTechCrunch (20 septembre 2024) — LinkedIn suspend l'entraînement IA au Royaume-Uni\r\nhttps://techcrunch.com/2024/09/20/linkedin-has-stopped-grabbing-u-k-users-data-for-ai/\r\nThe Record (Recorded Future News) (20 septembre 2024) — Le rôle de l'ICO dans l'arrêt\r\nhttps://therecord.media/uk-regulator-stops-linkedin-ai-models\r\nThe Hacker News (22 septembre 2024) — Synthèse incluant la mention de Meta en parallèle\r\nhttps://thehackernews.com/2024/09/linkedin-halts-ai-data-processing-in-uk.html\r\nLegal IT Insider (20 septembre 2024) — Citation complète de Stephen Almond (ICO)\r\nhttps://legaltechnology.com/2024/09/20/linkedin-suspends-opt-out-ai-model-training-for-uk-following-ico-concerns/"}] |