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# Premiers pas DevOps : préparer un système Debian fraîchement installé
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Lorsqu'on vient de provisionner une machine Debian — que ce soit un conteneur LXC, une VM ou un serveur dédié — quelques étapes initiales sont incontournables avant de pouvoir vraiment travailler dessus. Ce petit guide reprend les gestes de base : passer en `root`, configurer les dépôts officiels, mettre le système à jour, installer `sudo`, et terminer par quelques réglages d'identification qui éviteront des surprises plus tard. Rien de sorcier, mais autant prendre de bonnes habitudes dès le départ.
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## Passer en utilisateur root
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La première étape consiste à obtenir les droits administrateur. Sur une Debian fraîche, l'utilisateur `root` existe déjà et possède un mot de passe défini lors de l'installation. Pour ouvrir une session avec son environnement complet (variables, PATH, répertoire personnel), on utilise :
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```bash
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su - root
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```
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Le tiret est important : sans lui, on hérite uniquement de l'UID de root sans charger son shell de connexion, ce qui peut donner lieu à des surprises (PATH incomplet, absence de `/sbin` dans la recherche des commandes, etc.).
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À noter que si `sudo` est déjà installé et que l'utilisateur courant fait partie du groupe `sudo`, on peut aussi écrire `sudo -i` pour obtenir le même résultat. Mais sur une Debian minimale tout juste installée, `sudo` n'est généralement pas présent — d'où la nécessité de passer par `su` dans un premier temps.
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## Configurer les dépôts officiels
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Debian s'appuie sur APT pour gérer ses paquets, et APT a besoin de savoir où les chercher. Cette configuration se trouve dans le fichier `/etc/apt/sources.list` (et, sur les versions récentes, éventuellement dans `/etc/apt/sources.list.d/` pour les dépôts additionnels).
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On l'ouvre avec un éditeur de texte :
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```bash
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nano /etc/apt/sources.list
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```
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Un contenu typique pour Debian 12 (Bookworm) ressemble à ceci :
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```
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deb http://deb.debian.org/debian bookworm main contrib non-free non-free-firmware
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deb http://deb.debian.org/debian bookworm-updates main contrib non-free non-free-firmware
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deb http://security.debian.org/debian-security bookworm-security main contrib non-free non-free-firmware
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```
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Quelques explications rapides sur les composants :
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- **main** contient les paquets libres officiellement supportés par Debian
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- **contrib** regroupe les paquets libres qui dépendent de logiciels non libres
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- **non-free** et **non-free-firmware** contiennent les paquets non libres (utiles notamment pour les pilotes matériels)
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Le dépôt `bookworm-updates` apporte les mises à jour stables non urgentes, tandis que `bookworm-security` fournit les correctifs de sécurité — celui-ci est essentiel et ne doit jamais être omis sur une machine connectée au réseau.
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Pour une version différente de Debian, il suffit de remplacer `bookworm` par le nom de code correspondant (`bullseye`, `trixie`, etc.).
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## Mettre le système à jour
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Une fois les dépôts configurés, on récupère la liste des paquets disponibles puis on applique les mises à jour :
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```bash
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apt update
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apt upgrade
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```
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La distinction entre les deux est importante :
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- `apt update` ne met rien à jour : la commande synchronise simplement l'index local des paquets avec ce que les dépôts annoncent. Sans cette étape, APT ignore l'existence des nouvelles versions.
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- `apt upgrade` installe effectivement les versions plus récentes des paquets déjà présents.
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Pour les mises à jour plus profondes qui peuvent ajouter ou retirer des paquets (changement de dépendances, transitions majeures), il existe aussi `apt full-upgrade`. À utiliser avec un peu plus de précaution, mais c'est ce qu'il faut pour suivre l'évolution complète d'une distribution.
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Sur un conteneur ou une VM fraîche, cette première mise à jour peut tirer un certain nombre de paquets. C'est normal : l'image de base est figée au moment de sa publication, et plusieurs mois de correctifs se sont souvent accumulés depuis.
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Petit conseil pour la suite, dès qu'on commencera à scripter ces opérations : préférer `apt-get` à `apt` dans les scripts, car son interface est garantie stable entre versions. Et pour éviter les questions interactives bloquantes lors d'installations automatisées, positionner `DEBIAN_FRONTEND=noninteractive` dans l'environnement.
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## Installer sudo
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Par défaut, Debian n'installe pas `sudo` sur un système minimal. Travailler en permanence en `root` n'est pourtant pas une bonne pratique : on perd la traçabilité des actions, et la moindre erreur de frappe peut avoir des conséquences sérieuses. L'idée derrière `sudo` est de déléguer ponctuellement des droits administrateur à un utilisateur normal, commande par commande, avec un journal des actions effectuées.
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L'installation se fait classiquement :
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```bash
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apt install sudo
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```
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Ensuite, il faut ajouter son utilisateur (celui avec lequel on se connectera au quotidien) au groupe `sudo` :
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```bash
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usermod -aG sudo nom_utilisateur
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```
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Le drapeau `-a` (pour *append*) est crucial : sans lui, `usermod -G` remplacerait la liste des groupes secondaires de l'utilisateur au lieu d'y ajouter `sudo`, ce qui peut avoir des effets de bord désagréables.
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L'utilisateur doit ensuite se déconnecter puis se reconnecter pour que sa nouvelle appartenance au groupe soit prise en compte. À partir de là, il peut préfixer ses commandes par `sudo` pour les exécuter avec les droits administrateur, en saisissant son propre mot de passe (et non celui de root).
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## Régler l'identité et l'horloge de la machine
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Deux derniers détails de configuration qui paraissent anodins, mais qui simplifient grandement la vie sur un parc qui grandit.
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D'abord, fixer le nom de la machine. Sur une infrastructure organisée, le hostname et le FQDN suivent généralement une convention de nommage (par exemple `dafactures.acegrp.lan` pour un projet de facturation sur un réseau interne). La commande `hostnamectl` s'en charge proprement :
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```bash
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hostnamectl set-hostname dafactures.acegrp.lan
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```
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Penser à vérifier ensuite que `/etc/hosts` contient bien une ligne associant l'IP locale au FQDN, sous peine de voir certains services (Postfix notamment, ou des outils de log) se plaindre de ne pas résoudre leur propre nom.
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Ensuite, le fuseau horaire. Détail souvent négligé qui complique pourtant le débogage dès qu'on croise des logs entre plusieurs machines :
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```bash
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timedatectl set-timezone Europe/Paris
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```
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La synchronisation NTP est généralement déjà active via `systemd-timesyncd` sur les Debian récentes — un `timedatectl status` permet de le vérifier.
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## Et après ?
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Une fois ces étapes franchies, la machine est dans un état sain et utilisable. Les pistes naturelles pour la suite tournent autour du durcissement (configuration SSH avec authentification par clé et désactivation de la connexion root à distance, mise en place d'un pare-feu, installation de `unattended-upgrades` pour les correctifs de sécurité automatiques), puis de l'installation des outils métier proprement dits — serveur web, base de données, runtime applicatif.
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Garder en tête que ces gestes initiaux, aussi triviaux paraissent-ils, méritent d'être scriptés dès qu'on les répète plus de deux ou trois fois. C'est précisément là que la démarche DevOps prend tout son sens : transformer des manipulations manuelles en code reproductible, versionné et partageable. |